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Sur le FIRA, la robotique agricole dévoile son bestiaire

Marina Angel
Sur le FIRA, la robotique agricole dévoile son bestiaire

Aymeric Barthes et Gaëtan Séverac, co-fondateurs de Naïo Technologies, avec Ted, robot autonome de désherbage mécanique de la vigne.

© Marina Angel

Le FIRA (Forum international de la robotique agricole), organisé à Toulouse (Haute-Garonne) ces 10 et 11 décembre, attire chaque année un peu plus de monde. L'occasion pour les industriels, dont bon nombre de PME et startups, de présenter les dernières versions de leurs robots autonomes agricoles.

 

En quelques années, le FIRA, Forum International de la Robotique Agricole, est devenu l'un des grands rendez-vous d'une filière qui gagne peu à peu en maturité. Créé en 2016 à Toulouse, à l'initiative de Gaëtan Séverac et de son associé Aymeric Barthes, co-fondateurs de Naïo Technologies, une start-up spécialisée dans le développement de robots autonomes électriques de désherbage mécanique, l'événement réunit agriculteurs, fournisseurs de solutions technologiques, universitaires et fabricants de robots. Ils sont 850 inscrits pour cette 4ème édition, dont l'espace d'exposition réunit une vingtaine de nouveaux robots. Coup de projecteur sur quelques uns d'entre eux.

Dino évolue vers un désherbage de précision

Naïo Technologies (65 salariés, 2,5 millions d'euros de chiffre d'affaires en 2018), fait un peu figure de pionnier en matière de robots de désherbage mécanique. La société affiche trois modèles de référence, Oz et Dino pour le travail de maraîchage et Ted pour la vigne, vendus globalement à plus de 150 exemplaires. Créée en 2011 et basée à Escalquens, près de Toulouse, la société continue de faire évoluer ses robots. « Nous travaillons sur l'industrialisation de nos produits et de nos process pour accélérer le déploiement en série, tout en poursuivant de nouveaux programmes de R&D », souligne Aymeric Barthes. Un partenariat a ainsi été engagé avec la start-up lyonnaise Green Shield Technology pour apporter de nouvelles fonctionnalités à Dino, dédié au désherbage des cultures maraîchères sur grandes parcelles. L'objectif est d'aller vers un travail de plus en plus précis. Déjà capable de désherber entre les rangs, Dino sera bientôt en mesure de désherber aussi entre les plants, grâce à une technologie de détection faisant appel à du deep learning et à un nouvel outil de désherbage actif, constitué de plusieurs couteaux montés sur des moteurs électriques.

Bakus dans les starting-block

Présenté au Fira 2018, Bakus est un robot électrique de type enjambeur. Muni de 4 roues motrices, il a été conçu pour le travail du sol dans les vignes par la société Vitibot, créée en 2016 à Reims (Marne). Le robot a fait ses premiers pas dans les coteaux champenois et en Bourgogne. La version commercialisée est prête. La société s'est dotée d'un outil de production et a musclé ses équipes. « Nous pensons produire une trentaine de robots dès 2020 », confie Cédric Bache, fondateur et président de Vitibot. Bakus se veut aussi polyvalent et évolutif. Ses équipes de R&D travaillent depuis plus d'un an sur le développement d'une nouvelle fonction de pulvérisation confinée sous capot, pour limiter les intrants et l'impact environnemental. Doté d'un outil d'analyse en temps réel de la densité foliaire, il pourra moduler les doses de pulvérisation à l'échelle de chaque plan.


Cédric Bache, fondateur et président de Vitibot avec son robot Bakus. © Marina ANGEL

Sitia propose une solution hybride

Alors que la tendance est au tout électrique, Sitia fait le choix d'une motorisation hybride. Créée en 1986 à Bouguenais, près de Nantes (Loire-Atlantique), la société spécialisée en informatique industrielle, en contrôle-commande et en bancs d'essais d'endurance pour l'industrie, s'est lancée dans la robotique dès 2010. Elle compte bien démarrer une nouvelle aventure industrielle avec son nouveau robot agricole polyvalent, capable de recevoir les outils standards du travail du sol. Baptisé Trektor, la machine pèse 2,7 tonnes et combine deux motorisations (électrique et thermique) pour plus d'autonomie et plus de capacité de traction. « Nous recherchons des partenaires industriels et commerciaux pour nous accompagner dans cette nouvelle aventure », confie son directeur, Fabien Arignon.

Fabien Arignon, directeur de Sitia et le Trektor, un robot autonome hybride (électrique et diesel). © Marina ANGEL

SentiV, pour la surveillance des grandes cultures

C'est sa première apparition sur un salon professionnel. SentiV (pour Sentinelle du Végétal), un robot de surveillance à destination des grandes cultures, a été développé par une toute jeune startup grenobloise, Meropy, créée en septembre 2019 par Guillemin Raymond et William Guitton. Ce robot ultra léger, doté d'un mode de déplacement original - grâce à deux roues en rayons - pour limiter l'impact au sol, effectue sa surveillance muni d'un capteur multispectral. Le prototype est prêt. Les tests en plein champs démarrent. « Nous pensons être prêt pour la commercialisation à partir de l'été 2020 », précise Guillemin Raymond.

Guillemin Raymond, co-fondateur de Meropy et le robot de surveillance SentiV. © Marina ANGEL

Un robot de précision pour la récolte des tomates

De son côté, pas encore de démonstration pour Syha. Il faudra peut-être attendre le prochain Fira. Céline Franquesa, co-fondatrice et directrice des opérations, l'assure : « un deuxième prototype est actuellement en cours de développement, mais il est encore un peu tôt pour le présenter ». La startup héraultaise, créée en juin 2017, a développé un nouveau concept de robot, conçu tout spécifiquement pour la récolte des tomates. Capable de détecter la maturité des grappes, il identifie le positionnement de la tige, la coupe et la retient grâce à une pince à deux doigts. Un travail tout en délicatesse, conduit en partenariat avec le Limm, Laboratoire d’informatique, de robotique et de microélectronique de Montpellier. « Une première version commerciale pourrait être prête d'ici deux ans », espère Céline Franquesa.

 

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