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Un support à surveiller de près

Guide réalisé par Wilfried Maisy

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Essentielle à la manutention des marchandises, la palette fait le lien avec l'entrepôt, le chariot et le véhicule industriel. Sa traçabilité, un enjeu pour tous, passe par la RFID.

La palette est à la marchandise ce que le pneu est à la voiture : l'interface avec le sol, la structure portante. Un élément majeur. Elle constitue le lien entre les produits emballés et les rigueurs du milieu de la distribution et de l'entreposage. Elle facilite à la fois le transport et la protection des produits. « Une étude, une sélection et une maintenance minutieuses des palettes sont nécessaires pour parer à tout dommage et accident aux hommes et aux marchandises. Il s'agit d'évaluer la résistance d'un support en fonction des conditions de chargement », prévient Jean-Marie Tanguy. Il est secrétaire général du Sypal, Syndicat national des fabricants de palettes, qui regroupe une quarantaine de fabricants représentant 70 % de la production française de palettes standardisées.

Dimensions dédiées ou standardisées

La fonctionnalité d'un tel support dépend de sa rigidité, du fléchissement admis, des limitations de son poids, des exigences entourant ses dimensions, et de bien d'autres choses encore. D'où la nécessité d'un cahier des charges précis. Le syndicat a fait développer un logiciel de calcul des caractéristiques et des performances des supports de manutention en bois, qui représentent 95 % de la production française. « Ce soft s'adresse aux entreprises désirant une palette sur mesure. L'objectif est d'optimiser la matière et d'éviter les erreurs », précise l'expert.

Les palettes dédiées à un usage, qui sont fabriquées par des centaines d'artisans locaux, représentent environ 50 % du marché. En revanche, pour les applications logistiques standard, demandant la manipulation de charges allant de 1 à 2 tonnes, le support le plus utilisé est la palette Europe, de dimension 800 x 1 200 mm. Une centaine de millions d'exemplaires circulent sur le continent. D'autres dimensions standardisées se comptent également en millions d'unités (voir tableau).

Concernant les autres types de palettes, plus spécifiques, celles en plastique sont principalement utilisées dans l'industrie alimentaire, et en circuit fermé. Les fabricants soulignent les atouts des palettes plastiques monobloc : la résistance, le fait de ne pas conserver l'eau, et la facilité de lavage. D'où une durée de vie de dix ans contre quatre ans en moyenne pour le bois. Quant aux palettes en métal, on en trouve beaucoup en acier dans l'industrie automobile, et en aluminium dans les salles blanches, les laboratoires chimiques, biologiques ou électroniques. « Ces dernières coûtent plus cher, mais elles présentent l'avantage d'être stérilisées à haute température », explique Jean-Marie Tanguy.

La tendance locative

Outil indispensable, la palette s'abîme, se perd et se vole facilement. Elle est une source de coûts et souvent à l'origine de conflits entre les transporteurs, les logisticiens, les industriels et les distributeurs qui se l'échangent. Bref, elle représente aussi une contrainte dont beaucoup se passeraient bien. Si bien que depuis une dizaine d'années, la tendance est à la location assortie de gestion des palettes en full service. Ce marché représente un tiers du global en nombre de palettes. Son acteur principal est Chep, qui compte environ 70 % de pénétration et 37 millions de palettes en bois. Les deux challengers, LPR et IPP Logipal, représentent quelque 15 % du marché chacun. Smart Flow, lui, est spécialisé dans la location de palettes en plastique. « La location est bien adaptée au besoin de la grande distribution, analyse Jean-Marie Tanguy. Ce modèle de gestion est compétitif lorsque les points de collecte sont groupés, dans des zones géographiques assez denses. »

Côté innovations, les fournisseurs mettent l'accent sur la légèreté et la maniabilité des palettes. À l'image des "Can-Pallets" de Nefab, des supports légers d'expédition sur-mesure jusqu'à 3 mètres, fabriquées en contreplaqué associé à des plots creux en acier. « Moins sensibles à l'humidité, elles sont également plus légères, ce qui permet une réduction des coûts de fret aérien: le format 1 200 x 800 mm pèse environ 5 kg, alors qu'une palette en bois équivalente atteint 10 kg », indique le fabricant. Elles sont également conformes aux réglementations phytosanitaires internationales et sont 100 % recyclables.

