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Un conseil de l'innovation pour choisir les priorités technologiques

Un conseil de l'innovation pour choisir les priorités technologiques

© Industrie & Technologies

Bruno Le Maire, ministre de l'économie et des finances et Frédérique Vidal, ministre de l'enseignement supérieur de la recherche et de l'innovation se sont exprimés mercredi 18 juillet au terme de la première séance du tout nouveau conseil de l'innovation, une instance consultative destinée à flécher la répartition des fonds que le gouvernement a choisi d'allouer à l'innovation. Une première réunion qui a aussi été l'occasion de présenter le rapport établi par quatre personnalités sur la pertinence et l'efficacité des aides à l'innovation.

Le conseil de l’innovation, une nouvelle instance consultative destinée à orienter les politiques publiques d’innovation, a tenu sa séance inaugurale mercredi 18 juillet. Outre les ministres concernés par le financement des politiques liées à l’innovation (Bruno Le Maire et Frédérique Vidal, qui le co-présideront, mais aussi Nicolas Hulot, Florence Parly, Gérald Darmanin et Mounir Mahjoubi), cette instance qui doit se réunir trois fois par an rassemble six personnalités sélectionnées pour leur profil. « Nous voulions un start-upper ayant réussi, un économiste qui connaisse l’innovation, un scientifique, un chercheur ayant récemment franchi le pas, un grand patron d’une industrie innovante... » énumère-t-on dans l'entourage de Bruno Le Maire. Le casting est de fait à la hauteur de cette ambition : aux côtés de Benoît Potier, PDG d'Air Liquide, siégeront Eric Carreel, fondateur de Sculpteo, Withings et Invoxia, Isabelle Ryl, directrice générale déléguée aux tranferts et aux partenariats par intermi à l'Inria, Isabelle de Crémoux, centralienne et présidente du directoire du fonds de capital-rique Seventure Partners, Marie Maynadier, créatrice du spécialiste de l'imagerie 3D médicale EOS Imaging et l'économiste Jean-Michel Dalle.

Quatre défis centrés sur des verrous technologiques

Le conseil sera notamment chargé de déterminer les "grands défis" (3 à 5 par an) qui se partageront une somme de l'ordre de 150 millions par an, issue du rendement du capital de 10 milliards d'euros du fonds pour l'innovation et l'industrie, créé le 15 janvier 2018. Ces défis devront être autant de questions très concrètes, centrées sur un verrou technologique actuel. Lors de sa première séance, le conseil pour l'innovation en a déjà défini deux : l'amélioration des diagnostics médicaux grâce à l'intelligence artificielle et la fiabilisation, la sécurisation et l'explicabilité des dispositifs utilisant l'intelligence artificielle. Deux autres au moins doivent être déterminés en fin d’année 2018. Objectif : stimuler l'innovation disruptive pour "préparer les sauts technologiques du futur", a indiqué Bruno Le Maire. "Nous sommes déterminés à être le pays phare pour l'innovation de rupture en Europe", a-t-il poursuivi.

Aides à l'innovation : le rapport Lewiner

Cette première réunion a aussi été l'occasion de rendre public le rapport de la mission sur les aides à l’innovation, orchestré par  Jacques Lewiner, directeur scientifique honoraire de l'ESPCI avec Ronan Stephan, directeur scientifique de Plastic Omnium, Stéphane Distinguin, président de Fabernovel et Julien Dubertret, inspecteur général des finances. Ce document préconise notamment de consacrer un tiers des rendements issus du fonds national pour l'innovation et l'industrie aux start-ups présentant une très forte composante technologique, les deep tech. Une suggestion retenue avec le "plan deep tech" de Bpifrance, dans le cadre duquel 70 millions d'euros doivent être consacrés chaque année à ces sociétés. Toutefois, si le rapport revient sur le constat bien connu de la necessité de simplifier un système d'aides devenu trop complexe...il ne propose aucune suppression de dispositif. "Supprimer des structures est dangereux, car ce qui est important pour favoriser l'innovation de rupture, c'est la stabilité", a justifié Jacques Lewiner, interrogé par Industrie & Technologies. "J'ai en revanche insisté pour qu'on formule des propositions concrètes, comme l'obligation faite à un institut de recherche de répondre dans un délai déterminé à un chercheur qui souhaiterait valoriser son invention, ou le fait de limiter le nombre d'interlocuteurs dans le cas d'un travail ayant associé plusieurs chercheurs rattachés à des entités différentes. Cerrtaines de ces propositions devraient se retrouver dans la loi Pacte". "Un chercheur peut légitimement avoir envie d'accompagner la connaissance qu'il a créée dans son chemin vers la société", avait de son côté insisté Frédérique Vidal, déplorant la tendance à catégoriser la recherche en "lui associant toujours un autre mot : clinique, et développement, fondamentale, de base, etc".

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