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TÉLÉVISION MOBILE LA FRANCE S'ÉVEILLE

Ridha Loukil

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- En retard sur les pays asiatiques, la France met le cap sur la télévision numérique mobile. Avec de sérieux atouts technologiques, mais un lourd handicap au niveau réglementaire.

À moins de deux mois du lancement de la télévision numérique terrestre, le 1er mars 2005, l'extension de ce média aux mobiles apparaît comme le nouvel Eldorado à atteindre. Longtemps en retrait sur le sujet, la France met désormais le cap sur cet objectif.

Le 10 novembre, SFR donne le coup d'envoi de la téléphonie mobile de troisième génération (UMTS), point de départ des services de diffusion individualisés de la télévision sur le portable. Un mois plus tard, Orange lui emboîte le pas avec un bouquet de services plus étoffé. Entre temps, le ministère de l'Industrie réunit opérateurs télécoms, acteurs de l'audiovisuel et industriels au sein du Forum de la télévision mobile, association spécialement créée pour promouvoir l'avènement et le développement de cette dernière en France. Presque au même moment, l'Etsi, l'organisme européen de normalisation des télécoms, met la dernière main au standard DVB-H qui supportera la diffusion de la télévision numérique vers les mobiles en Europe et peut-être en Amérique du Nord.

Une cible potentielle de 40 millions d'abonnés

Ministre délégué à l'Industrie, Patrick Devedjian veut que la France comble très vite son retard. Les pays asiatiques sont en effet en train de prendre de l'avance avec un lancement imminent en Corée du Sud, puis au Japon en 2006. En Europe, de plus en plus de pays s'activent dans ce domaine, comme le démontrent les expérimentations à grande échelle menées l'an dernier en Finlande, en Allemagne ou en Grande-Bretagne.

Les enjeux économiques, industriels et technologiques sont considérables. Alors que le parc de téléviseurs de salon s'élève à 25 millions, la télévision mobile dispose d'une cible potentielle de plus de 40 millions d'abonnés au téléphone portable. Sans compter les détenteurs de PC portables, assistants personnels et baladeurs multimédias. Ni les voyageurs dans les trains, les bus ou les voitures.

Selon les statistiques, les Français consacrent en moyenne 3 heures et 22 minutes par jour à regarder la télévision. L'extension vers les mobiles devrait augmenter ce temps en démultipliant les possibilités d'accès à la télévision. L'expérience au Japon le démontre. Les services diffusés sur les réseaux de téléphones mobiles de dernière génération se sont traduits par une augmentation d'une heure. Une aubaine pour publicitaires, commerçants en ligne et fournisseurs de services de proximité qui voient ainsi leur cible élargie. L'occasion aussi pour les opérateurs télécoms, les chaînes télé et les éditeurs de contenus audiovisuels de générer de nouveaux revenus.

De nouveaux services à créer

Selon deux enquêtes réalisées par Nokia et l'opérateur britannique Vodafone, 80 % des abonnés seraient prêts à payer 12 euros par mois pour recevoir la télévision sur leurs portables. Aux États-Unis, les revenus supplémentaires tirés de ce service pourraient, selon le cabinet AT Kearney, atteindre 30 milliards de dollars par an. Un pactole qui suscite bien des convoitises.

Les opérateurs de téléphonie mobile, qui investissent lourdement dans leurs réseaux UMTS (SFR et Orange prévoient de dépenser chacun 3 milliards d'euros) et qui paient assez cher leurs licences (un forfait de 619 millions d'euros complété ensuite par une taxe égale à 1 % du chiffre d'affaires), espèrent augmenter ainsi le revenu moyen par abonné.

La surenchère à laquelle se livrent SFR et Orange dans les services vidéo s'explique certes par le souci de se différencier, mais elle a aussi pour objectif d'inciter le client à consommer le plus possible de données. Les communications vocales ne constituent plus le moteur de la croissance. D'ailleurs, chez Orange, elles deviennent gratuites au-delà de la troisième minute. La page d'accueil des combinés de nouvelle génération d'Orange illustre ce changement. Elle ne ressemble guère à celle d'un téléphone. Elle s'apparente plutôt à une mire de télévision, avec une mosaïque d'images qui donnent un accès direct à des chaînes télé ou des services vidéo spécifiques disponibles en téléchargement comme sur l'Internet à haut débit.

À l'autre bout de la chaîne, les éditeurs de contenus trouvent dans le terminal mobile un nouveau support de diffusion. Il est d'autant plus prometteur qu'il requiert la création de contenus spécifiques : des programmes courts susceptibles d'être téléchargés et consultés rapidement. La télévision mobile devrait favoriser l'émergence d'une nouvelle industrie de contenus, à l'instar de l'industrie née pour le téléphone GSM/GPRS autour des services de téléchargement (sonneries, logos, jeux, fonds d'écran...) ou SMS+ (services de données calqués sur le modèle du Minitel).

