Nous suivre Industrie Techno

abonné

Transformer la contrainte en opportunité

RÉMY DEMICHELIS

Sujets relatifs :

,
Mercure, cadmium, bisphénol A, cobalt, plomb... La réglementation encadrant le rejet de micropolluants dans les eaux usées concerne un nombre croissant de substances. Contraints de se mettre en conformité, les industriels ont intérêt à prendre les devants pour garantir un retour sur investissement. Les fournisseurs proposent une myriade de technologies.

La pression sur les industries était un peu retombée avec la crise économique. « Mais actuellement, les contrôles sont de plus en plus importants », affirme Samir Chennouf, gérant du fournisseur de solutions de traitement Tec'Bio. Selon plusieurs professionnels, les réglementations pourraient devenir plus sévères. Outre le calendrier européen qui impose à la France de restaurer un « bon état écologique des eaux » pour 2015, les entreprises, et particulièrement les prestataires des collectivités, vont devoir répondre à l'exigence du Plan climat pour 2020 (aussi appelé Triple 20). Il prévoit la réduction de 20 % des émissions de gaz à effet de serre, réduire de 20 % la consommation d'énergie et l'utilisation de 20 % d'énergies renouvelables.

Le traitement des eaux usées industrielles a un rôle important à jouer dans ce cadre. Selon les données de Suez Environnement, seulement 2 % des eaux usées sont actuellement réutilisées dans le monde, mais ce marché connaît une augmentation de 25 % par an. Ce qui peut être valorisé est aussi bien l'eau en elle-même, pour l'irrigation, que le « concentrat » (les résidus), pour des biodiesels ou la méthanisation. Les industries qui rejettent des matières organiques ont une carte à jouer sur ce point, en exploitant la biomasse ou en réutilisant le concentrat pour du compost.

Mais avant de penser à la valorisation, la simple mise aux normes représente une problématique pour les industriels. Tec'Bio, spécialisé dans les TPE/PME, indique que le coût peut varier de 125 euros à 250 euros le mètre cube. La durée varie de 2,5 jours pour des rejets biologiques à 30 jours pour ceux qui ont une demande chimique en oxygène dure, comme les hydrocarbures.

Adapter le procédé de traitement au type de rejet

Pour avoir une eau aux normes, à chaque industrie sa solution. « J'ai récemment travaillé pour une entreprise de sérigraphie. Nous avons opté pour l'électrocoagulation », rapporte Samir Chennouf. Il s'agit de faire passer les effluents entre des plaques d'aluminium. Le courant électrique délite l'aluminium, qui agit comme du savon de Marseille. Sa propriété coagulante regroupe les colloïdes. Il ne reste plus qu'à récupérer le concentrat par flottation, comme les feuilles mortes sur une piscine. De plus, le phénomène d'oxydation réduit la teneur en matière organique. « Cette technique date des années 1990, mais elle pourrait revenir au goût du jour en raison des normes de rejets plus sévères », indique Frédéric Massové, chargé d'étude et de formation à l'Office international de[…]

Pour lire la totalité de cet article, ABONNEZ-VOUS

Déjà abonné ?

Mot de passe perdu

Pas encore abonné ?

vous lisez un article d'Industries & Technologies N°0968

Découvrir les articles de ce numéro Consultez les archives 2014 d'Industries & Technologies

Nous vous recommandons

Les électrons bombardent les effluents

Les électrons bombardent les effluents

- Le LCEE développe une méthode de traitement des effluents industriels par oxydation, basée sur un bombardement d'électrons.Les détergents ou les[…]

01/10/2003 | R & D TRAITEMENT DE L'EAU
Plus d'articles