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Un centre de compétence au service du groupe

Mirel Scherer

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- Pour le fabricant de roulements, la mécatronique est une seconde nature. Il est l'un des pionniers du mariage de la mécanique, de l'électronique et de l'informatique.

Qu'est-ce qui a permis l'amélioration du freinage ABS, des systèmes de contrôle de stabilité (ESP), de l'aide au démarrage en côte (Hill Holder), ou encore de la navigation... ? Réponse : l'ASB, Active Sensor Bearing ou, en clair, le roulement capteur. Un dispositif franchement mécatronique inventé, en 1997, par SNR.

Ce roulement de roue est, en effet, équipé d'un joint d'étanchéité intégrant un anneau magnétique multipolaire capable, en rotation, d'actionner un capteur actif fixé à proximité par clipsage. Ce dernier délivre un signal électrique de type numérique dès la mise en rotation. Le dispositif permet la mesure active de la vitesse de roue et fournit les informations aux systèmes de traitement embarqués.

La création, en 2002, de SNR Mechatronics, une entité transversale consacrée à la mécatronique, n'est donc que la suite normale de cette innovation majeure. « Le progrès de la microélectronique et le développement des logiciels dopent celui de la mécatronique. Nous considérons donc cette démarche comme une évolution essentielle et hautement stratégique, qui répond au besoin permanent de l'industrie d'augmenter la richesse fonctionnelle des produits et, évidemment, de réduire les coûts », explique René Nantua, le responsable de SNR Mechatronics.

L'atout du marketing de l'innovation

Le groupe français compte ainsi s'appuyer sur le succès de l'ASB pour déployer ses activités mécatroniques dans tous les domaines de l'industrie. Une volonté illustrée par le développement de premiers roulements instrumentés destinés aux applications industrielles comme le SLE (Sensor Line Encoder).

Dès lors, disposer de ressources humaines et matérielles capables d'intervenir dans les différents projets menés par les ingénieurs de SNR est vite devenu une priorité. « Nous avons considéré qu'il était plus intéressant de créer un centre de compétence transversal plutôt qu'une division, ce qui nous différencie de certains autres fabricants de roulements », souligne le responsable. Ce centre de compétence, qui anime la démarche mécatronique dans les bureaux d'études, est un incitateur permanent à l'intérieur de l'entreprise ainsi que dans les relations avec ses partenaires.

La vingtaine de spécialistes de SNR Mechatronics apportent donc leur expertise sur deux axes principaux. D'une part en tant que support pour les différents départements du groupe, en traitant les aspects techniques et marketing d'un projet mécatronique. D'autre part, en développant des activités connexes concernant des produits et des services mécatroniques. L'équipe utilise d'ailleurs de plus en plus les démonstrateurs sur véhicule, par exemple, réalisés en interne ou avec les constructeurs, pour vérifier la pertinence de solutions.

On peut s'étonner de la présence de spécialistes en marketing de l'innovation dans cette équipe mais, pour René Nantua, un mécanicien qui se frotte depuis une vingtaine d'années aux défis de la mécatronique, « le phénomène ASB démontre le poids de la stratégie marketing qui est pour une bonne partie à l'origine de son succès ».

Quel est le profil des spécialistes de SNR Mechatronics et comment interviennent-ils ?« Les mécatroniciens sont encore des oiseaux trop rares », regrette René Nantua. Résultat, l'équipe, qui intervient dès la conception d'un nouveau produit, comporte des experts dans les spécialités telles que magnétisme, microélectronique, traitement de signale, logiciel, mais aussi, bien sûr, des ingénieurs mécaniciens « qui ont un esprit ouvert et une curiosité vive pour avoir une vision "mécatronique" des produits ».

Pour le spécialiste de SNR, la mécanique restera pour quelque temps encore le pilote de la troïka mécatronique, et elle continue d'évoluer. Cependant, la microélectronique se développe plus rapidement ainsi que les logiciels censés apporter de plus en plus d'intelligence aux systèmes. On peut donc penser que les électroniciens, et surtout les informaticiens (les logiciels se complexifient sans cesse), auront un poids croissant dans les équipes.

