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Suivez le "Guide du routard" intergalactique

MURIEL DE VÉRICOURT mvericourt@industrie-technologies.com
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© D.R.

Aiguillonnés par la curiosité, talonnés par une démographie galopante, épaulés par les progrès technologiques, nos descendants partiront vivre sur d'autres planètes. Du moins Alfred Vidal-Madjar le soutient-il avec un tranquille aplomb. L'astrophysicien propose même une promenade dans l'univers à la découverte de possibles résidences secondaires outre-Terre.

Migration interstellaire. Associez ces deux mots et vous passerez vraisemblablement pour un esprit puéril, un auteur de science-fiction ou un illuminé. Ce qui n'a pas l'air d'inquiéter outre mesure Alfred Vidal-Madjar. « On peut parfaitement faire de la futurologie en s'amusant, même si on sait qu'on dit sans doute des bêtises », affirme-t-il tranquillement, installé dans son bureau de l'Institut d'astrophysique de Paris. À l'entrée de cet antre, le visiteur peut admirer non pas un poster scientifique, mais une oeuvre d'art représentant une étoile sur laquelle il travaille. Sur la table trônent, entre des écrans d'ordinateur, d'impressionnantes piles de livres et de revues. Sans oublier quelques instruments optiques pour satellites, souvenirs de précédentes campagnes d'observation dans l'espace.

Les verrous technologiques vont sauter un à un

« Il faut le savoir : la recherche et la science consistent à énoncer des choses fausses, mais le plus proches possible de ce qu'on peut imaginer d'après l'état de nos connaissances. De toute façon, c'est en se trompant qu'on progresse ! » Mais le chercheur garde une conviction : ce qu'on imagine se révèle en général en deçà de la réalité, tant les progrès technologiques de l'humanité sont rapides et déroutants. Certains de ses collègues doutent que l'Homme parvienne un jour à s'installer ailleurs dans l'espace ? Pas lui. Et le chercheur d'inviter à se mettre dans la peau d'un homme du XIe siècle. En plein Moyen-Âge, pouvait-on seulement imaginer les moyens technologiques dont on disposerait mille ans plus tard ? Donc, aux yeux d'Alfred Vidal-Madjar, pas de doute. Les verrous technologiques ont beau nous paraître insurmontables, ils sauteront un à un. Il balaie même les arguments contraires du revers de la main : « Il faudra sûrement des piles à combustible qui marchent mieux, plus longtemps, ou encore des panneaux solaires plus grands et plus efficaces... Bref, rien d'infaisable, reprend-il. Et quand on saura se rendre sur Mars et au-delà, il n'y a aucune chance pour qu'on y renonce, c'est trop tentant ! »

Le spécialiste de l'observation des planètes a donc entrepris sans complexe de dresser l'inventaire des lieux où nous pourrions établir domicile à l'avenir. Il en a tiré un carnet de route, presque un Guide du routard intergalactique à destination des générations futures... À l'heure où l'Agence spatiale américaine s'interroge sur l'opportunité de renvoyer des vols habités sur la Lune à l'horizon 2020 et de chercher à atteindre Mars une trentaine d'années plus tard, le propos est peut-être moins fantaisiste qu'il ne semble. D'ailleurs, pour Alfred Vidal-Madjar, le fait que ses prédictions se réalisent en 2100, en 2500 ou en 3000 ne change pas grand-chose, un tel intervalle restant dérisoire à l'échelle des temps cosmiques...

« QUAND ON SAURA SE RENDRE SUR MARS, IL N'Y A AUCUNE CHANCE POUR QU'ON Y RENONCE, C'EST TROP TENTANT ! »

ALFRED VIDAL-MADJAR ASTROPHYSICIEN

Directeur de recherches au Centre national de la recherche scientifique (CNRS) et à l'Institut d'astrophysique de Paris (IAP), Alfred Vidal-Madjar est spécialiste de l'observation des planètes. Il a commencé sa carrière en traquant l'hydrogène émis par la Terre, avant de s'intéresser aux planètes extrasolaires qui se situent aujourd'hui au coeur de ses travaux. Il est l'auteur de deux autres ouvrages destinés au grand public : Il pleut des planètes, aux éditions Hachette Littératures (1999), et Sommes-nous seuls dans l'univers ?, chez Fayard (2000).

LE LIVRE

Où allons-nous vivre demain ? Éditions Hugo et Cie 170 pages 14,95 euros

ET AUSSI

Surviving 1 000 Centuries : Can we Do it ? Malgré un constat de départ similaire, les conclusions de Roger-Maurice Bonnet et Lodewyk Woltjer sont diamétralement opposées à celle d'Alfred Vidal-Madjar. Comme leur confrère, les auteurs soulignent que notre mode de vie risque de rendre la Terre invivable. Mais s'ils évoquent la colonisation d'autres planètes, c'est pour en souligner la difficulté. Avant de lancer un appel à s'appuyer sur les progrès technologiques pour s'occuper avant tout de la santé de notre Terre natale, pas si facile à remplacer.

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