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Un premier challenge R&D et cinq projets prometteurs retenus par le Cnes pour les lanceurs spatiaux du futur

Xavier Boivinet

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Un premier challenge R&D et cinq projets prometteurs retenus par le Cnes pour les lanceurs spatiaux du futur

Lors de son premier challenge R&D dédié aux lanceurs, le Cnes a récompensé plusieurs projets proposés par des start-ups, des PME et des laboratoires.

© Twitter / @CNES

Lors de la finale d’un challenge R&D dédié aux lanceurs et organisé par le Centre national d’études spatiales (Cnes) le 24 juin, dix projets ont été présentés. Tous ont été récompensés mais cinq sont repartis avec le gros lot : un contrat de 100 000 euros pour aller au bout de leur proposition.

L’idée d’un challenge R&D est née lors de la journée de l’innovation du Centre national d’études spatiales (Cnes) qui s’était tenue à Toulouse le 7 février dernier. Dédiée aux lanceurs, cette première édition s’est tenue le 24 juin. L’initiative a vocation à être ultérieurement élargie à d’autres domaines du spatial.

L’idée est de faciliter l’accès aux moyens de financement du Cnes aux start-up, PME et laboratoires de recherche. Le Cnes indique avoir reçu 84 propositions. Parmi elles, dix projets ont été sélectionnés pour la grande finale. Après une brève présentation, tous sont repartis avec un contrat. Cinq ont reçu 50 000 euros. Les cinq autres ont eu les faveurs du jury en repartant avec 100 000 euros pour aller au bout de leur proposition. Zoom sur ces cinq favoris considérés comme les plus prometteurs.

UPC : Le son pour mesurer la masse d’ergols

En microgravité, la mesure de la masse d’ergols dans un réservoir est complexe car le liquide prend des configurations aléatoires dans son contenant. Directeur du laboratoire de microgravité de l’Université Polytechnique de Catalogne (UPC), à Barcelone (Espagne), Ricard Gonzalez-Cinca propose une méthode de mesure par « spectral mass gauging », grâce à des ondes acoustiques envoyées à travers le réservoir et mesurées par des capteurs accéléromètres sur la paroi. « Nous voulons en particulier étudier la sensibilité de cette technique aux mouvements du fluide et aux bruits, ainsi qu’à la présence de mélanges de fluides », précise-t-il. Le projet prévoit la mise au point d’un premier prototype pour des tests en laboratoire, et d’un second pour des essais en microgravité dans une tour.

Oledcomm : La lumière pour communiquer sans fil

Après les avions, le spécialiste des communications optiques sans-fil (Li-fi) Oledcomm vise l’espace. Pour gagner en coût, en masse et en simplicité, la start-up propose de remplacer certains câbles par des liens Li-fi sur les lanceurs. « Cela peut être intéressant pour leur réutilisation car les liens sans fil ne sont pas détruits lors de la séparation des étages, contrairement aux liens filaires », souligne Bastien Bechadergue, directeur pré-développements chez Oledcomm. En utilisant la base technologique LiFiMax, l’entreprise envisage de développer une technologie pour atteindre 10 à 100 mégabits par seconde à une distance de 1 à 10 mètres, avec une interface compatible avec plusieurs types de bus de données, et une forme adaptée aux lanceurs. Le projet proposé va de la définition des spécifications et de l’architecture de démonstrateurs, jusqu’à leur intégration et une phase de tests.

Meliad : Le laser pour préparer les composites

Pour ArianeGroup, Meliad met déjà à profit sa technologie laser pour préparer la surface des réservoirs en aluminium des lanceurs avant le collage d’isolants. Cette solution est employée dans l'usine inaugurée l'an dernier à Brême (Allemagne) pour intégrer l'étage supérieur d'Ariane 6. « Nous maîtrisons cette technologie pour les surfaces métalliques mais nous souhaitons la développer pour des pièces en matériaux composites de grande taille et de géométrie complexe, explique Jean Duchazeaubeneix, fondateur et dirigeant de l’entreprise nantaise. Pour cela, nous avons développé une technique automatisable avec une longueur d’onde de 3 micromètres qui est absorbée par la résine époxy et n’endommage pas la fibre de carbone. » Le projet proposé vise à traiter des éprouvettes par laser et de réaliser des essais de collage et de rupture en cisaillement. La robustesse du procédé sera également évaluée

Exotrail : Le bus motorisé pour petits satellites

La société Exotrail est connue pour les moteurs ioniques à effet Hall qu’elle développe pour propulser des satellites miniatures. Elle l’est moins pour son projet de « Space Van » : un dispenseur motorisé destiné à être emporté par un gros lanceur pour mettre en orbite des petits satellites. « Nous voulons faire voler un démonstrateur de ce "Space Van" fin 2023, indique David Henri, cofondateur et dirigeant d’Exotrail. Le challenge est de permettre le lancement d’un satellite pour moins d’un million d’euros. » En plus d’une étude commerciale, le projet proposé envisage de livrer un rapport technique de conception préliminaire et d’identifier les verrous techniques à lever.

Pytheas Technology : Un réseau piézo pour l’intégrité des lanceurs

Spécialiste de la conception et de la fabrication de dispositifs piézoélectriques, Pytheas Technology propose de développer un système de diagnostic structurel embarqué afin de vérifier l’intégrité d’un étage récupéré. Pour cela, l’idée est d’intégrer un réseau d’émetteurs-récepteurs ultrasonores à base de couches minces piézoélectriques aux pièces structurelles du lanceur pour détecter, localiser et caractériser des défauts. « C’est une technologie légère et compacte : chaque nœud fait entre 2 et 3 grammes », assure Frederic Mosca, directeur général de Pytheas Technology. Le projet proposé vise à faire des tests sur une partie d’un tronc de cône d’adaptateur de charge utile instrumenté avec un réseau d’émetteurs-récepteurs. Une seconde phase visera à cartographier et caractériser les défauts de la pièce.

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