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Sylvain Yon

Aurélie Barbaux
Il transforme les idées en produits.

«Je me sens à l'aise entre laboratoire et produit » explique ce jeune docteur en physique, diplômé de l'École supérieure de physique et de chimie industrielles de Paris (ESPCI) et spécialiste du traitement du signal. Musicien chevronné, Sylvain Yon s'est naturellement passionné pour l'acoustique. Mais la pratique l'intéresse autant que la théorie. Et après une première expérience entrepreneuriale dans la junior entreprise de l'ESPCI, il fonde en 1997 avec quatre acolytes ingénieurs une start-up, Intelligent Vibration, qui malheureusement ne trouvera pas son marché. Qu'importe. Sylvain Yon aime industrialiser les technologies.

Il parvient à résoudre un casse-tête électronique

Lorsque Laurent Sandrin, autre ingénieur ESPCI et docteur en physique, lui propose de créer avec lui une entreprise pour exploiter ses travaux sur... l'élastographie impulsionnelle appliquée à la détection des fibroses du foie, il n'hésite pas une seconde. Ils travaillent alors dans le même laboratoire d'ondes et acoustique (LOA) commun à l'ESPCI et l'université Paris-VII. Laurent Sandrin y mène ses recherches. Sylvain Yon y termine sa thèse de doctorat sur l'acoustique architecturale et la maîtrise de la réverbération dans les salles.

La soutenance à peine passée, Sylvain Yon se lance donc dans l'aventure Echosens. L'entreprise doit fabriquer le premier dispositif médical non invasif permettant de mesurer l'élasticité du foie. Ils sont quatre cofondateurs. Bertrand Fourquet amène son expérience d'entrepreneur et de financier et prend la direction générale. Laurent Sandrin dirigera la recherche. Jean-Michel Hasquenoph, expert des ultrasons, apporte la validation technique. Sylvain Yon accepte le poste de directeur du développement.

« La technologie était loin d'être prête lorsque nous avons créé la société », reconnaît-il. Seul le concept de l'élastographie impulsionnelle était validé. Il repose sur l'émission d'une onde basse fréquence d'environ 50 Hz sous la forme d'une pichenette dont on suit le déplacement dans les tissus par ultrasons. Pour la mesurer, Sylvain Yon a dû développer toute la chaîne électronique d'acquisition ultrasonore. Un casse-tête. Le même fil doit supporter l'émission de l'onde avec une tension de l'ordre de 100 volts et quelques microsecondes plus tard, les signaux de retour qui ne sont que de quelques microvolts. De plus les algorithmes de traitement du signal sont très consommateurs en puissance de calcul. Sylvain Yon a donc dû répartir les calculs en un processeur dédié et celui d'un ordinateur classique. Il y a passé dix-huit mois, mais a réussi.

Fin 2003, l'appareil et sa sonde, baptisés Fibroscan, sont homologués. Pour assurer la crédibilité de l'entreprise, Sylvain Yon s'attaque alors à un deuxième chantier : la certification ISO 13485 propre à la santé. C'est désormais chose faite. Il pilote maintenant l'équipe de R&D de quinze personnes qui travaillent sur deux axes : d'une part le développement de sondes adaptées aux enfants (elle vient de sortir) et aux personnes en surpoids, et d'autre part la déclinaison du concept du Fibroscan à d'autres pathologies. De quoi occuper Sylvain Yon pendant encore quelques années.

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