Un savoir-faire technologique en pointe

Aujourd'hui, les chaînes de télévision, diffusées en direct sur les portables de troisième génération, se rémunèrent par la concession d'un droit de diffusion à SFR et à Orange. Demain, quand la vraie télévision mobile, au standard DVB-H, sera une réalité, elles pourront atteindre directement les abonnés, prenant ainsi le contrôle des nouvelles sources de revenus que représente le portable (abonnement, publicité...).

De leur côté, les télédiffuseurs tels TDF ou Towercast auront l'occasion de mieux amortir leurs réseaux de diffusion de télé numérique terrestre. Pour un investissement marginal (ajout d'un encapsulateur IP DVB-H à chaque émetteur DVB-T), ils pourront diffuser aussi la télévision numérique vers les mobiles.

Le ministère de l'Industrie a un autre souci : valoriser le savoir-faire technologique français. Un savoir-faire traditionnel dans le monde de l'image, reconnu dans le monde entier, et qui s'étend naturellement à la télévision mobile. Outre des grands industriels comme Thomson (une grande partie du format de compression MPeg-4 est née dans ses laboratoires à Rennes), la France compte une pléiade de jeunes pousses positionnées sur des technologies clés (voir encadré). « Est-il normal de laisser ces entreprises dépendre pour leur développement presque exclusivement du marché asiatique ? » s'interroge Franck Supplisson, conseiller de Patrick Devedjian.

Un exemple : Dibcom, une start-up de quarante personnes à Palaiseau (Essonne). Elle développe des algorithmes de correction de signal permettant de recevoir la télévision dans un véhicule roulant jusqu'à 250 km/h. Ces algorithmes sont implémentés dans ses puces DIB3000 intégrant les fonctions tuner (radio) et processeur bande de base (traitement numérique du signal). Dibcom a été le premier, après le géant américain Texas Instruments, à annoncer un récepteur DVB-H sur un PC portable. Il a été présenté avec TF1 et Citroën, lors du Mondial de l'automobile, en septembre. La société a également réalisé une démonstration similaire sur un assistant personnel. Aujourd'hui, elle réalise 95 % de son chiffre d'affaires de 7 millions d'euros en Asie. Une situation qui provoque à la fois fierté et inquiétude chez Yannick Lévy, son patron-fondateur. « Dépendre autant du marché asiatique nous place dans une position particulièrement vulnérable, reconnaît-il. Le jour où des fournisseurs locaux seront en mesure de faire la même chose que nous, nous risquons de tout perdre. Pour la pérennité de notre développement, nous avons besoin de projets de déploiement à proximité. »

On peut en dire autant pour Envivio (logiciels d'encodage, de traitement et de lecture H264) et bien d'autres jeunes espoirs industriels.

La technologie existe. La volonté politique aussi. Qu'est-ce qui explique alors le retard de la France ? Pour Franck Supplisson, le Conseil supérieur de l'audiovisuel (CSA), qui refuse pour le moment d'attribuer des fréquences à la télévision mobile, fait office de bouc émissaire tout trouvé : « Le CSA a aujourd'hui une autre priorité : la télévision numérique terrestre. Il exerce ses prérogatives sous le seul angle réglementaire, sans tenir compte des impératifs de politique industrielle », regrette-t-il. Yannick Lévy, de Dibcom, se montre tout aussi critique : « Dans un domaine qui évolue aussi vite que celui des technologies de l'information, le CSA paraît bien dépassé. Il faut éviter que le système de régulation de l'audiovisuel ne freine le développement industriel pour la simple raison qu'il devient vieillot. »

Significatif de cette attitude, lors de la réunion du Forum de la télévision mobile à Bercy, en novembre, les opérateurs de téléphonie mobile ont réclamé le Multiplex R5, une bande de fréquences destinée au départ à être allouée à des télévisions numériques locales. Francis Beck, membre du CSA en charge de l'attribution des fréquences, a réagi en dénonçant cette demande comme une tentative d'OPA de la part des opérateurs télécoms sur des fréquences de télévision. Et pourtant, pour lancer cette année des expérimentations de six mois, comme le prévoit le calendrier du Forum, il faudrait bien disposer d'autorisations et de fréquences !

La frilosité du CSA n'est pas le seul point d'achoppement. Symbole par excellence de la convergence entre les télécoms et l'audiovisuel, la télévision mobile demande une coopération étroite entre les acteurs de ces deux mondes. Or les chaînes de télévision se méfient plus que tout des opérateurs de téléphonie mobile, soupçonnés de vouloir s'arroger la plus grande part du gâteau.

