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Tomahawk, le missile qui joue les drones

Julien Bergounhoux
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Tomahawk, le missile qui joue les drones

© Raytheon

Il nage, s'élance comme une fusée puis vole comme un avion. Il est contrôlé à distance, fait de la reconnaissance, prend des photos, et peut suivre des cibles en mouvement, ou même changer de cible ou de mission en cours de vol. Un drone ? Non, un missile de croisière, le nouveau Tomahawk.

Le missile de croisière Tomahawk, développé à l'origine dans les années 1970 par General Dynamics et désormais fabriqué par Raytheon, s'est vu fortement modernisé au fil des ans. Dernière évolution en date : une nouvelle ogive multi-missions, la possibilité de trouver ses propres cibles et de les suivre en mouvement grâce à un nouveau système de guidage, mais aussi d'effectuer des missions variées en plus de sa mission destructrice première, par exemple de la reconnaissance visuelle avec prise de photo.

Cette modernisation intervient sur le Tomahawk Block IV, un missile polyvalent capable d'être lancé depuis un sous-marin, de sortir de l'eau à l'aide d'une fusée, puis de déployer de petites ailes et de voler à l'aide d'un turboréacteur (pouvant atteindre une vitesse maximale de 890 km/h) sur plus de 1 600 km avant d'atteindre sa cible. Cette version était déjà capable de changer de cible en cours de vol, et avait vu son coût réduit de moitié par rapport au précédent Block III, lui permettant d'être plus souvent déployé.

Les efforts de Raytheon en collaboration avec la Navy américaine se concentrent sur ses capacités de communication, afin de lui permettre entre autres d'atteindre des cibles en mouvement et d'ignorer les conditions climatiques qui pourraient autrement entraver sa mission. Cela passe par une mise en réseau, qui confère à un opérateur la possibilité d'accéder à des données issues de n'importe quelle source (satellites, drones, soldats, navires, etc.) pour le mener à sa cible, et de changer de cible à la volée si besoin. Le missile est de plus équipé d'un système de navigation visuel appelé "Digital Scene Matching and Correlation", d'un GPS antibrouillage et de capteurs de mesure inertielle au cas où il se retrouve coupé de tout contact électronique.

Ces améliorations lui apportent une flexibilité inégalée, sur laquelle compte Raytheon pour que le Tomahawk reste l'arme de choix de la Marine de guerre américaine, qui en a reçu plus de 3000 depuis l'introduction du Block IV en 2004, et dont un grand nombre de ses navires sont équipés.

Ci-dessous, une vidéo de démonstration du Tomahawk :

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