Seul frein à ce développement, « les diplômés des écoles d'ingénieurs dans ces spécialités ne sont pas attirés par une entreprise de mécanique comme la nôtre », constate René Nantua. Il pense toutefois que le leadership de l'électronique sera inévitable d'ici à quelques années. « Il suffit d'analyser l'évolution de certains produits comme les boîtes de vitesses d'automobiles qui se robotisent, pour se rendre compte de cette mutation. »

Un potentiel considérable

Les spécialistes de SNR Mechatronics devront donc faire face à une expansion considérable de la mécatronique. Une expansion quasi illimitée ? « C'est la fiabilité des produits qui marque la limite, répond le spécialiste de SNR. Il faut, et il faudra encore plus demain, gérer la juxtaposition de systèmes de plus en plus complexes et penser à une architecture mécatronique qui respecte les impératifs de sécurité. » Ce qui est l'un des objectifs du projet Autosar qui regroupe des constructeurs et des équipementiers d'automobiles intéressés par assurer une plus grande sécurité de fonctionnement des systèmes mécatroniques, résoudre les problèmes de compatibilité, améliorer leur cohérence.

Pour l'expert de SNR, la mécatronique n'en est, en fait, qu'à ses premiers pas. « Dans notre domaine, le roulement, il reste encore beaucoup à faire », juge-t-il. L'objectif est en effet de pouvoir exploiter toutes les informations fournies par des capteurs intégrés dans le roulement de roue ou dans un système industriel. Une source d'informations très riche si on pense au fait que le roulement constitue l'interface entre le châssis de la voiture et la chaussée. Une constatation valable aussi pour les installations industrielles comme les robots, les systèmes de manutention et autres machines-outils.

Une stratégie de croissance ciblée

Alors, SNR intensifie ses activités en mécatronique. « D'abord parce que les roulements se caractérisent par une pérennité technologique importante, appropriée pour y greffer des fonctions électroniques sophistiquées, confirme l'ingénieur. Ensuite parce que l'industrie, la fabrication d'automobiles ou l'aéronautique en particulier, sont en train d'évoluer vers le "tout-électrique" (X-by-Wire) qui génère une demande importante en dispositifs de type capteurs et actionneurs. » Le dispositif de mesure d'angle du volant, développé en collaboration avec Continental Teves, le prouve avec l'apport d'une nouvelle fonction mécatronique qui améliore la sécurité automobile en mesurant de façon fiable et économique l'intention du conducteur.

Intensification donc, mais avec une stratégie de croissance ciblée. « C'est comme si nous avions lancé une fusée à plusieurs étages : après le contrôle de la vitesse de rotation, nous sommes prêts pour les mesures de positions angulaire et linéaire, conclut René Nantua. Et nous nous préparons aux mesures de couple et d'effort avec des applications dans l'automobile, dans l'industrie et dans l'aéronautique. » Vaste programme...

L'ORGANISATION

- Environ vingt spécialistes capables d'apporter une expertise technologique et de marketing de l'innovation au groupe SNR - Plus de 5 % du chiffre d'affaires sont investis par SNR dans la R&D dont une partie importante dans la mécatronique

SLE LE CODEUR DÉCRYPTE LES MOUVEMENTS

Le codeur haute résolution ou Sensor Line Encoder (SLE) est une parfaite illustration de la mécatronique. - Ces roulements comportent un anneau magnétique multipiste et multipolaire, qui génère un signal magnétique, et un Asic conçu par SNR qui transforme l'information magnétique en signaux numériques à haute résolution. Plusieurs paramètres peuvent donc être exploités, comme la position angulaire, la vitesse, le sens de rotation, le nombre de tours, la température, etc., ce qui destine ce dispositif à des applications industrielles telles que les réducteurs, les convoyeurs, la robotique, les ascenseurs, les systèmes de contrôle... Points forts - Il peut, selon les applications, générer des gains de coût de fonctionnement significatifs. Par exemple lorsqu'il remplace un codeur angulaire optique.

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