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UN ÉTÉ BIEN REMPLI

Sonia Pignet

- Pour les juilletistes et les aoûtiens qui ont préféré courir après le soleil, voici une séance de rattrapage avec le résumé des nouvelles technologiques de l'été.

Si les touristes ont connu un début d'été maussade, il a plutôt bien commencé pour les industriels. Cinq nouveaux pôles de compétitivité ont été labellisés le 5 juillet par le Comité interministériel d'aménagement et de compétitivité des territoires (CIACT), portant ainsi leur nombre à 71. Les vainqueurs sont Pégase et ASTech pour l'aéronautique et l'espace (respectivement en Île-de-France et en région Paca) ; Elastopôle qui regroupe des industriels et académiques du caoutchouc des régions Centre, Auvergne, Île-de-France et Pays de Loire ; Agrimip Innovation dans le domaine de l'agroalimentaire (Midi-Pyrénées) ; et Finance Innovation, un pôle mondial fédéré par Paris Europlace, qui couvre le secteur des services. « Cette reconnaissance officielle relance le dynamisme », se réjouit Hubert de Rochambeau, directeur de Toulouse AgriCampus, à l'origine du tout jeune pôle Agrimip qui, depuis un an, s'essoufflait à courir après le label.

C'est aussi pour la région Midi-Pyrénées une opportunité de diversifier les secteurs d'emploi. Après l'aéronautique et la médecine, elle fait ainsi valoir son potentiel agricole et agronomique, deux secteurs qui représentent le premier employeur de la région. Car Toulouse, ce n'est pas que l'aéronautique. Et l'aéronautique ce n'est pas qu'à Toulouse. La région parisienne, avec son pôle d'aviation ASTech, entend bien montrer que son tissu industriel en aéronautique vaut celui de la ville rose. « Avec plus de 100 000 emplois et 43 % des dépenses de R&D du secteur en France, on est la première région aérospatiale française », rappelle Gérard Laruelle, directeur général d'ASTech. Pour autant, les trois pôles du spatial ne sont pas en compétition et visent la complémentarité. Ces pôles de seconde génération vont ainsi pouvoir participer au prochain appel d'offres dès mi-septembre.

Les résultats du précédent appel d'offres, quant à lui, ont été dévoilés le 16 juillet. Quelque 83 millions d'euros vont être attribués à 70 nouveaux projets de recherche proposés par une quarantaine de pôles.

 

HD-DVD ou Blu-ray, la bataille continue

 

Autre coup de pouce estival aux entreprises, l'annonce le 24 août, par la ministre de l'Économie Christine Lagarde, de la réduction d'impôt accordée au titre du crédit d'impôt recherche (CIR). Celle-ci sera portée de 10 à 30 % des investissements en R&D. Cette mesure, qui vise à doper l'innovation, sera inscrite dans le budget 2008.

En guise de saga de l'été, Toshiba et Sony ont poursuivi leur guerre des formats pour le DVD haute définition, à coups d'annonces chiffrées. Le premier voudrait voir son HD-DVD l'emporter tandis que le second ne jure que par le Blu-ray. Début juillet, les studios Sony Pictures annoncent une hausse de 1 000 % de leurs ventes de disques Blu-ray en Europe, depuis la sortie en mars 2007 de la console de jeu PS3 de Sony. Dans le même temps, Sony revendique 55 % des ventes de disques Blu-ray en France. Il existe pour l'instant plus de titres en Blu-ray qu'en HD-DVD, dans une proportion d'environ deux pour un. En revanche, d'après les chiffres de mi-juillet du HD-DVD Promotional Group, les platines de salon HD-DVD sont en avance sur leurs concurrentes Blu-ray, représentant en Europe plus de 70 % de part de marché. Sans toutefois prendre en compte dans ce calcul les ventes de consoles PS3 équipées, bien sûr, de lecteurs Blu-ray.

Un mois plus tard, les studios Paramount Pictures et Dreamworks Animation sont également entrés dans la bataille avec la décision d'abandonner le Blu-ray pour ne garder que le HD-DVD, un choix qu'ils justifient notamment par les faibles prix des lecteurs HD-DVD de Toshiba. La réplique de Sony ne tarde pas avec un communiqué, fin août, de la Blu-ray Disc Association. S'appuyant sur les chiffres de l'institut GfK, elle fait savoir que son format accapare 94 % des ventes de lecteurs DVD à haute définition en Europe en comptant la PS3.

