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Un cocktail pour éliminer les pesticides

Christian Guyard
l En mêlant charbon actif et bactéries, le manganèse et les pesticides sont éliminés d'un coup, et les installations sont plus compactes.

Les phytosanitaires sont de plus en plus un problème dans la production d'eau potable. Le syndicat mixte d'eaux potables Saône-Turdine, au nord de Lyon (Rhône), est confronté à ce problème. En collaboration avec l'exploitant SDEI, des mesures de prévention ont été prises en collaboration avec les agriculteurs situés dans le périmètre rapproché des captages. Désherbage mécanique, précautions lors des traitements des cultures ont donné de bons résultats : en 2003, seul un pic de dépassement a été constaté en janvier.

Les responsables du syndicat veulent anticiper d'éventuels problèmes et disposer d'une solution. Ils ont demandé à SDEI d'explorer des voies si possible bon marché tenant compte de la composition locale de l'eau (aujourd'hui traitée pour éliminer le fer et le manganèse).

Légères modifications sur les installations existantes

Trois colonnes pilotes ont fonctionné entre mai et décembre à la station du Jonchay à Anse (Rhône). La première, alimentée en eau après élimination physico-chimique (ozone et floculant) du manganèse et filtration sur sable, contenait du charbon actif en grains CAG. Un traitement déjà connu et efficace mais qui demanderait de construire quasiment l'équivalent de la surface actuelle de bassin pour ce traitement complémentaire.

La seconde, alimentée en eau brute un peu dopée à l'oxygène, contenait du sable sur lequel la démanganisation était assurée par des bactéries, les pesticides étant éliminés ensuite sur CAG. Le traitement est satisfaisant, mais demande là encore des investissements. Le traitement bactérien produit de l'oxyde MnO2 bien filtrable.

La troisième, alimentée en eau brute comme la précédente est très simple : les bactéries sont fixées directement sur le CAG. Leur présence gêne-t-elle l'adsorption des pesticides ? Après de nombreuses analyses poussées pour détecter une soixantaine de pesticides et leurs métabolites, la réponse est non. La mise en oeuvre d'un tel traitement en une étape réutilise les installations existantes avec de légères modifications.

L'idée très simple n'a en fait jamais été étudiée, encore moins mise en oeuvre et c'est une première nationale, voire mondiale. Comme il n'y a pas d'urgence au Jonchay, c'est sans doute ailleurs que le traitement sera mis en oeuvre pour la première fois.

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