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Transports : réduire de 60 % les émissions de gaz à effet de serre d'ici 2050

Transports : réduire de 60 % les émissions de gaz à effet de serre d'ici 2050

Le concept car Renault Eolab présenté lors du salon de Genêve 2015 vise une consommation de 1 litre aux 100 kilomètres.

© JF Prevéraud

Le transport représente actuellement 14 % des émissions globales de gaz à effet de serre (GES). En France, il est le premier secteur émetteur de GES avec 27,8 % des émissions nationales en 2012. Et la demande de mobilité et de transport ne cesse d’augmenter. Le rapport sur le changement climatique publié en 2014 par le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) prévoit en effet une hausse de 80 % du secteur du transport de personnes et une augmentation de 50 % du secteur du transport de marchandises.

Dans le scénario français dit du facteur 4, soit l’engagement formulé par le gouvernement français en 2003 de diviser par 4 les émissions de gaz à effet de serre de 1990 d’ici 2050, le secteur des transports doit réduire de 60 % ces émissions. Pour y parvenir, les constructeurs et les entreprises liées au secteur disposent d’une palette d’outils devant eux : amélioration des motorisations thermiques, développement des véhicules électriques, invention de nouveaux modes de transport de marchandises et de déplacement plus propres. Dans le cadre de notre dossier présentant les efforts de 21 entreprises en vue de la COP 21, nous vous proposons de découvrir des initiatives prises par certains de ces acteurs.

Michelin : des pneus plus durables

Le groupe Clermontois s’est fixé six ambitions de développement pour 2020, dont deux visent directement les réductions d’émissions de CO2 : l’amélioration de la performance de 10 % des pneus de sorte que les voitures consomment moins de carburant, et la réduction de 25 % de la consommation énergétique des sites industriels et de 10 % des émissions de CO2 des activités logistiques.

En pratique :

Michelin travaille sur l'ensemble du cycle de vie du pneu, du besoin de matière première au recyclage, en passant par l'amélioration des performances de roulement des pneus. Deux voies innovantes de valorisation des pneus usagés pour refabriquer des pneus neufs sont ainsi développées par Michelin depuis début 2014, dans le cadre du projet TREC (Tire Recycling). La première consiste en la régénération de mélanges de gomme pour la fabrication de pneumatiques neufs. La seconde consiste en la production de gaz à partir des pneus usagés pour en faire ensuite du butadiène.

                  >> LIRE AUSSI : Michelin redonne vie aux pneus usagés
 

PSA : objectif 2 litres aux 100 kilomètres

Le groupe vise une réduction continue de ses émissions au-delà de l’objectif européen de 95 g/km d’émissions moyennes pour 2020. En 2014, PSA Peugeot Citroën obtenait la première place au classement européen des émissions moyennes de CO2 des ventes automobiles, avec 110,3 g/km de CO2, loin devant ses concurrents.

En pratique :

L’obtention d’un niveau d’émission, donc de consommation, très faible, résulte de la mise en oeuvre d’innovations touchant toutes les dimensions d’une voiture : motorisation, poids des matériaux, aérodynamisme et pneumatiques, notamment. Pour cela, PSA développe le véhicule "2 litres aux 100 km", qui équivaut à l’émission de 46 g de CO2/km. Plusieurs véhicules illustrent la mise en route de PSA vers cet objectif : La 208 FE présentée en 2012 allie nouveaux matériaux et chaîne de traction "Full Hybride Essence", et la C4 cactus ckazgeAirflow 2L, présentée en 2014 au Mondial de l’Automobile, reposait sur une chaîne de traction Hybride et stockage dans des accumulateurs hydrauliques. Le principe est simple : au lâcher de l'accélérateur, l'élan de la voiture entraîne deux pompes qui déplacent un fluide hydraulique vers un réservoir rempli d'azote. L'énergie emmagasinée par le gaz comprimé peut être restituée instantanément pour entraîner les pompes qui assument alors le rôle de moteurs d'assistance.
 

