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Territoires intelligents : les RIP veulent surfer sur la vague des objets connectés

Territoires intelligents : les RIP veulent surfer sur la vague des objets connectés

Pour son troisième anniversaire, la FIRIP a organisé un colloque à la Cité de l'objet connecté, située à Angers.

© FIRIP

Les Réseaux d’initiative publique (RIP) déployés dans le cadre du plan Très haut débit (THD) ne devraient pas uniquement desservir les ménages et les entreprises, mais aussi les objets connectés qui envahiront bientôt nos villes pour en faire des territoires intelligents. Ces réseaux de fibres viendraient alors en complément des réseaux bas débit, déployés par des entreprises comme Sigfox et Qowisio ou par l’alliance LoRa.

Pour célébrer sa troisième année d’existence, la Fédération des industriels des réseaux d’initiative publique (FIRIP), a choisi de rassembler ses 160 membres à la Cité de l’objet connectée d’Angers, inaugurée par François Hollande le 12 juin dernier. Le lieu n’a, bien sûr, pas été choisi au hasard. « Les réseaux d’initiative publique (RIP) visent par définition à servir les citoyens en très haut débit, mais ils vont aussi rapatrier le trafic des objets connectés », annonce d’emblée Etienne Dugas, le président de la FIRIP, dont le mandat de trois ans vient d’être renouvelé.

Des gros tuyaux pour ramener les informations dans le Cloud

« Aujourd’hui les réseaux FTTH des grands opérateurs nationaux visent à desservir les ménages et les sites professionnels, mais il n’y a aucune obligation de desservir les objets. Il va donc falloir déployer un réseau pour raccorder les objets de la Smart City », confirme Laurent Depommier-Cotton, directeur du département transition numérique de la Caisse des dépôts, co-organisateur de la manifestation. D’après les experts, ces réseaux de fibres pourraient directement raccorder certains objets qui ont un fort besoin de débit, comme les caméras de surveillance.  Mais, ils iront également chercher des concentrateurs, situés à différents coins de rue, qui eux mêmes communiqueront par ondes radio avec d’autres objets connectés présentant un besoin de débit plus faible, comme des capteurs de son ou de température, par exemple.

Cyrille LeFloch, président et fondateur de Qowisio, start-up angevine qui déploie un réseau bas débit concurrent de Sigfox, est convaincu que les RIP et les réseaux bas débit vont finir par se croiser. « Nos bornes vont communiquer avec plusieurs centaines de milliers d’objets. Cela va créer une sorte d’entonnoir et nous aurons besoin de gros tuyaux. Seule la fibre permettra de raccorder nos concentrateurs et ramener les informations dans le Cloud », assure l’entrepreneur. Un point de vue partagé par Antoine Darodes, directeur de l’Agence du numérique : « Les micro-débits seront gérés par du sans fil, mais il faudra ensuite de la fibre optique pour collecter cette rivière ».

Un revenu complémentaire pour les RIP

« Nous pensons que c’est une vraie opportunité pour les RIP de fournir une infrastructure  pour la collecte des données des objets connectés », poursuit Christophe Genter, directeur adjoint du département transition numérique de la Caisse des dépôts, qui estime que les opérateurs bas débit vont apporter un complément de revenus aux RIP. Pour parvenir à un tel scénario, il faudra toutefois que ces opérateurs bas débit puissent proposer des tarifs attractifs. Un point épineux sur lequel l’Autorité de régulation des communications électroniques et des postes (Arcep) est particulièrement attendue. En effet, collectivités et industriels estiment que les prix bientôt fixés par l’Arcep sur les réseaux publics en fibre sont trop élevés.

En amont, plusieurs questions devront également être posées pour déterminer les technologies adéquates : Quel est le volume de données à transporter ? Quelle est la fréquence d’émission ? Quelle est la criticité des informations ? « Je suis persuadé qu’il y aura de la place pour tout le monde » résume Christophe Genter.

Rappelons que ces perspectives se dessinent alors même que les sénateurs Hervé Maurey et Patrick Chaize ont récemment publié un rapport dans lequel ils estiment que l’objectif d’une couverture totale du territoire en très haut début, en 2022, est irréaliste.

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