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Un nouveau canal de Suez 145 ans après le premier, un tout autre chantier

Séverine Fontaine

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Un nouveau canal de Suez 145 ans après le premier, un tout autre chantier

Le canal de Suez

145 ans après la construction du canal de Suez, le président égyptien a annoncé son projet de creusement d'un nouveau canal permettant de fluidifier le trafic maritime. En un siècle et demi, les technologies ont radicalement évolué. Ce chantier ne ressemblera en rien à son prédecesseur, creusé à l'époque par près d'1,5 million d'Égyptiens.

Le président égyptien Abdel Fattah Al-Sissi a annoncé mardi 5 août son intention de creuser un nouveau canal de Suez permettant de fluidifier le trafic sur l’artère reliant la mer Rouge et la mer Méditerranée. Le second canal va venir doubler la voie actuelle sur une longueur de 72 kilomètres. Il y a 145 ans, Il a fallu a plus d'un million d'hommes pour creuser les 193 kilomètres du canal de Suez.

Ce nouveau chantier nécessitera tout de même 3 à 5 ans de travail, mais son coût humain sera bien moindre que celui de son aîné. Et si l'ouvrage demeure colossal, sa réalisation n'aura pas grand chose de comparable tant les technologies nées ces 150 dernières ont changé la donne.

Au début du chantier du canal de Suez, en 1859, les techniques étaient très rudimentaires. Pour creuser, les millions d’ouvriers (près d'1,5 million) présents sur le terrain utilisaient des pelles et des pioches, et enlevaient manuellement les déblais. Ce n’est qu’à partir de 1863 que la machine à vapeur a fait son apparition sur les chantiers du canal de Suez.

De la drague au bulldozer

Les principales technologies utilisées il y a un siècle et demi furent alors des dragues à vapeur. Elles permettaient essentiellement de racler la terre du canal, de déverser les déblais dans un goutière (drague à couloir) ou encore d'attaquer la roche résistante à coup de pilons. Ci-dessous, la représentation d'une drague à long couloir : 

Pour ce nouveau chantier, les pelleteuses (pelles mécaniques hydrauliques) seront utilisées pour le terrassement, l’extraction ou encore l’assainissement des terrains. Elles seront relayées par des bulldozers, équipés d’une lame orientable pour pousser les matériaux extraits du terrain, vers les camions d'évacuation de gravats. Eux-mêmes seront assistés de camions-aspirateurs qui déblayent le sol.

Du goniographe au télémètre laser

A l’époque de la construction du canal de Suez, l'outil de travail des topographes était le goniographe. Cet appareil composé d’une planchette en bois fixée sur un trépied et d'une alidade (système de visée) permettait aux professionnels de mesurer les angles dans les opérations de levés de terrain. L'opérateur regardait à travers la lunette nivelée et visait un point (A) présent sur son plan posé sur la planchette (a). La droite s-a lui servait de référence sur le plan et il pouvait alors viser un autre point B pour connaître l'angle (ASB) et en déduire des distances.

Pour prendre les mesures d'un chantier aujourd'hui, ces outils ont laissé la place à des télémètres laser qui projettent un rayon laser sur une cible. La réflexion du rayon de la cible au boitier calcule la distance entre les deux points, et envoie les informations directement sur un boitier. Et si les niveaux à bulle existaient déjà lors de la construction du premier canal, les niveaux modernes sont électroniques et assistés par des inclinomètres, instruments capables de mesurer les angles.

 

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