 

Le téléphone trois-en-un arrive

 

Cette guéguerre n'est pas sans conséquences, puisque les ventes de l'industrie du cinéma et des fabricants de lecteurs en pâtissent. Soit ils font un choix entre les deux normes, ce qui les prive d'une partie des utilisateurs, soit ils développent des modes hybrides mais coûteux, au risque qu'ils deviennent inutiles le jour où l'un des formats l'emportera. Warner a d'ailleurs reporté à 2008 la sortie de son DVD haute définition double format.

Ceux qui ne sont pas partis cet été ont aussi pu découvrir nombre de nouveaux produits. Pour les vacanciers, voici une petite séance de rattrapage en commençant par le très médiatique iPhone, sorti fin juin aux États-Unis. L'arrivée en Europe de ce trois-en-un (téléphone portable, baladeur iPod à écran panoramique et PC de poche) d'Apple est programmée pour "fin 2007". Orange est pressenti pour être le distributeur exclusif en France. Mais des hackers pourraient venir compliquer les négociations. Certains ont d'ores et déjà réussi à faire sauter ses protections pour qu'il puisse fonctionner sur le réseau de n'importe quel opérateur mobile.

Le secteur de l'électronique a aussi été très actif en cette période estivale. Après Intel, Sun, AMD et Tilera ont présenté leurs nouveaux processeurs. Tilera, start-up américaine, a volé la vedette à Intel qui avait annoncé, en février, un prototype de processeur à 80 coeurs, en se déclarant prêt à commercialiser Tile64, un processeur à 64 coeurs. D'après la jeune société, ce produit serait le processeur embarqué le plus puissant de l'industrie, dix fois plus performant qu'un double coeur Xeon d'Intel.

Innovation aussi chez AMD, la compagnie californienne a dévoilé fin juillet son premier processeur à quatre coeurs, baptisé Barcelona. AMD l'a doté de sa nouvelle technologie CoolCore qui, en permettant de désactiver instantanément certaines parties du processeur lorsqu'elles ne sont pas utilisées, réduit la consommation globale.

 

Le Blu-ray équipe le caméscope

 

Douze jours plus tard, le 7 août, Sun a, pour sa part, présenté son UltraSparc T2, deux fois plus performant que le modèle précédent T1. Ce microprocesseur, qui concentre 8 coeurs et peut gérer 64 flots d'instructions en parallèle (threading), intègre sur une même puce les principales fonctions d'un serveur : traitement, réseau, sécurité, unités de calcul en virgule flottante, entrées/sorties et accès mémoire.

Autres produits mais mêmes acteurs, cette fois dans la course à l'ordinateur à bas coût. AMD et son « ordinateur à 100 dollars » ont pris de l'avance, mais Intel s'est lancé à sa poursuite. Ce dernier s'est rendu, début juillet, à la conférence aKademy 2007, à Glasgow, en Écosse (Grande-Bretagne), pour y présenter le Classmate PC aux développeurs KDE (un environnement de travail sous Unix) de Mandriva. Objectif de la rencontre : adapter Mandriva Linux à cet ordinateur "bas coût" (entre 150 et 400 euros tout de même selon le modèle) destiné à équiper les salles de classe des pays en voie de développement et déjà présent au Brésil et en Inde.

Et enfin revoici le Blu-ray, cette fois dans un caméscope d'Hitachi. Avec cette première caméra de ce type, il sera possible de filmer en Full HD et de stocker près de 7 Go de données sur les nouveaux disques Mini Blu-ray de 8 cm de diamètre. Un second modèle intégrera en plus un disque dur de 30 Go. Pour l'instant disponible uniquement au Japon, ce caméscope devrait traverser le Pacifique en novembre.

 

Course à la convergence fixe et mobile

 

Si des produits sortent, certains sont, en revanche..., rappelés. Nokia a ainsi annoncé le 14 août que 46 millions de batteries BL-5C, qui équipent plusieurs de ses téléphones mobiles, présentaient des risques de surchauffe. Fabriquées par Matsushita entre décembre 2005 et novembre 2006, une centaine de ces accumulateurs ont présenté des cas avérés de défaillance. Après Sony, qui a dû remplacer l'an dernier plus de 10 millions de batteries de PC portables pour un problème similaire de surchauffe, c'est le tour de Matsushita de connaître les mêmes déboires. Le remplacement des batteries de Nokia devrait lui coûter entre 63 et 126 millions d'euros.

Pour terminer, une nouvelle qui pourrait modifier l'offre dans le domaine de l'Internet mobile. En officialisant le 30 juillet sa candidature à la 4e licence 3G, Iliad, la maison mère de Free, s'inscrit dans la course à la convergence fixe et mobile. S'il l'obtient, Free deviendra un opérateur intégré maîtrisant l'ensemble des services télécoms à destination du grand public. De quoi menacer sérieusement France Télécom, SFR et Bouygues Telecom.

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