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Trois propositions pour dynamiser la Health Tech française

Emilie Dedieu

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Trois propositions pour dynamiser la Health Tech française

Créée en 2009 à Lyon, CTI Biotech, qui produit des tissus biologiques, notamment par impression 3D, est une pépite de la HealthTech française.

© CTIBiotech

BCG, Bio-Up, Bpifrance et France Biotech ont publié le 13 avril un rapport sur la Health Tech française. Pointant un retard marqué par l’absence de grands champions, le rapport propose des pistes pour dynamiser l’essor des jeunes pousses de biotech, medtech et d’e-santé.

« La crise du Covid-19 nous rappelle une évidence. La santé concerne les patients, oui, mais c’est aussi une filière industrielle. » Paul-François Fournier, directeur exécutif innovation de Bpifrance, fait partie des contributeurs du rapport de l’état des lieux de l’Health Tech en France présenté le 13 avril 2021 à lors d’une conférence de presse en ligne. 

Co-écrit par BCG, Bio-Up, Bpifrance et France Biotech, le rapport propose des pistes pour dynamiser le domaine de la HealthTech. La France n’a pas d’entreprises Tech de la Santé ayant réussi à dépasser durablement le cap du milliard d’euros de valorisation. Ce qui, selon le texte, « constitue à la fois un symptôme et une cause du manque de compétitivité française. » 

« Retard considérable » de la Health Tech française

Les entreprises de Health Tech sont divisées communément en trois branches, les Biotechs, qui se concentrent sur la production de composés comme les médicaments ou les vaccins, les Medtechs, qui créent des équipements médicaux, et les entreprises de e-santé, qui développent des logiciels de santé, Doctolib étant le plus connu. 

En tout, on en comptait plus de 2000 en 2020, donc 61 cotées. Pourtant, Nicolas Dufourcq, directeur général de Bpifrance, l’admet : « Nous avons pris un retard considérable dans la Health Tech. » La France ne parvient pas à avoir sur son territoire un grand leader dans l’innovation en santé, là où en Allemagne 6 sociétés affichent une capitalisation au-dessus d’un milliard d’euros, dont 2 dépassent dix milliards. 

« Il y a un besoin d’articulation avec la recherche publique, commente Marie Humblot-Ferrero, directrice associée au BCG. Les entreprises font face à un triptyque durée/coût/risque très élevé. » Selon le rapport, le temps de lancement d’un produit de biotech est de 10 à 15 ans, pour une probabilité d’arriver jusqu’à l’enregistrement de 2 %. 

Un plan en trois axes

Pour identifier les failles et les freins à la Health Tech française, le rapport s’appuie sur le témoignage de plus de 35 dirigeants d’entreprises, experts du secteur, spécialistes de l’investissement et représentants des pouvoirs publics. En retour, trois axes d’action sont proposés pour infléchir la tendance. 

En premier, la nécessité d’un accompagnement par des experts qui ont pu observer à la mise en œuvre de l’ensemble du processus. Pour Elsy Boglioli, PDG et fondatrice de Bio-Up, la spécialisation de la santé freine son développement. « Là où, quand on crée un bien de grande consommation, on peut aller très vite entre l’idée, le concept et la commercialisation, dans la santé on a deux étapes distinctes : le développement clinique et la production. »  Difficile alors d’avoir une vue d’ensemble, et d’anticiper les choix stratégiques.

Penser industrialisation dès le début du projet

La solution pour elle serait de faire appel à des experts internationaux, capable d’aider à l’industrialisation dès le début du projet. Comme le précise le rapport : « La rapidité est essentielle. » Le dépôt du brevet lançant une échéance de vingt ans, au terme desquels l’innovation ne rapporte plus de bénéfice, tout délai de mise sur le marché est une perte de valeur pour l’entreprise. 

Ensuite, les auteurs prônent une meilleure définition des priorités de santé. Cela passerait à la fois par la création de « hubs » géographiques, comme il commence à s’en former autour de Lyon et en Île-de-France, et par la mise en place d’une agence d’innovation santé, qui pourrait contribuer au dialogue entre le privé et le public. 

Que le système de santé exprime ses besoins

« Il faut que le système de santé exprime ses besoins, estime Franck Mouthon, président de France Biotech. S’il demande aux innovateurs de trouver des solutions pour régler tel ou tel aspect, en promettant à la fin une commande publique, tout le monde se sent sécurisé. Et dans ce contexte-là, il est beaucoup plus facile de mobiliser des fonds privés. » 

Le dernier point serait de simplifier le cadre administratif, faciliter le transfert de technologies et les essais cliniques. « Pour y arriver, au-delà même du dialogue entre le public et le privé, il faut une acculturation croisée. », souhaite Franck Mouthon. Autrement dit, accentuer la porosité entre les deux mondes, et que les acteurs puissent alterner entre les deux secteurs. 

Des propositions vraiment nouvelles ?

La proposition de « hub » rejoint dans l’idée les pôles de compétitivité mis en place en France depuis 2005. De même, une initiative d’agence avait été proposée par Pr Jean-Yves Fagon lorsqu’il était délégué ministériel à l’innovation en santé. 

Qu’est-ce qui va faire que cette fois, les propositions aboutissent ? « On est dans un moment particulier, répond Paul-François Fournier, auquel s’ajoute la situation particulière du C.S.I.S qui doit rendre ces conclusions en juin. On espère que cet alignement quasiment parfait des acteurs permettra la réalisation de ce qui n’a pas pu être fait avant. » 

 

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