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Un modèle animal du virus Chikungunya

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Conçu par des chercheurs de l'Institut Pasteur et de l'Inserm, ce modèle murin mime les formes bénignes et graves de la maladie.


Surtout connue du grand public depuis l'épidémie sur l'Île de la Réunion, l'infection au virus Chikungunya a aussi touché l'Italie en septembre 2007. Ses symptômes caractéristiques sont la fièvre, les douleurs articulaires et musculaires, l'éruption cutanée...

Afin de mieux comprendre comment le virus du Chikungunya affecte l'organisme, un modèle murin de l'infection a été mis au point par l'équipe de Marc Lecuit (groupe microorganismes et barrières de l'hôte, Institut Pasteur/équipe Avenir unité Inserm 604) en collaboration avec celle de Matthew Albert (Immunobiologie des cellules dendritiques, Institut Pasteur/unité Inserm 818) et d'autres chercheurs et cliniciens de l'Institut Pasteur.

Ce modèle est porteur d'une modification (appelée délétion) d'un gène codant l'une des protéines clefs de la réponse immunitaire antivirale aiguë. Lorsqu'une seule des deux copies du gène est mutée, les souris miment la maladie sous sa forme bénigne. Avec deux versions modifiées, et donc incapables de produire la protéine, elles constituent un modèle des formes sévères de l'infection.

Grâce à ce modèle animal du Chikungunya, les chercheurs ont pu identifier les cibles tissulaires et cellulaires du virus. Ils ont en effet démontré qu'après une phase initiale touchant le foie, l'infection s'étendait aux articulations, aux muscles et à la peau - les tissus sièges des symptômes chez l'homme -, avant de toucher, dans les cas les plus sévères, le système nerveux central.

Ces recherches ont montré par ailleurs que la cible cellulaire principale du virus est le fibroblaste. Les chercheurs ont par ailleurs prouvé que la maladie était plus sévère chez les souriceaux nouveau-nés, et grâce à ce modèle, ont pu étudier la transmission du virus de la mère à l'enfant, une complication qui a été décrite pour la première fois lors de l'épidémie réunionnaise.

Le développement de ce premier modèle murin apporte à la recherche sur le Chikungunya un outil expérimental éclairant la physiopathologie de l'infection, et qui permettra d'évaluer in vivo les futurs traitements et les vaccins contre cette maladie virale émergente.

Michel Le Toullec

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