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Une C4 Picasso autonome sur Paris Bordeaux

Jean-François Preveraud

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Une C4 Picasso autonome sur Paris Bordeaux

La Citroën C4 Picasso Safe & Intuitive Autonomous Driving qui effectuera bientôt le trajet Vélizy Bordeaux en autonome

© DR

Le groupe PSA mène des essais de véhicules autonomes sur les voies rapides et autoroutes de la banlieue ouest de Paris. Mais il va profiter de l’ITS 2015 pour lancer une C4 Picasso autonome sur le trajet Paris-Bordeaux. Une annonce qui a été l’occasion pour Carlos Tavares, PDG du groupe de faire le point sur sa vision du marché.

Le groupe PSA Peugeot Citroën va profiter du Congrès mondial sur les transports intelligents (ITS 2015), qui se tiendra du 5 au 9 octobre à Bordeaux, pour faire une démonstration magistrale de son savoir-faire dans le domaine du véhicule autonome. Il s’agira ni plus ni moins que de faire effectuer le trajet du Centre technique de PSA de Vélizy (Yvelines) en région parisienne à Bordeaux (Gironde) par l’autoroute à une C4 Picasso de manière autonome. (Voir notre article)

Cette annonce a été l’occasion pour Carlos Tavares, PDG du groupe, de faire le point sur le véhicule autonome. « Nous sommes dans une très bonne tendance en matière de développement et de maturité de la technologie nécessaire pour le véhicule autonome, et nous l’introduirons au plus tard en 2020 dans nos véhicule. Nous espérons d'ailleurs que, d'ici là, le contexte réglementaire dans lequel nous évoluons se sera adapté ».

Carlos Tavares pense aussi que le véhicule autonome va apporter fondamentalement deux choses au niveau de l'être humain. « La première, c'est la sécurité. Compte tenu des développements et de la sophistication qui est derrière, son propre pilotage nous apportera des comportements prévisibles et reproductibles, sans les erreurs de l'humain. La sécurité routière va énormément progresser par le biais de la prise en charge par la machine des situations délicates, en appliquant des protocoles de prudence inscrits dans le véhicule autonome. »

« On va gagner aussi sur un deuxième volet au quotidien, qui est celui de rendre à l'utilisateur du véhicule du temps de grande qualité. J'ai le privilège d'être souvent conduit et de travailler dans ma voiture deux heures par jour, une heure à l'aller et une heure au retour. Cela me permet de me concentrer et de prendre connaissance des messages, mais aussi de pouvoir dialoguer avec quelqu'un au téléphone dans de bonnes conditions. On peut imaginer que l'on puisse rendre au client tout ce temps de grande qualité, avec des gains en qualité de vie dans le domaine professionnel ou dans le cercle familial. Si on cumule les deux avantages que sont plus de sécurité et plus de temps de grande qualité, on peut imaginer que la voiture autonome connaîtra un grand succès. »

Faut-il avoir peur de Google ?

Cela a aussi été l’occasion pour Carlos Tavares de faire le point par rapport à la concurrence, notamment celle de nouveaux entrants comme Google. « L’approche de Google est intéressante et bouscule les idées reçues. Elle met tout de suite l'enjeu sur le véhicule sans conducteur, ce qui est sans doute un raccourci un peu rapide, parce que pour arriver à ce niveau-là il faut quand même développer toutes les technologies qui permettent d'assurer au consommateur une sécurité maximale. Donc, atteindre ce niveau-là implique de passer d'abord par des paliers et une consolidation de la technologie ».

Et Carlos Tavares ne voit pas l’arrivée de Google sur le marché comme une menace. « Ces entreprises qui ont connu un grand succès sont dirigées par des gens qui réfléchissent et qui ont un sens des affaires. La question que l'on peut se poser, c'est pourquoi des gens qui ont un sens des affaires aussi abouti viendraient dans une industrie où l'investissement en capital est ‘‘énormissime’’, le retour sur investissement très faible et le risque d'échec très important ? Pourquoi est-ce que des gens particulièrement aiguisés au sens des affaires prendraient un tel risque ? Ils ne vont pas prendre ce risque-là, car ce ne sont pas des experts du monde automobile. Ils ne vont pas mettre un capital énorme pour une rentabilité faible et un risque de mauvaise exécution très important. Donc, j'en arrive à la conclusion qu'il est préférable qu'ils établissent des partenariats avec des constructeurs automobiles ».

Des partenariats auxquels PSA semble prêt. « On est habitué à établir des partenariats dans de multiples domaines et on est ouvert à avoir une discussion avec eux, comme avec d'autres d'ailleurs. Mais, nous voulons un partenariat gagnant-gagnant, qui respecte notre capacité à rester connecté avec le client final, mais qui va aussi se nourrir des expériences que ces entreprises ont su créer. On voit ça plutôt comme une opportunité de partenariat intelligent, et pas comme une menace ».

Jean-François Prevéraud

 

 

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