Nous suivre Industrie Techno

Lu sur le web

Un écran à se coller sur la peau

Juliette Raynal
Un écran à se coller sur la peau

Cet écran qui peut se coller sur la peau a été réalisé à partir de LED organiques.

© Groupe Someya -Université de Tokyo

Des chercheurs japonais sont parvenus à mettre au point un patch électronique doté d’un écran. Pour réaliser un tel dispositif, ils se sont appuyés sur l’électronique organique qui repose sur des matériaux issus de la chimie du carbone, comme des polymères et des petites molécules. 

Les tatouages électroniques, qui adhèrent comme une seconde peau et ouvrent la voie à une nouvelle génération de "wearables" transparents, flexibles et résistants, tendent à se multiplier. Problème : ces derniers ne possèdent pas encore leur propre écran. Les utilisateurs peuvent donc uniquement consulter les données récoltées via leur Smartphone. Une expérience loin d’être optimale pour un coureur qui souhaite accéder à ses données d’activité en temps réel ou pour une personne diabétique qui souhaite visualiser en un clin d’œil son niveau de glycémie.

La donne pourrait bientôt changer. Des chercheurs du groupe Someya de l'Université de Tokyo viennent de présenter un patch électronique, qui permet de mesurer le pouls et l’oxygénation du sang, doté d'un écran. Pour mettre au point un tel dispositif, les chercheurs japonais se sont appuyés sur les techniques de l’électronique organique, explique le magazine IEEE Spectrum qui rapporte l’information. Cette électronique ne fait pas appel au silicium mais à des matériaux issus de la chimie du carbone, comme des polymères et des petites molécules. Dans le cadre de ce projet, les chercheurs ont utilisés des Oled (des Led réalisées à partir de polymères organiques) rouges, vertes et bleues. Celles-ci ont été déposées sur un substrat de quelques microns d’épaisseur, qui lui-même a été couplé à un capteur optique permettant de mesurer le pouls et l’oxygénation du sang.

Le défi de la longévité

Les matériaux organiques présentent un avantage de taille. Ils sont solubles dans des solvants, on peut donc en faire des encres et les imprimer sur des substrats flexibles de grandes dimensions. En contrepartie, ils présentent des rendements relativement faibles et ont une durée de vie limitée car ils sont particulièrement sensibles aux facteurs environnementaux, comme l’air et l’humidité. Pour surmonter cet écueil, les chercheurs ont choisi une méthode d’encapsulation qui allie couches organiques et inorganiques. Le dispositif affiche ainsi une durée de vie de plusieurs jours. Dans un futur proche, il pourrait gagner en longévité et résister pendant plusieurs semaines, voire plusieurs mois.

En France aussi les recherches en électronique organique accélèrent (voir notre carte interactive). Parmi la trentaine de laboratoires qui travaillent sur cette thématique, le BEL (laboratoire commun des Mines Saint-Etienne et Armines) s’est spécialisé dans la bioélectronique organique. « Il s’agit de créer une interface entre l’électronique et la biologie », explique George Malliaras, responsable du BEL. Le chercheur travaille lui-même sur une interface neuronale 100 % biocompatible et l’une de ses équipes planche sur des textiles intelligents. Elle participe notamment au programme Autonotex, qui vise à intégrer l’électronique dans des textiles pour créer des vêtements professionnels intelligents et des draps médicaux connectés. 

Bienvenue !

Vous êtes désormais inscrits. Vous recevrez prochainement notre newsletter hebdomadaire Industrie & Technologies

Nous vous recommandons

Le neuromorphique place les mémoires plus près du coeur

Analyse

Le neuromorphique place les mémoires plus près du coeur

Intégrées dans les interconnexions métalliques, les mémoires sont l’objet d’une attention particulière[…]

17/11/2019 | CEA-LetiCEA
Au bout de la logique neuromorphique

Au bout de la logique neuromorphique

Le cerveau s'impose comme modèle

Analyse

Le cerveau s'impose comme modèle

La rétine artificielle de Prophesee lève 25 millions d'euros

La rétine artificielle de Prophesee lève 25 millions d'euros

Plus d'articles