Par ailleurs, pour répondre aux besoins de la distribution et des charges lourdes, Linpac Allibert a créé des caisses palettes pliantes baptisées Tytan. Elles sont fabriquées en polypropylène recyclable en fin de vie. « Jusqu'à huit caisses-palettes pliées peuvent être empilées dans une remorque grand volume, précise l'industriel. Les portes et les parois latérales s'ouvrent de l'intérieur et de l'extérieur, pour faciliter le pliage. De plus, des trous de drainage évitent la rétention d'eau de pluie. »

Traçabilité et RFID

Au plan technologique, les changements portent essentiellement sur la traçabilité des palettes. Les grands loueurs sont les premiers à investir dans le suivi de leurs supports. Et pour le bénéfice de leurs clients, leur capacité à suivre en temps réel l'emplacement de chaque contenant donne une vision dynamique des stocks. En 2008, LPR a présenté des palettes équipées de puces RFID (identification par radio-fréquence) à mémoire additionnelle réinscriptible. « Nous pouvons tracer les mouvements de palettes lors de tous les stades de tri, de livraison et de collecte », souligne-t-on chez LPR. En outre, les puces permettent aux utilisateurs d'intégrer des données relatives à leurs produits directement sur les palettes. Le bénéfice est aussi économico écologique : ces nouvelles puces sont réutilisables. Elles sont placées à l'intérieur des plots des palettes (contrairement aux étiquettes collées sur les housses des palettes chargées). Cela permet de les protéger des chocs, tout en évitant de forts coûts d'encapsulation.

La solution est développée en partenariat avec Hub Télécom selon les standards EPC-Global. Les informations inscrites sont gérées et partagées sur un réseau EPCIS (Electronic product code information services), ce qui permet la mise en réseau automatique des données entre les acteurs. « Ce réseau ouvert est amené à devenir dans les années à venir le standard pour les échanges d'informations basés sur la RFID », prévoit Grégoire de Laubier, responsable du projet chez LPR. Avec l'EPC-IS, contrairement à l'EDI classique, c'est celui qui a besoin d'informations qui les demande et non plus celui qui les détient qui les envoie. Cela permet, d'une part, d'obtenir des données plus pertinentes et, d'autre part, d'éviter le transit d'informations inutiles sur les réseaux. Ce projet a trouvé une première application, qui implique l'industriel Benedicta, les logisticiens FM Logistic et Kuehne+Nagel, ainsi que le distributeur Carrefour.

Dans le même esprit, Smart Flow propose une palette en plastique à étiquette RFID, permettant aux opérateurs munis d'un terminal de lecture de saisir en une fois l'ensemble des références produits qu'elle contient. Là encore, l'étiquette est réinscriptible à distance par l'appareil qui fait la saisie. La puce électronique, fournie par Texas Instruments, a une mémoire de 800 caractères. En pratique, on peut récupérer sans erreur le temps de stationnement d'une palette dans une zone logistique et connaître un changement de contenu durant un passage des marchandises des quais d'arrivée aux quais de départs. Ou encore connaître le moment où une opération a été exécutée et par qui et contrôler la chaîne du froid.

LES CRITÈRES DE CHOIX

Les questions à se poser - Par quels équipements les palettes vont-elles être manutentionnées ? Convoyeurs, chariots, transpalettes ? - A-t-on besoin d'une palette à deux ou quatre entrées ? - Quelles dimensions pour optimiser le volume de stockage et le transport ? - Comment les palettes seront-elles stockées ?

L'ESSENTIEL

- Les palettes en bois représentent 95 % du marché - Les palettes en plastique sont surtout utilisées dans l'alimentaire - La tendance du marché est à la location assortie d'une gestion sous-traitée - Les innovations technologiques portent sur le suivi des palettes par RFID.

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