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Un robot qui usine !

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Stuttgart, 14 au 18 septembre. Le service est devenu une préoccupation majeure, mais flexibilité et productivité restent au centre de toutes les innovations de la biennale allemande de la machine-outil AMB. Le fin du fin : un prototype de r

Ouvert dans un climat de guerre de salons avec la création d’une édition munichoise du salon concurrent Metav de Dusseldorf, AMB a connu une affluence remarquable dont l’une des explications réside dans la position géographique de Stuttgart. En effet, les principales usines automobiles allemandes se trouvent dans la région.

Seul reproche que l’on pourrait faire aux organisateurs qui, avec ce succès se retrouvent avec des allées archi pleines: le mauvais fonctionnement de l'air conditionné !

Plus sérieusement,  l'édition 2004 du salon a mis au centre de ses preoccupations le service. La sophistication incessante de machines et la recherche d'une fabrication qui pourrait se dérouler 24 heures sur 24 donne au terme 'service' un sens beaucoup plus large que celui habituel qui se limite à la maintenance et á la réparation.

Une enquête effectuée par Mercer Management Consulting auprès de 200 constructeurs de machines-outils démontre l'importance de ses considérations pour les contructeurs.

L'étude montre aussi que le potentiel de gains et de croissance des constructeurs de machines-outils se situe essentiellement dans ces activités de service. Un service qui comporte aussi bien le conseil avant vente que celui de l'après vente : diagnostic de pannes, maintenance, la livraison rapide de pièces de rechange, la réparation, voire l'aide á l'exploitation complète du potentiel de la machine.

Selon l'étude il y a de la marge dans ce domaine car les constructeurs allemands de machines-outils (mais la remarque est sans doute valable pour les autres) n'ont exploité qu'un... quart des opportunités de service. Ils négligent ainsi gaiement de 30 à 50 % des revenus possibles.

Cela est d'autant plus vrai que l'arrivé d'Internet ne fait que découpler ces possibilités.

Exemple : Siemens. Il démontrait à Stuttgart la possibilité d'intervenir via Internet avec son concept ePS Network Services. Réputé pour son savoir faire dans le domaine de l'usinage à grande vitesse (UGV) avec sa CNC Sinumerik 840D, le constructeur allemand de commandes numériques peut ainsi intervenir á distance pour remédier à une panne, pour éditer un programme, pour paramétrer ou pour téléprogrammer la machine.

Si les services semble intéresser les constructeurs, ils n'ont pas manqué l'occasion pour dévoiler une série d'innovations qui affichent toutes le même objectif : l'amélioration de la productivité.

Le constructeur autrichien Stama qui avait provoqué la suprise á l'EMO 2003 avec un centre d'usinage qui pouvait aussi tourner a rajouté une seconde broche à cette machine. Il exposait aussi un centre d'usinage avec contrôle thermique de la fabrication grâce à un logiciel intégré dans la CN Fanuc. Ce qui permet d'atteindre des précision de l'ordre de 2-3 micrométres au lileu de 10 µm habituellement.

Il s'inscrit aussi dans la tendance de machines á double broche avec le centre d'usinage MC 526 Compact qui traite deux pièces simultanément pendant que deux autres attendent sur les deux autres axes de la machine.

Les machines multifonctions se multiplient aussi, avec des exemples intéressants comme la machine V160C d'Index qui usine une pièce sur ses différentes faces ou celles d’ Emag. Ou encore DMG (la GMX Linear dotée de moteurs linéaires qui usine sur six faces) et Chiron avec le centre de fraisage M800 (qui usine lui aussi une pièce sur ses six faces) doté d'un robot de chargement/déchargement des pièces de type Scara de Fanuc. Une configuration qui se généralise car de nombreux fabricants de machines l'ont adoptée.

Les fabricants d'outils sont eux aussi au rendez-vous avec des produits adaptés à ce type d'usinage multifonctions qui allie fraisage, tournage, etc.

C'est le cas de Sandvik avec son système Coromant Disk Interface, mais aussi d'Iscar ou d’Hitachi. Ce dernier excelle dans le domaine des outils pour l'UGV, comme Dixi un des meilleurs fournisseurs pour les outils de petit diamètre, si prisés par les usineurs qui ont affaire á la fabrication des pièces en acier dur.

Si l'UGV des pièces en aluminium s'est généralisé, celui des aciers durs reste à convaincre. Des machines comme la RFM 600 DS de Röders ou la HSC 300 ou 200 (pour les éléctrodes) de Digma montrent que c'est possible. La HSC 300 est dotée d'un système de palettisation original fabriqué sur mesure et qui améliore la flexibilité de la machine. La HSC 200 utilise une broche StepTec,( la filiale de Mikron) qui tourne á 40 000 tr/min, mais elle peut être dotée d'une broche IMT qui fonctionne á 50 000 tr/min.

Les broches sont d'ailleurs un élément essentiel dans le domaine de l'UGV et font des progrès comme le montraient des constructeurs tels que Ibag, Precise, GMN ou Fischer. Ce dernier propose un programme de choix et d'optimisation du fonctionnement de ses broches.

A signaler chez DMG le programme Systemtechnik qui vise la mis au point de systèmes d'usinage adaptés à l'application avec des palettiseurs ou des automatismes sur mesure.

Mazak a provoqué la surprise avec un équipement étonnant, l'Angulax 900 qui combine les possibilités d'un centre d'usinage vertical 5 axes avec celles d'un centre horizontal. Un système doté d'une broche de 18 000 tr/min qui peut tourner sur 180°.

Le projet qui dessine probablement l'avenir est sans doute celui mené par l'Institut PTW de Darmstadt en collaboration avec Harmonic Drive (les moteurs), Mapal (les outils et les outillages), Precise (la broche), Reis (le robot). Objectif : démontrer la possibilité d'usiner une pièce complexe en aluminium ou en composite avec un... robot.

Lancé en 2003 sur trois ans, ce projet vise un usinage de précision (50 µm), mais avec un dispositif qui réduit d'une manière drastique les investissements. Une installation de ce type ne dépasse pas selon les ingénieurs de PTW les 60 000 euros. Une bagatelle en comparaison avec le prix d'une fraiseuse UGV.

Utopie ou réalité industrielle ? L'avenir le dira...

Mirel Scherer

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