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TRANSFERT DE TECHNOLOGIE : UN RACCOURCI STRATÉGIQUE

TRANSFERT DE TECHNOLOGIE : UN RACCOURCI STRATÉGIQUE

- Diplômé en économie du Cnam (Paris), Louis Berreur, 62 ans, est PDG de la société de conseils en innovation Nodal Consultants. Il est également membre associé d'Euronext et de l'ANRT, conseiller des ministères de l'Industrie, de la Recherche, de la Défense et de l'Équipement, de l'ESA...

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- Comment bénéficier rapidement, à moindre risque, du chiffre d'affaires supplémentaire d'une activité choisie, innovante, diversifiée, synergique et de croissance ?

Le transfert de technologie nécessite plus d'investissements immédiats mais coûte moins cher à terme que la R&D à long terme, tout en étant plus rapide et moins risqué. Il est également souvent moins cher et plus rentable que la prise de participation, l'acquisition ou la fusion d'entreprises innovantes ou de technologie.

L'un de ses grands atouts est de permettre une exploitation immédiate d'un résultat technique existant ailleurs, déjà abouti et prouvé sur un marché. Avec un produit à la rentabilité démontrée, l'entreprise crée ainsi plus rapidement et plus sûrement de l'activité, de la marge et de la valeur (un à trois ans) avec un retour sur investissement souvent plus rapide que le développement ex nihilo, autonome et isolé par sa R&D interne.

Avec le transfert de technologie, l'entreprise innovante dispose d'une grande liberté. À elle de choisir sa stratégie de développement, de diversification ou de reconversion par l'achat, ou la vente de licences, de technologies, savoir-faire ou franchises. À elle aussi de sélectionner les technologies, produits, marchés, clients, et le calendrier qui l'intéresse, éliminant du coup les aléas de l'innovation, en particulier de l'innovation de rupture. Enfin, le transfert présente l'avantage de maîtrise économique de son développement. Il laisse la possibilité de décider du montant et de la cadence de l'investissement de l'entreprise selon ses moyens financiers et ses objectifs de rentabilité pour accélérer et optimiser le cycle de l'innovation et sa rentabilité économique.

L'étude technico-économique détermine la faisabilité du transfert

Cela dit, si effectivement le transfert de technologie constitue un réel raccourci stratégique, il n'exonère pas l'entreprise de tout effort, loin de là. En amont, elle aura ainsi à qualifier, évaluer et comparer, par une démarche de recherche systématique et structurée, les sources de technologie nouvelles. À elle d'identifier les opportunités, les compétences, les brevets, les nouveaux produits, potentiels et disponibles, les laboratoires publics de recherche, les écoles d'ingénieurs, les centres techniques et autres entreprises innovantes, sources de technologie.

Le candidat au transfert devra naturellement évaluer préalablement l'opportunité économique et les conditions de succès du projet. Il lui faudra établir un contrat de coopération après étude du marché et du business plan, évaluer la solidité et les lacunes de la propriété intellectuelle, savoir investir et payer rapidement, savoir apprécier les apports économiques de la technologie du partenaire en gain de temps, garantie du résultat en fonction de l'attrait du futur modèle économique.

L'étude technico-économique de faisabilité stratégique réalisée auprès des clients et des concurrents permet alors d'établir la "feuille de route" du projet. Un chef de projet et une équipe interne proposent des solutions pour la transférabilité et la pérennité du transfert, par l'expertise de ses ressources humaines et par l'analyse des risques de concurrence ultérieure, de cannibalisation, ou des conditions de désengagement en cas d'échec.

Ne reste plus alors que la négociation de conditions mutuellement favorables aux partenaires portant sur la concession de licences de brevets ou de savoir-faire existants ou sur des contrats de nouvelles recherches partagées avec licence ultérieure d'exploitation. Et à ne pas oublier que le transfert de technologie permet aussi d'accéder aux aides et participations financières publiques pour la R&D (Oséo Anvar et BDPME, PCRD, Eureka, réseaux nationaux et pôles régionaux, Critt) et aux financements privés pour les fonds propres (capitaux de proximité, amorçage, risque, développement).

« LE TRANSFERT PERMET UNE EXPLOITATION IMMÉDIATE D'UN RÉSULTAT TECHNIQUE EXISTANT AILLEURS. »

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