Nous suivre Industrie Techno

Un moteur ionique dix fois plus puissant

Thierry Mah?

Sujets relatifs :

, ,

- Développé par l'ESA, il rend envisageable des voyages spatiaux de très longue durée.

L'Agence spatiale européenne (ESA) et l'Université nationale australienne (ANU) ont codéveloppé et viennent de tester avec succès un tout nouveau type de moteur ionique. Il est dix fois plus performant que ceux utilisés jusqu'alors, en particulier celui embarqué à bord du satellite Smart-1.

Découplage entre extraction et accélération

Le principe d'un moteur ionique n'est pas fondamentalement différent de celui des moteurs à propulsion classiques (chimiques), basés sur l'éjection de gaz brûlés en sortie de tuyère. C'est encore le principe d'action-réaction qui est mis à profit. Mais, ici, en l'occurrence, ce sont des particules ionisées qui communiquent leur quantité de mouvement à l'engin spatial. La poussée est très faible, mais l'accélération produite engendre sur la durée (missions de plusieurs années) des vitesses phénoménales. Ce type de moteur a été étrenné sur les satellites Deep Space 1 (rencontre de l'astéroïde Braille et de la comète de Borelly) en 1998, puis Smart-1 (mission lunaire) en 2003.

Quel est le fonctionnement ? Du gaz xénon est ionisé grâce à un courant électrique fourni par des panneaux solaires. Comme ces particules sont chargées (positivement puisqu'on leur a ôté des électrons), elles peuvent être accélérées par un champ électrique, puis expulsée par une tuyère. Le champ électrique est créé par la différence de potentiel entre deux grilles consécutives, percées d'une multitude de petits orifices d'un millimètre de diamètre.

La grande innovation du moteur DS4G réside dans le découplage entre les phases d'extraction des ions et d'accélération. Une astuce technique, faisant intervenir quatre grilles, permet de travailler à très haute tension (30 000 V) sans pour autant endommager les grilles. C'est l'origine du nom de ce moteur, DS4G, pour Dual-Stage 4-Grid. Ainsi, les ions sont expulsés à une vitesse record de 210 km/h, contre 30 km/h précédemment. Qui plus est, ce moteur a beaucoup gagné en compacité. C'est d'autant plus remarquable que ce développement a été réalisé en quatre mois.

vous lisez un article d'Industries & Technologies N°0875

Découvrir les articles de ce numéro Consultez les archives 2006 d'Industries & Technologies

Bienvenue !

Vous êtes désormais inscrits. Vous recevrez prochainement notre newsletter hebdomadaire Industrie & Technologies

Nous vous recommandons

Un échangeur de chaleur ultra compact et efficace grâce à l'impression 3D et au design génératif

Fil d'Intelligence Technologique

Un échangeur de chaleur ultra compact et efficace grâce à l'impression 3D et au design génératif

Une équipe de recherche de l'Université de l'Illinois à Urbana-Champaign a présenté dans un article de la[…]

Le projet de recherche AIRchitecture sur les avions légers électriques tire un premier bilan et se prolonge

Le projet de recherche AIRchitecture sur les avions légers électriques tire un premier bilan et se prolonge

Le casque de réalité mixte XR-3 de Varjo fait dans le détail : la preuve par l'essai

Le casque de réalité mixte XR-3 de Varjo fait dans le détail : la preuve par l'essai

« L’exposition aux nanomatériaux doit être évaluée tout au long du cycle de vie pour concevoir des produits plus sûrs », pointe Jérôme Rose, médaille d’argent 2020 du CNRS

« L’exposition aux nanomatériaux doit être évaluée tout au long du cycle de vie pour concevoir des produits plus sûrs », pointe Jérôme Rose, médaille d’argent 2020 du CNRS

Plus d'articles