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Supercalculateurs : l'Europe accélère enfin

Supercalculateurs : l'Europe accélère enfin

En 2015, pour ralentir les recherches sur le nucléaire, l'administration américaine a mis sur une liste noire quatre labos chinois...et donné un coup de fouet à la recherche en calcul intensif dans l'Empire du milieu (ici, le supercalculateur chinois Sunway Taihulight). Cet évènement a aussi eu un rôle d'électrochoc sur les acteurs européens, dont les programmes de calcul intensif sont actuellement totalement dépendants des puces américaines.

© Top500 organisation

Portée par une stratégie de compétitivité et de souveraineté, l’Europe va investir 1 milliard d’euros pour augmenter sa puissance de calcul, nerf de la guerre de la simulation.

Mi-janvier 2018, la Commission européenne a dévoilé son plan pour revenir dans la course mondiale en matière de calcul intensif. Bruxelles y consacrera un budget de 1 milliard d’euros. Baptisée EuroHPC (high performance computing, ou calcul à haute performance), cette initiative commune vise à concevoir et déployer une infrastructure de supercalculateurs européens. Elle s’accompagnera d’un programme de recherche et d’innovation portant sur des technologies et du matériel, ainsi que des applications et des logiciels liés au calcul intensif. Un domaine considéré comme stratégique pour la compétitivité des industriels. "Nous voulons donner aux chercheurs et aux entreprises d’Europe une capacité de calcul intensif de premier ordre au niveau mondial d’ici à 2020, afin de développer des technologies telles que l’intelligence artificielle et de concevoir les applications quotidiennes du futur dans des domaines comme la santé, la sécurité ou l’ingénierie", a souligné Andrus Ansip, le vice-président de la Commission européenne chargé du Marché unique numérique.

La course à l'exascale

 

Selon les experts, l’investissement annoncé est à la hauteur des efforts réalisés par les États-Unis et le Japon pour atteindre la barre symbolique de l’exascale – échelle désignant des machines capables d’effectuer 1 exaflops (1 milliard de milliards d’opérations par seconde). Les documents de travail évoquent 560 millions d’euros pour le développement technologique, 300 millions pour les infrastructures et 195 millions pour les usages de la simulation. Il était temps que la communauté européenne débloque de tels fonds : le déficit en puissance de calcul sur le Vieux Continent devient critique. Et pénalise notamment l’industrie, de plus en plus utilisatrice de ces machines capables de traiter de grandes masses de données et de faire tourner les modèles les plus complexes. Le réseau européen des grands supercalculateurs animé par Prace (Partnership for advanced computing in Europe), association créée en 2010 et qui compte 25 pays membres, ne peut plus faire face à la demande des chercheurs, des universitaires et des industriels. "La demande en puissance de calcul auprès de Prace et, au niveau français, auprès du Genci (Grand équipement national de calcul intensif) atteint un niveau deux à trois fois supérieur à ce que nous pouvons fournir", déplore Stéphane Requena, le directeur de l’innovation et de la technologie au Genci et membre du conseil de direction de Prace.

Le Genci double sa puissance installée tous les ans, mais cette croissance de l’offre reste insuffisante. Les infrastructures de Prace ne parviennent à absorber l’accroissement des besoins en simulation des utilisateurs traditionnels de la simulation (aéronautique, automobile, recherche fondamentale) et des nouveaux acteurs. L’énergie, la santé, le bâtiment, l’agriculture sont de plus en plus demandeurs et certains industriels, comme Valeo, L’Oréal et l’IFP énergies nouvelles, se sont alliés pour acheter d’onéreux supercalculateurs.

Autre signe alarmant, l’Europe du calcul s’est fait largement distancer par ses grands rivaux économiques. Ainsi, elle possède seulement 50 des 500 plus gros calculateurs mondiaux. "La course est rude[…]

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