Renault : extension du domaine de la mobilité électrique

Renault s’engage résolument sur la voie du véhicule électrique. Une étude comparative sur le cycle de vie de Fluence Z.E. électrique par rapport à une Fluence thermique classique démontre une réduction de 50 % des impacts en lien avec le changement climatique et l’épuisement des ressources pour un client européen. L’empreinte carbone d’un véhicule électrique est liée aux politiques énergétiques des pays où il circule, et sa réduction est programmée. En Europe, une économie de 30 % de grammes de CO2/km pour un kWh est envisagée d’ici 2030.

En pratique :

Renault a présenté lors du Salon de l'automobile de Genève 2015 son premier moteur électrique maison, le R240. Fruit de deux ans de recherche et de l’expérience acquise en Formula E, le R 240 est 10 % moins encombrant que la génération précédente et augmente l’autonomie de la Zoe de 30 km.

                                     >> LIRE AUSSI : Avec son moteur R240, Renault fait des étincelles.

 

Air liquide : de l’hydrogène, pas du CO2

Le groupe Air Liquide s’engage d’ici à 2020 à produire au moins 50 % de l’hydrogène nécessaire aux applications énergétiques sans rejet de CO2. Il combine pour cela l’utilisation des énergies renouvelables, l’électrolyse de l’eau et le réformage de biogaz, mais inclut aussi des technologies de captage et de valorisation du CO2 émis lors de la production d’hydrogène à partir de gaz naturel.

En pratique :

Air liquide veut participer au déploiement du véhicule électrique en mettant en place des points de recharge hydrogène. Une soixantaine sont déjà en fonctionnement dans le monde. En Europe, Air Liquide a déjà mis en service des points de recharge hydrogène accessibles au grand public, notamment à Rotterdam (Pays-Bas) et Düsseldorf (Allemagne). En Allemagne, Air Liquide est également partenaire de l’initiative H2 Mobility, dont l’objectif est le déploiement d’environ 400 points de recharge hydrogène dans l’ensemble du pays d’ici 2023.
 

Airbus : ciel dégagé

Le groupe souscrit aux objectifs proposés par la commission européenne, les objectifs Flightpack 2050. Ceux-ci visent à la réduction de 75 % des émissions de CO2 par passager/kilomètre, de 90 % des NOx, et de 65 % du bruit, pour 2050.

En pratique :

Le groupe Airbus participe aux initiatives Clean Sky et Clean Sky 2, qui visent à développer des technologies qui montreront d’ici 2020 comment les objectifs Flightpath 2050 peuvent être atteints. Dans le cadre du premier, Airbus va notamment faire voler au quatrième trimestre 2015 le démonstrateur Blade (Breakthrough Laminar Aircraft Demonstrator in Europe), en coopération avec notamment Saab et Dassault Aviation. Ce dernier consiste en un A340 modifié avec des extensions de voilure, d’une longueur de huit mètres, permettant de tester le principe de l’écoulement laminaire. Dans le cadre de Clean Sky 2, Airbus va tester dans le cadre du projet Advanced Engine and Aircraft Configurations, un A340 modifié pour intégrer sur son flanc arrière gauche un moteur de type Open Rotor.

La SNCF : au-delà du train

L’entreprise de transport ferroviaire veut réduire de 20 % les consommations d’énergie entre 2012 et 2022, pour la traction des trains et des bâtiments mais aussi réduire de 40 % les émissions de CO2 par voyageur par km et de 30 % par tonne par km pour les marchandises entre 1990 et 2020.  

En pratique :

La SNCF mise principalement sur des solutions porte à porte bas carbone, en complément du train pour les parcours initiaux et terminaux. En partenariat avec la SNCF, Wattmobile propose notamment la location de scooters et de véhicules électriques dans une vingtaine de gares françaises afin d’effectuer ses derniers kilomètres de manière écologique. Depuis juin 2014, Wattmobile propose des scooters et véhicules électriques en libre service à l’entrée des gares, spécialement pour les professionnels. 90 % d’entre eux se déplacent en effet seuls, tandis que 78 % cumulent plusieurs rendez-vous dans une journée.

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