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Une méthode unifiée de conception pour Schneider

Thierry Mahé

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Mécatronique oblige, Schneider Electric déploie, au niveau mondial, une même méthodologie pour les développements matériels et logiciels.

Les bonnes pratiques acquises dans le logiciel peuvent-elles profiter à l'ensemble des métiers techniques d'une entreprise ? C'est ce que Schneider Electric s'emploie à démontrer. Le groupe, spécialisé dans les produits de distribution électrique et d'automatisation, a déployé au niveau mondial (depuis 2000) un programme d'amélioration de ses processus de conception informatique grâce à la méthode CMM (Capability Maturity Model). Fort des progrès obtenus, il étend, depuis l'an dernier, cette démarche à ses trois grands métiers que sont le logiciel, l'électronique et l'électromécanique. C'est l'extension de la méthode CMM, CMMI (I pour intégré), qui va présider à cette démarche globale.

Anne Ehrström et Renaud Antoine, tous deux de la direction scientifique et technique du groupe, ont présidé à ce vaste programme qui commence sur huit centres de développement européens, trois autres en Amérique du Nord, un à Bangalore (Inde). Pour cela, Schneider Electric s'est appuyé sur l'expertise d'un groupe de consultants d'origine suédoise, Q-Labs, que préside Annie Combelle. Le fil conducteur ? Être plus prédictif. Et ce, tant sur les temps de mise sur le marché, que sur les coûts et la fiabilité des produits.

C'est pourquoi CMM/CMMI n'est pas un simple outil d'amélioration de la qualité. Mais plutôt un cadre méthodologique capable de consolider tous les plans de progrès existants. Et, in fine, de faire parler d'une même voix tous les ingénieurs. Cela suppose des référentiels communs (base de données techniques, guides métiers). Mais, sur-tout une approche unifiée et cohérente de la façon dont on définit un projet, dont on évalue la performance des processus de développement et dont on prédit le délai d'accomplissement.

Une gestion du changement

Il est bien évident que chez Schneider, cette démarche consacre l'ère de la mécatronique et des systèmes complexes, où l'on ne peut plus séparer ce qui est mécanique de ce qui est logiciel.

À gros trait, la démarche CMM-CMMI est une échelle à cinq barreaux. Qui va de l'état initial (1) à l'état optimisé (5). Les étapes intermédiaires visent à standardiser les processus de conception, à les rendre reproductibles et parfaitement visibles dans le temps.

Pour Annie Combelle, les acteurs d'une telle démarche sont la direction, qui l'initie, et les directeurs de projet, qui la font vivre au quotidien. Pas forcément les directeurs qualité à la fois juge et partie. « Le CMMI est une gestion du changement, alors que les gens de la qualité sont les gardiens d'un système. » Annie Combelle met l'accent sur la définition même du projet : « Quels sont les objectifs à atteindre ? Poser la question sans reconduire une solution toute faite, sans présupposés. La rédaction du cahier des charges est essentielle : précis, complet, non sujet à interprétation. Trop souvent, les ingénieurs n'expriment pas avec suffisamment de précision le besoin : ils décrivent la solution qui leur vient à l'esprit. » « Ou ont tendance à répondre à des demandes non formulées ! renchérissent Anne Ehrström et Renaud Antoine. Le CMMI est une culture de l'engagement fiable. Qui va nous aider à maîtriser les dérives en coûts et délais. Mais aussi à mesurer à tout moment la performance des équipes et à pointer du doigt ce qui doit être amélioré. »

La démarche commence à partir d'un échantillonnage de projets passés. Des affaires qui ont dérivé ou, tout au contraire, des success stories. Le travail d'analyse se fait sur documents et par interviews des acteurs. Les responsables de Schneider ajoutent : « Cette démarche nous procure une grande visibilité. Et nous aide à peser l'importance de chaque écart : met-il en péril l'objectif ? »

OBJECTIF 2008

Les produits de Schneider Electric (ci-contre le Tesys U) contiennent 20 % de composants électroniques, 20 % de composants logiciels et 60 % de composants électromécaniques. Le programme CMMI atteindra une phase mature en 2008 sur au moins vingt-cinq des cent centres de développement les plus importants du groupe.

EN BREF

Le but - Imbriquer plus étroitement le logiciel, l'électronique et l'électromécanique afin de "mesurer" la bonne marche des projets. Les solutions - Consolider toutes les actions dans un cadre méthodologique commun (CMMI) - Sonder les gisements de progrès - Apprendre à faire des cahiers des charges complets - Disposer des indicateurs de performances

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