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Trains autonomes, biométrie et ville intelligente... Thales expose ses innovations aux InnovDays

Alexandre Couto

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Trains autonomes, biométrie et ville intelligente... Thales expose ses innovations aux InnovDays

© Alexandre Couto

Thales tient du 27 au 29 novembre à Paris la Défense son grand rendez-vous dédié à l'innovation, les InnovDays. De nombreuses applications civiles et militaires ont été dévoilées.

Avec ses InnovDays, qui se tiennent du 27 au 29 novembre à la Grande Arche de la Défense, c’est à une véritable démonstration de force que se livre Thales. Organisé tous les deux ans, ce rendez-vous est l’occasion pour le groupe de haute technologie de montrer sa capacité d’innovation sur un très large éventail de secteurs et d’applications.

Si le spatial, la défense et les transports, cœur de l’activité du groupe sont naturellement très présents, il est également possible de découvrir des réalisations dans les domaines de la biométrie, la cyberscurité, l’IoT ou encore l’intelligence artificielle. Sur la zone d’exposition surplombée par une réplique du satellite Space Inspire, véritable bijou technologique du groupe, près de 70 démonstrations offrent aux visiteurs un panorama des travaux des équipes d’ingénieurs.

« Les innovDays sont l’occasion pour Thales de présenter ses plus belles prouesses technologiques, fruits à la fois de la recherche interne de nos 29 500 chercheurs, mais aussi des collaborations avec notre écosystème académique et du monde de la recherche », a expliqué en introduction de ce rendez-vous Marko Erman, directeur technique du groupe. Dans ce foisonnement d’innovations se côtoient des technologies aux degrés de maturité variés, certaines n’étant qu’au stade de concept ou de prototype, tandis que d’autres s’acheminent vers un lancement commercial « à l’horizon d’un an ».

Les trains autonomes se dotent de sens nouveaux

Après avoir dévoilé le 26 novembre, à Toulouse, son nouveau système de gestion de vol pour l’avion du futur, permettant de mieux anticiper les phénomènes météorologiques et d’économiser du carburant, Thales montre sur son rendez-vous parisien que les autres transports ne sont pas oubliés. Le ferroviaire notamment, avec des innovations dédiées au train autonome. Le groupe a fait la démonstration du Railbot-Eye, un système de vision permettant aux trains automatisés de circuler en environnement ouvert.

 « Contrairement aux trains autonomes actuels qui fonctionnent dans des tunnels, notre objectif est de faire rouler les rames sur des trajets où des obstacles peuvent surgir sur les voies », détaille Amine Arezki, responsable de la stratégie train autonome de Thales. « Pour y parvenir, nous dotons les automotrices d’un sens nouveau : la vue ». Le RailBot-Eye, s’appuie sur plusieurs systèmes optiques (caméra classique, vision nocturne et lidar) ainsi que sur une intelligence artificielle (IA) pour apporter une acuité visuelle inédite au véhicule.

L’algorithme, entrainé par apprentissage supervisé, repère les rails dans des environnements complexes et identifie la nature des obstacles potentiels pouvant apparaître sur ou aux abords des voies. « L’IA doit être capable de classifier les obstacles le plus tôt possible et d’évaluer le danger. Le système de bord prend ensuite une décision en adéquation avec la nature de l’obstacle, la distance avec celui-ci et la vitesse du train. », poursuit Amine Arezki. Le train peut alors déclencher plusieurs actions en fonction de la situation, allant du freinage d’urgence, si un véhicule est en travers de la voie par exemple, à la mise en route de l’avertisseur sonore, si l’obstacle est un animal.


Sur ce prototype, le système s'arrête automatiquement lorsqu'un véhicule est placé dans le champ de vision de la caméra. L'ordinateur de bord a correctement identifié l'obstacle, et a apposé un tag "car" (voiture) sur l'image.

Autre avantage de ce système de vision : la surveillance des infrastructures et des voies. « Toutes les informations sont enregistrées. Passage après passage du train, nous pouvons repérer des anomalies comme un arbre sur le point de s’affaisser sur les voies », relève Amine Arezki. Si le projet est encore à l’état de prototype, Thales travaille activement avec la SNCF pour sa mise au point. Une commercialisation à l’horizon 2025 est envisagée.

