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Une démarche exemplaire pour l'artisanat

Stéphanie Cohen
Une chaudière à alimentation automatique et la filtration de l'air permettent de maîtriser les déchets, de chauffer les locaux et d'améliorer les conditions de travail.

Dotée d'à peine huit salariés, la menuiserie Huber, installée à Adamswiller en Alsace (Bas-Rhin), a osé franchir le pas : installer une chaudière à bois à alimentation automatique accompagnée d'un système de filtration de l'air. « Ce type de projet, qui fait appel à des technologies éprouvées, semble classique, estime Jean Dubois, de l'Ademe. Néanmoins, il reste très peu répandu sur le terrain artisanal. À ce titre, cette réalisation mérite d'être valorisée et diffusée. » C'est donc plus pour son caractère exemplaire et reproductible que pour la réalisation technique elle-même que la menuiserie Huber a été récompensée.

36 000 m3/h d'air traités en cycle fermé

La motivation première de Marcel Huber, le gérant de la menuiserie, était d'améliorer les conditions de travail de ses employés et de réduire les poussières contenues dans l'environnement des ateliers. Sur sa lancée, il décide par la même occasion de mettre à exécution un second projet qui vise à maîtriser les déchets.

Ainsi, une chaudière de 295 kW est installée pour brûler les déchets de bois non traités. Ceux-ci sont stockés en silos et dirigés automatiquement vers la chaudière assurant ainsi le chauffage sans appoint de l'ensemble des locaux de la menuiserie. Un réseau de captage et de filtration de l'air est associé à la chaudière. 36 000 m3/heure sont traités en cycle fermé et réchauffés en hiver. Les copeaux de bois récupérés sont stockés puis brûlés. « Comme l'air purifié circule en circuit fermé, il reste à 15 °C. Très peu d'énergie est donc nécessaire pour l'amener à 20 °C », explique Marcel Huber. Ainsi, 400 MW sont économisés et la consommation électrique est réduite de 20 %. De plus, la qualité de l'air est maîtrisée. « Cette installation, qui dépasse les exigences du code du travail, a même été récompensée par la Caisse régionale d'assurance maladie », précise Jean Dubois. En plus des employés de la menuiserie, le voisinage direct de l'établissement tire également bénéficie de cette nouvelle installation. « Avant, l'air vicié était rejeté dans l'atmosphère. Aujourd'hui, il est filtré et le rejet des déchets est contrôlé », explique Marcel Huber. Tout le monde sort donc bénéficiaire de cette initiative.

POINTS FORTS

- Économie de 400 MW - Consommation électrique réduite de 20 % - Impact Maîtrise des rejets dans l'atmosphère 100 % des déchets éliminés

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