À cela s'ajoutent des interrogations sur la coexistence de deux modes de diffusion de la télévision mobile : diffusion individualisée sur les réseaux de téléphonie UMTS, comme le proposent déjà SFR et Orange, et diffusion de masse à travers le réseau DVB-H, ce qui est attendu à l'horizon 2007-2008. La maîtrise du premier appartient aux opérateurs de téléphonie mobile. Celle du second sera entre les mains des chaînes télé. La complémentarité théorique entre les deux modes de diffusion risque de se transformer en concurrence.

Gratuite ou payante, toute la question est là

Didier Quillot, le patron d'Orange France, rassure : « Ce que nous proposons aujourd'hui sur le téléphone de troisième génération n'est qu'un service d'appels destiné à donner un avant-goût de ce qui va venir : la télévision DVB-H, la vraie télévision mobile. » Yannick Lévy suggère, lui, une piste de nature à contenter tout le monde : « On peut imaginer recevoir la télévision sur le mobile par le réseau DVB-H et utiliser le réseau de téléphone de troisième génération comme voie de retour pour voter à "Star Académie" ou demander de l'information. Les revenus pourront ainsi être partagés entre opérateurs télécoms et chaînes télé. »

Tout dépend en fait du modèle économique, grande inconnue à ce stade, pour la diffusion DVB-H. La Corée du Sud et le Japon ont fait le pari de la réception gratuite. Les opérateurs de téléphonie mobile et les éditeurs de contenus espèrent tirer leur épingle du jeu grâce aux services de données associés aux programmes audiovisuels. En regardant une émission, l'utilisateur peut se renseigner sur un produit en publicité, demander l'adresse de la boutique où l'acheter, voire le commander en ligne. Ces informations et ces services sont proposés grâce à un couplage avec le Web et d'autres réseaux.

En France, le modèle de la télévision gratuite, intégralement financée par des recettes publicitaires, est écarté par TF1. Selon son patron, Patrick Le Lay, la croissance du marché publicitaire ne suffira jamais à couvrir les besoins. Il faudra, en conséquence, trouver d'autres sources de recettes qui justifient l'investissement de départ.

Enfin, le développement de la télévision mobile sera conditionné par la disponibilité d'une variété de terminaux ergonomiques. Ici, les fabricants asiatiques affichent une bonne longueur d'avance. Les expérimentations menées en Europe s'appuient sur les 7700 et 7710 de Nokia, deux terminaux qui ressemblent plus à une console de jeux qu'à un téléphone, avec un grand écran favorisant le confort et l'ergonomie. Le récepteur DVB-H, encore trop gros, est disponible sous la forme d'un accessoire séparé. Nokia prévoit le lancement de ses premiers téléphones à récepteur DVB-H intégré en 2006. Selon Dibcom, le prix du récepteur DVB-H, environ 20 euros au départ, devrait, avec l'intégration électronique et l'augmentation des volumes, baisser rapidement aux alentours de 10 euros, soit moins cher que la fonction photo numérique qui équipe de plus en plus de portables. Les industriels se frottent déjà les mains à la perspective de voir l'intégration de la fonction télévision jouer demain un moteur des ventes de portables, à l'instar de la fonction photo aujourd'hui

12 euros par mois

- C'est ce que les abonnés sont prêts à payer pour ce service, selon deux études récentes menées par Nokia en Allemagne et par l'opérateur Vodafone.

LES ENJEUX

- Rattraper le retard pris sur certains pays d'Asie et d'Europe - Favoriser l'émergence d'une nouvelle industrie de services et de contenus - Soutenir le développement des entreprises et des jeunes pousses dans ce domaine

LES ATOUTS

- Entrée en service de la nouvelle génération de téléphones mobiles et bientôt de la télévision numérique terrestre - Maîtrise des briques technologiques clés

LES FREINS

- Conflits d'intérêt entre le monde des télécoms et les acteurs de l'audiovisuel - Un cadre réglementaire contraignant en matière d'attribution et de gestion des fréquences - Incertitudes quant au bon modèle économique

LA TÉLÉ BIENTÔT SUR LE TÉLÉPHONE PORTABLE... mais aussi...

dans la voiture

dans le bus

dans le train

sur l'assistant personnel

sur le PC portable

sur le baladeur multimédia, etc.

AUJOURD'HUI UN ERSATZ...

