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Stratégie nationale de recherche : la France peut mieux faire

Aurélie Barbaux

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Stratégie nationale de recherche : la France peut mieux faire

Le 22 février 2017, l'Office parlementaire d'évaluation des choix scientifiques et technologiques a remis son rapport d'évaluation sur la Stratégie nationale de recherche "France Europe 2020".

© Assemblee nationale

L’Office parlementaire d’évaluation des choix scientifiques et technologiques (OPECST) a remis sa première évaluation, prévue par la loi du 22 juillet 2013, de la stratégie nationale de recherche quinquennale "France Europe 2020" définie par le gouvernement en 2014.

Dans son rôle, l’Office parlementaire d’évaluation des choix scientifiques et technologiques (OPECST) a évalué la première stratégie nationale de recherche (SNR) « France Europe 2020 », établie par le gouvernement en 2014 pour 5 ans. Et le 22 février elle a remis son rapport et ses conclusions. Ces dernières, quoique policées, sont sans concession.

Trop limitée aux thèmatiques de recherche

Côté positif, l’OPESCT salue "la grande qualité" de la SNR structurée en dix défis sociétaux, quarante-et-une orientations scientifiques et quatorze programmes d’action, dont cinq prioritaires. Pour l’office, cet ensemble permet d’établir un état des lieux qui facilitera les évaluations à venir du chemin parcouru ou à parcourir. Mais c’est sûrement sa principale qualité. "Le principal mérite de la SNR est qu’elle s’inscrit dans le temps et qu’elle évoluera", a écrit l’Opesct. Car pour le reste, elle semble passer à côté de ses autres missions : pédagogie, éclairage et arbitrage des investissements publics et communication sur les enjeux essentiels de la Nation auprès du grand public. Sans parler de l’international.

Traduire en anglais la SNR, mais aussi la STRANES (l’équivalent de SNR pour l’enseignement supérieur) et le Livre blanc qui les complète, est d’ailleurs la première des 30 recommandations de l’Opesct pour un État stratège dans l’enseignement supérieur et la recherche. L’office demande surtout une consultation plus ouverte, aux partenaires sociaux et économiques, aux régions et à la société civile, pour établir la prochaine, dont le contenu devrait aussi être étendu aux questions d’organisation de la recherche, de valorisation et d’articulation avec l’enseignement supérieur, notamment. « La SNR doit aussi traiter de l’environnement de la recherche. Si on ne traite pas de ces questions, si on ne se focalise que sur les thématiques de recherche, on n’arrive pas à mettre en place une stratégie », estime Jean-Yves Le Déault, président de l’Opesct.

Déconnectée de son ecosystème

Certes, le Livre blanc, présenté par  Thierry Mandon le 31 janvier 2017, articule les travaux de la SNR et ceux de la StraNES et du Conseil national de la culture scientifique, technique et industrielle (CNCSTI), mais L’Opecst pense que "cette articulation n’est pas encore suffisante", qu’il faudrait "unifier l’élaboration de toutes les stratégies nationales de recherche, en évitant notamment que le volet énergie ne soit traité à part". L’office recommande aussi d’inclure les sciences des matériaux et la convergence NBIC dans les programmes d’action de la SNR. Mais appelle, dans le même temps, à plus de concision avec un conseil stratégique plus restreint autour du Premier ministre, et une réorganisation progressive de la SNR autour des défis sociétaux.

Il insiste surtout sur la nécessité absolue de valoriser les carrières de docteurs, comme prévu par la loi du 22 juillet 2013, mais "ne partage pas l’objectif de former vingt mille docteurs par an tant que l’emploi des docteurs dans la fonction publique ne se sera pas appliquée alors qu’un amendement le permettant a été voté". Sans parler de la reconnaissance du doctorat dans les conventions collectives… qui n’a toujours pas avancé ! "Malgré les tentatives de branches comme le Syntec, de l’IUMM et de la filière banque", reconnaît Jean-Yves Le Déault. Or la valorisation du doctorat est un marqueur fort d’un grand pays de recherche. Là aussi : peut mieux faire. 

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