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UGS passe dans le giron de Siemens

Industrie et  Technologies
L'un des deux leaders du marché du PLM vient d'être acquis par Siemens qui entend le rattacher à sa division Automatismes. L'objectif est de marier les technologies de l'usine numérique avec celles de l'automatisation, pour faciliter le développement de l


J'avais évoqué, il y a 15 jours, à l'occasion de l'annonce d'accords entre Autodesk et PTC, ainsi qu'IBM et UGS, les doutes du marché du PLM qui était à la recherche de nouveaux repères. L'annonce de l'acquisition d'UGS par le groupe Siemens faite ce matin est le premier exemple d'un changement d'échelle à mon sens indispensable.

Mais revenons sur les faits. Le groupe Siemens a annoncé ce matin, lors de l'assemblée générale de ses actionnaires, qu'il était parvenu à un accord avec les financiers propriétaires d'UGS, à savoir Bain Capital, Silver Lake Partners et Warburg Pincus, pour faire l'acquisition de l'éditeur de PLM. Le montant annoncé pour la transaction est de 3,5 milliards de dollars, incluant la reprise de la dette.

Pour mémoire UGS a réalisé avec 7 300 employés, un chiffre d'affaires de 1,15 milliards de dollars en 2005 en croissance de 18 %, et de 866 M$ pour les neuf premiers mois de 2006 (derniers résultats publiés). Par contre, UGS restait "plombé" par une dette de 1,15 milliards de dollars, d'où une certaine difficulté à trouver de nouveaux fonds pour consolider et accélérer le développement de la société. De son côté, le groupe Siemens, 470 000 employés, a réalisé un chiffre d'affaires de 87,33 milliards d'euros sur son année fiscale 2006 qui se terminait fin septembre, et un bénéfice de 3,03 milliards d'euros.

Les activités d'UGS vont être rattachées à l'entité Automatismes, Siemens Automation & Drives, du groupe. Pour mémoire, cette entité, qui emploie plus de 70 000 personnes, a réalisé un chiffre d'affaires de 12,85 milliards d'euros sur l'année fiscale 2006 (1,572 milliards d'euros de bénéfice) et 3,39 milliards d'euros sur son premier trimestre fiscal 2007, dégageant un bénéfice de 450 millions d'euros sur ce trimestre.

Les deux sociétés ont l'habitude de travailler ensemble puisque les premières relations remontent à 1999 et les premiers projets communs à 2003. Il s'agit notamment d'utiliser les véritables automates programmables qui seront montés sur de futurs équipements de production pour simuler numériquement de manière plus réaliste à l'aide des outils de la gamme Tecnomatix le comportement global de l'installation (Lire à ce propos un exemple d'application chez BMW aux USA).

C'est d'ailleurs ce point qui a été mis en avant lors de l'annonce faite ce matin par Klaus Kleinfeld, President & CEO de Siemens : « Avec l'acquisition d'UGS, nous combinons leurs compétences dans le domaine de l'usine numérique avec notre savoir-faire en automatisation industrielle. Cela nous permettra d'aider nos clients à améliorer l'efficacité de leurs processus. Nous sommes pionniers dans cette voie et donnons au marché une dimension inédite en ouvrant de nouvelles perspectives, tant techniques que commerciales ».

Le mariage des automatismes et des technologies d'usines numériques va effectivement bien dans le sens de l'histoire. Il permet de simuler au mieux le comportement réel d'un équipement de production encore au stade de projet dès les phases amont de la conception du produit qu'il devra fabriquer. On peut ainsi le dimensionner précisément, adapter ses cadences de production et en peaufiner les réglages avant qu'il ne soit installer. Cela veut dire que les temps nécessaires à sa mise en place et à sa montée en cadence pourront être réduits de manière drastique.

Un point crucial pour beaucoup d'industriels, qui doivent faire face à des cycles de développement toujours plus courts et des durées de vie commerciale de leurs produits de plus en plus réduites. On sait pertinemment que le goulot d'étranglement dans le cycle de vie d'un produit ne se situe plus maintenant au niveau de la conception, mais plutôt de sa production. A l'heure où les consommateurs veulent des produits de plus en plus personnalisés, les industriels doivent mettre en place des moyens de production suffisamment agiles pour accepter cette diversité tout en diminuant les coûts. C'est pour eux une condition de survie face à une concurrence des pays à bas coût de main d'Å“uvre toujours plus virulente.

Le lien entre les automatismes et l'usine numérique est donc vital. Schneider Electric et Dassault Systèmes l'avaient bien compris en créant une filiale commune, Dextus, en 2003. C'est maintenant au tour de Siemens et UGS, qui vont plus loin dans l'intégration. Reste à savoir quelles seront les réactions des autres grands noms de l'automatisation tels Ge Fanuc, Mitsubishi, Omron ou Rockwell.

Dernière minute : Le décalage horaire étant maintenant plus favorable, j'ai pu joindre John Clendening, directeur de la communication d'UGS aux USA pour obtenir quelques informations complémentaires.

La transaction est faite en cash et devrait être close aussi rapidement que possible, mais aucun terme n'est pour le moment fixé. UGS va devenir une division de Siemens Automation & Drive et l'ensemble du management restera en place. De même, tous les produits et marques commerciales (NX, Solid Edge, Teamcenter, Tecnomatix...) resteront au catalogue. Enfin, malgré son intégration dans Siemens, UGS entend poursuivre les accords qu'il avait déjà avec les autres constructeurs d'automatismes.

A la semaine prochaine.

Pour en savoir plus : http://www.automation.siemens.com

Jean-François Prevéraud, journaliste à Industrie & Technologies et l'Usine Nouvelle, suit depuis plus de 25 ans l'informatique industrielle et plus particulièrement les applications destinées au monde de la conception (CFAO, GDT, Calcul/Simulation, PLM...). Il a été à l'origine de la lettre bimensuelle Systèmes d'Informations Technologiques, qui a été intégrée à cette lettre Web hebdomadaire, dont il est maintenant le rédacteur en chef.


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