- Les téléphones mobiles UMTS, lancés fin 2004 par SFR et Orange, donnent un avant-goût de la télévision mobile. L'abonné accède sur son terminal à des chaînes télé en direct. En plus, il peut consulter en mode "streaming" des programmes vidéo courts spécifiques comme sur Internet. - Dans les offres de départ, SFR propose six chaînes en direct et quarante vidéos, Orange onze chaînes et deux cents vidéos. - Le contenu audiovisuel est acheminé à la demande jusqu'au combiné via le réseau de téléphonie. Ceci est rendu possible grâce au haut débit offert par la technologie UMTS (jusqu'à 384 Kbit/s) - Mais il est impossible de desservir un grand nombre d'utilisateurs en simultané. De par son mode de transmission point à point, le réseau téléphonique serait vite saturé.

DEMAIN ...LA VRAIE TÉLÉ MOBILE

- La vraie télé mobile sera diffusée sur le réseau hertzien de télévision numérique terrestre au standard européen DVB-H. - N'importe quel terminal mobile, situé dans le champ de couverture d'un émetteur et équipé d'une antenne et d'un décodeur DVB-H intégré, pourra la recevoir. - Dès mars 2005, date de lancement de la télévision numérique terrestre, il sera possible de la capter sur les écrans équipant PC portables, bus, trains et autres véhicules de transport au moyen d'un décodeur DVB-T. Cela dans de très bonnes conditions grâce aux technologies de correction des effets de la vitesse de déplacement. - Pour les terminaux à petit écran, alimentés par batterie (téléphones, baladeurs multimédias...), il faudra attendre 2007 ou 2008 pour voir naître une télévision spécifique au standard DVB-H.

DES ACTEURS FRANÇAIS BIEN POSITIONNÉS

Dibcom - Start-up créée en 2000 par des transfuges de Sagem - Algorithmes de correction de signal pour la réception dans des véhicules se déplaçant jusqu'à 250 km/h - Récepteurs DVB-H - Puces intégrant la partie radio (Tuner) et le traitement numérique du signal (processeur de bande de base) Concurrents : les géants des semi-conducteurs, Texas Instruments en tête Envivio - Start-up issue de France Télécom R&D en 1999 à Rennes - 11 brevets sur des logiciels pour l'encodage et le décodage H264 Concurrents : l'américain Packetvideo, l'israélien Emblaze ou le japonais Oki Udcast - Start-up fondée en 2000 par essaimage de l'Inria à Sophia-Antipolis - Logiciels pour la construction de réseaux de diffusion au protocole Internet - Premiers encapsulateurs IP DVB-H du marché Concurrents : le géant allemand Rohde&Schwarz On peut citer aussi Thomson, France Télécom, TDF, Thales et des start-up comme Iwedia (logiciels pour décodeurs et récepteurs numériques), Enensys (convergence informatique et télédiffusion) ou Teamcast (technologies de diffusion numérique).

LES TECHNOLOGIES CLÉS

DVB-H - Dérivé du standard européen DVB-T de diffusion de la télévision numérique terrestre - La résolution d'image sur le récepteur est de 144 x 192 pixels, contre 576 x 1 024 pixels pour la télévision de salon H246 - Dernière version du format de compression-décompression de données numériques MPeg-4 - Permet la diffusion d'une chaîne dans une bande passante de 128 à 384 Kbit/s, contre 4 à 6 Mbit/s pour la DVB-T Encapsulateur IP DVB-H - L'équipement à ajouter à l'émetteur DVB-T pour qu'il diffuse aussi la télévision DVB-H - Assure la réduction de la consommation de courant et la correction renforcée des erreurs

LES PAYS ASIATIQUES MÈNENT LA DANSE

Corée du Sud - La télévision analogique est reçue depuis trois ans par les abonnés de l'opérateur SK Telecom sur des portables de Samsung. - La diffusion numérique devait démarrer fin 2004 au standard DMB, variante du DAB (radiodiffusion numérique). Elle a été reportée au début de cette année. - LG propose le premier téléphone DMB. Japon - La réception de la télé analogique est déjà possible chez les opérateurs KDDI et Vodafone sur des portables de NEC, Toshiba ou Sanyo. - La diffusion numérique est programmée pour 2006 au standard ISDB propre au Japon. Des expérimentations à grande échelle sont menées par la NHK, entreprise publique de télédiffusion, et l'opérateur NTT DoCoMo. - Des prototypes de portables intégrant un récepteur ISDB et un décodeur H264 existent déjà chez Sanyo, NEC ou NTT DoCoMo. Europe - Des expérimentations au standard DVB-H ont eu lieu fin 2004 à Helsinki en Finlande, à Berlin en Allemagne, ainsi qu'en Grande-Bretagne. - Outre-Rhin, Bosch pousse le standard DMB. - En France, on espère démarrer les expérimentations cette année pour un lancement à l'horizon 2007-2008.

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