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Thèses Cifre, 40 ans d’un dispositif plébiscité par les industriels

Alexandre Couto

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Thèses Cifre, 40 ans d’un dispositif plébiscité par les industriels

A l'occasion des 40 ans du dispositif Cifre, Olivier Andriès, PDG de Safran a rappelé les forces des échanges entre les institutions académiques et les industriels.

Le 15 mars s’est tenu au Collège de France un colloque-anniversaire pour célébrer les 40 ans du dispositif Cifre. A cette occasion, des capitaines d’industrie ont livré leur vision sur ce dispositif dont la vocation est de rapprocher la recherche fondamentale de la recherche appliquée, avec en ligne de mire l’innovation de rupture.

 

Quarante ans et plus que jamais d’actualité. Le dispositif Cifre (Conventions Industrielles de Formation pour la Recherche) a cela en commun avec le bon vin : l’âge en renforce les qualités. C’est dans le cadre du prestigieux Collège de France que s’est tenu le 15 mars un colloque-anniversaire organisé par l’Association nationale de recherche et de technologie (ANRT) pour célébrer ce programme qui a accompagné de nombreux doctorants du laboratoire de recherche aux milieux socio-économiques.

1500 thèses par an

Ce dispositif lancé en 1981 permet à des doctorants de faire leur thèse au sein d’une entreprise, en ayant le statut de salarié. Il visait un double objectif : contribuer à l’emploi des docteurs dans les entreprises et concourir au processus d’innovation des entreprises françaises. Des missions qui n’ont rien perdu de leur importance comme l’ont rappelé les capitaines d’industries présents lors de cet événement.

« Les partenariats entre les recherches des sphères publique et privée sont aujourd’hui un levier important de croissance et de compétitivité, à la fois pour nos entreprises et pour la Nation », a appuyé Patrice Caine, PDG du groupe Thales et également président de l’ANRT « Les Cifre jouent un rôle important dans ce rapprochement »

Le dispositif a connu un succès presque immédiat : de 50 thèses en 1981, portées essentiellement par de grandes entreprises, le programme est passé à 400 thèses en 1984. Aujourd’hui, ce sont plus de 1500 nouvelles conventions qui sont signées chaque année, notamment dans les PME et ETI qui accueillent depuis 2017 la majorité des doctorants. Au total, 28 000 Cifre ont été créés en 40 ans. Selon le Ministère de l’Enseignement, elles ont permis de réunir près de 4 000 laboratoires et 9 000 entreprises.

Permettre l’innovation de rupture

Pour des entreprises hautement technologique comme Safran, cette dynamique est précieuse pour faire émerger l’innovation de rupture. En 2020, le groupe accueillait 250 Cifre, se positionnant ainsi dans « le Top 3 des entreprises françaises participant au dispositif », selon Olivier Andriès, PDG de Safran. « Il s’agit pour nous d’un élément clé pour préserver notre capacité d’innovation. En accueillant des doctorants nous pouvons identifier les compétences qui sont en adéquation avec nos besoins », souligne-t-il « C’est un enjeu stratégique pour nous. Malgré la crise qui touche le transport aérien qui nous a contraint à supprimer 18 000 postes dans le monde l’année dernière, nous avons fait le choix d’embaucher 350 jeunes en France et de démarrer 30 nouvelles thèses Cifre. 90 % de notre innovation se fait en France »

Selon Olivier Andriès, ce vivier de compétences issues de la recherche fondamentale permettra de répondre aux nouveaux défis du secteur aéronautique qui mise désormais sur l’avion décarboné. « En tant que motoriste75% de notre effort de R&T dans les 10 ans sera tourné vers cet objectif, notamment en concevant un moteur ultra frugal fonctionnant avec des carburants durables », met-il en avant.

Apprendre la méthode scientifique

Aussi bien du côté de Thales que de Safran, ces innovations de ruptures sont possibles grâce à l’échange entre les cultures académiques et industrielles. « Ces relations partenariales permettent de diffuser au sein des entreprises les compétences propre à la recherche.», a lancé Patrice Caine « Le travail de recherche s’apprend : la capacité à évoluer dans un environnement incertain, à se confronter à l’épreuve des faits scientifiques – qui peuvent être têtus- , ou encore à savoir canaliser ses intuitions pour en faire de nouvelles réalités, sont des engagements de longue haleine que le doctorant acquiert lors de sa thèse ».

C’est cette capacité à se projeter à la fois dans le temps long de la recherche et dans les réalités du terrain que les industriels apprécient chez les doctorants Cifre. Patrice Caine a tenu a saluer l’engagement renouvelé du ministère de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation, qui a prévu dans le cadre de sa loi de programmation de la recherche d’étendre le dispositif Cifre en en augmentant le budget.

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