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ThrustMe met en orbite le premier satellite utilisant de l'iode pour se propulser

Alexandre Couto

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ThrustMe met en orbite le premier satellite utilisant de l'iode pour se propulser

Le moteur à iode solide I2T5 de ThrustMe permet au Cubesat de SpaceTy de manoeuvrer en orbite

La start-up ThrustMe, spécialisée dans les micro-propulseurs, et le constructeur de satellite SpaceTy, ont lancé avec succès le premier Cubesat 6U doté d'une propulsion à iode. Ce dispositif ouvre la voie à des micro-satellites plus maniables, à bas coût.

C’est une première dans le domaine de la propulsion spatiale. Le spécialiste des micro-propulseurs ThrustMe et le fabricant de satellites chinois SpaceTy ont lancé le 3 novembre le premier Cubesat doté d’un moteur à iode. Le satellite 6U a été équipé du propulseur à gaz froid non pressurisé I2T5 de ThrustMe. Sa particularité ? Il utilise de l’iode solide. Un système électrique chauffant sublime l’iode qui est projeté hors d'une tuyère, générant ainsi la poussée qui permet au satellite de manoeuvrer.

Si le principe est simple, sa mise en œuvre n’a rien de triviale : « La difficulté technique réside dans la maîtrise du taux d’iode éjectée sous forme gazeuse pour obtenir la poussée adéquate », explique Gautier Brunet, directeur des opérations chez ThrustMe. Le système de propulsion permettra d’accroître la durée de vie du Cubesat de SpaceTy en effectuant des opérations de maintien en orbite et d’évitements de débris spatiaux. Pour le moment, le dispositif ne permet pas les changements d'orbite.

Réduire les coûts

L’utilisation de l’iode sous forme solide offre une alternative avantageuse aux systèmes de gaz sous pression, généralement du xénon, ou aux ergols inflammables. « Le xénon est presque 100 fois plus cher que l’iode », pointe Gautier Brunet. Par ailleurs, ces motorisations nécessitent des précautions de sûreté qui rajoutent au coût du satellite et restreignent l’espace alloué aux équipements de mesure embarqués.

Avec ce lancement, ThrustMe prend de vitesse ses concurrents sur le segment de la propulsion à iode, notamment la société Busek qui travaille avec la NASA sur le projet Lunar IceCube, un CubeSat qui devrait rejoindre l’orbite lunaire en 2021. Il sera équipé d'un moteur ionique BIT-3 qui utilisera de l’iode.

Le partenariat entre ThrustMe et SpaceTy a donné des ailes au projet : les deux entreprises sont allées de l’idée au lancement en moins d’un an. « Dans le spatial, les plus petits projets prennent habituellement au minimum cinq ans », souligne Gautier Brunet. « Cela démontre l’importance des collaborations internationales ouvertes. »

 

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