Toujours dans le domaine du train autonome, le groupe de technologie travaille également à l’amélioration des métros autonomes, en déployant de nouveaux capteurs sur les rames. Aux accéléromètre, tachymètre et lecteur radiofréquence actuellement utilisés, Thales ajoute sur des rames un radar, deux caméras, un lidar, et une centrale à inertie, le tout piloté par un réseau à bande large (UWB – Ultra Wide Band) permettant des communications aussi rapides que le Wi-Fi.

Selon Thales, ces solutions ferroviaires autonomes devraient améliorer la ponctualité générale des trains et améliorer la performance énergétique du réseau en « optimisant les mouvements des trains ».

La biométrie sous toutes ses coutures

L’édition 2019 des InnovDays marque également une première pour le groupe qui présente pour la première fois depuis la finalisation du rachat de Gemalto, en avril, les solutions de sa nouvelle division « identité et sécurité numériques », spécialisée dans les technologies permettant aux organismes ou aux particuliers de gérer leurs identités numériques et de protéger leurs données.

La biométrie a le vent en poupe. « Nous disposons d’un vaste portefeuille de technologies biométriques, pouvant facilement être intégrées à de nombreuses applications », précise Raphaël de Cormis, Vice-Président Innovation de la division identité et sécurité numériques. Aujourd’hui maîtrisée, la technologie de reconnaissance des empreintes digitale devient également abordable avec des solutions à bas coûts. Ces technologies se destinent aujourd’hui à certains marchés des pays émergents. Thales a également développé une solution de reconnaissance des empreintes sans contact, en passant simplement la main au-dessus d’un capteur.

Dans le domaine de la reconnaissance faciale, les progrès sont particulièrement impressionnants, notamment dans la détection des tentatives d’usurpation. « Les caméras que nous utilisons pour la reconnaissance faciale détectent des « preuves de vie », pour interdire qu’une photo ou un masque puisse être utilisé pour se faire passer pour quelqu’un », pointe Raphaël de Cormis.  La caméra est capable de détecter les pulsations cardiaques visibles à la surface de la peau. Lors de la démonstration, le système de vision détermine en quelques secondes la fréquence cardiaque d’une personne venue s’identifier.

Toujours dans les appareils de vision, Thalès a mis au point un logiciel capable de repérer les silhouettes des personnes en temps réel. « C’est un procédé qui peut être utilisé pour le comptage des foule. Il a également l’avantage d’anonymiser les personnes filmées », expose Raphaël de Cormis.

Enfin, une autre application de reconnaissance biométrique consiste à analyser de nombreux paramètres lorsqu’une personne frappe un mot de passe sur un clavier. « La manière dont un utilisateur tape son mot de passe sur un clavier peut être clairement identifiée par notre logiciel. », démontre Raphaël de Cormis. Cette technologie vise plus particulièrement le secteur bancaire.

La ville sous surveillance

De la sécurité des installations à la ville intelligente il n’y a parfois qu’un pas. Une nouvelle plateforme de sécurité vise à faciliter l’action des agents de police sur le terrain. « Lorsqu’une ville est truffée de caméras, il n’est pas possible de les surveiller toutes en même temps », explique Pascal Zenoni, responsable produit des systèmes de sécurité. « Notre système fait tourner un algorithme qui identifie les zones à surveiller en priorité ». Pour cela, le logiciel détermine un pourcentage de risque d’incidents pour chaque zone de la ville. Les endroits les plus sujets à problèmes seront donc observés en priorité et plus régulièrement.

Par ailleurs, cette plateforme permet à un citoyen de remonter des informations vers les autorités s’il est témoin d’une incivilité. « Notre plateforme est ouverte et permet de remonter les informations des applications citoyennes qui font leur apparitions. Si, par exemple, une personne est témoin d’une agression, elle peut la signaler et prendre une photo. L’alerte apparaitra directement sur la carte de la ville. La plateforme indiquera ainsi à l’opérateur, l’agent le plus proche du lieu pour une intervention ». Celui-ci sera également prévenu via son smartphone de la nature de l’intervention et l’application lui indiquera le chemin le plus court.


Une agression en cours est signalée par un citoyen via une application mobile (marqueur rouge). L'agent le plus proche (marqueur vert) est orienté vers le lieu par l'opérateur.

Si cette plateforme se destine aujourd’hui principalement à des applications de sécurité, rien n’empêche de se servir de cette base pour d’autres applications de la ville intelligente. « Nous pouvons tout à fait relier les capteurs de pollutions à notre solution, qui déclenchera des mesures automatiques en cas de pic, comme limiter la circulation dans certains quartiers », conclut Pascal Zenoni.

 

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