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Start-up : privilégier le 'up' plutôt que le 'start' !

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Grenoble, 27 mai. Lors du Forum 4i, plusieurs intervenants ont insisté sur le fait que le capital risque devait plus s’intéresser à la progression des entreprises et pas seulement à leur création.

La société Beamind a été distinguée parmi douze projets présentés lors de la 7ème édition du Forum 4i le 27 mai à Grenoble à une trentaine de sociétés d’investissement. Une récompense qui suit le “Trophée amorçage“ déjà décroché par la société lors de Capital IT en avril dernier à Paris.

La société créée en novembre 2002 par Christophe Vaucher et Jean Jacques Aubert (Leti) se lance dans la conception, la fabrication et la vente de testeurs optoélectroniques laser pour circuit à haute densité destinés aux appareils électroniques nomades.

Reste que, malgré cette distinction, pour cette société récente, le gros problème est de trouver des capitaux pour assurer son développement. C’est le cas de toutes les start-up, et cette préoccupation était au cœur du débat de la table ronde sur le thème “Start-up européennes, quels financements“.

Edwige Avice, ancienne ministre et présidente de la Financière de Brienne rappelait qu’en matière d’innovation, l’Europe était surnommée “Death Valley“ ! Tout simplement parce que notre continent qui ne manque pas de centres de recherche et de laboratoires ne concrétise pas son innovation en sociétés en forte expansion qui font du chiffre d’affaires, dégagent des bénéfices et développent des emplois en Europe.

Une des raisons à cela est le manque de rationalité dans le financement des entreprises : « il existe une zone de 0,2 à 5 M€ dans laquelle le capital investissement ne va pas, il préfère les opérations de LBO plus grosses. Or on peut concilier intérêt général [sous entendu création d’emplois, soutien à l’innovation] et rentabilité, mais cela demande beaucoup de travail et de minutie. Grande Bretagne et Pays bas, pays très libéraux, ont des politiques publiques de relance qui ont pour principal effet le déclenchement des investissements privés.  explique Edwige Avice qui insiste sur le fait que le travail de financement des entreprises est trop cloisonné.  Il faut être capable d’intervenir après le deuxième ou troisième tour de table pour ne pas laisser des gens qui ont des moyens (et notamment des étrangers), racheter à vil prix des entreprises en plein développement. »

Albert Olivier président de CDC-PME enfonce le clou en disant que l’Europe aujourd’hui sacrifie l’investissement au fonctionnement et d’ajouter «on a trop morcelé les outils de financement, ce n’est plus la peine de créer de nouveaux fonds. Il faut plus de “up“ et moins de “start“. Faire émerger des jeunes pousses c’est bien, mais si on ne suit pas on fait des cimetières !  Il nous faut plus de gros succès en Europe, de jeunes sociétés qui dépassent le milliard de dollars.»

Tim Cook, qui dirige Isis Innovation en Grande Bretagne explique que les fonds publics doivent être placés de manière intelligente pour susciter les apports d’argent privé. Mais ceci demande un effort d’explication : il faut que ceux qui sont en charge de cet argent soient “bilingues“ c’est à dire comprennent le langage de la recherche et celui des affaires (investisseurs) pour amener les deux mondes à dialoguer réellement, un travail qu’il qualifie avec humour de “communication interplanétaire“.

Que peut-on faire en France aujourd’hui ?

Agnès Arcier sous-directrice à l’Economie et à l’Emploi à la Digitip (ministère des finances et de l’industrie) rappelle les différentes mesures fiscales et sociales mises à la disposition des jeunes entreprises innovantes, la création du statut SUIR société unipersonnelle d’investissement à risque et la rénovation du crédit impôt recherche (qui devrait renforcer l’aspet “up“).

René Pascal, administrateur de France Angels indique pour sa part que les business angels (investisseurs privés individuels) commencent à se structurer en France. Il insiste sur les bienfaits de cet argent “intelligent“ car ces financeurs qui misent leur argent personnel s’intéressent réellement à la vie et au succès des entreprises auxquelles ils participent. De plus ils couvrent le créneau compris entre le soutien familial et amical à un entrepreneur et les investisseurs institutionnels soit des montants de 100 à 400 k€.

Des réseaux se mettent en place comme à Lille, à Lyon (avril 2004) et à Grenoble (en cours), et fait nouveau ces réseaux se branchent avec leurs voisins immédiats pour jouer la proximité : Lille et la Belgique, les Alpes maritimes et l’Italie.

Nicolo Manaresi, jeune entrepreneur, responsable de Silicon Biosystems en Italie créée en 1999, rappelle la difficulté pour une PMI d’entrer dans un programme européen, situation qui empire entre le 5ème et le 6ème PCRD : il s’agit de gros projets qui intéressent de grosses entreprises, dans lesquels les jeunes entreprises risquent parfois leur vie.

On sentait vraiment lors des débats la volonté de surmonter cette impuissance européenne à créer des success stories.

Comme l’a bien résumé un participant anglais, «l’Europe a une diversité d’innovation fantastique et c’est sur cette diversité qu’il faut créer et pas chercher à imposer un modèle unique d’innovation. Il faut donc capitaliser sur cette notion de diversité, résoudre les problèmes de propriété intellectuelle (brevet européen, disparité des systèmes d’agrément de médicament etc), avoir des traducteurs entre les milieux scientifique et financier, mettre plus d’effort sur les sociétés existantes et pas seulement penser start-up, savoir financer à tous les échelons de la progression d’une société sans discontinuité, et trouver une bonne balance et une articulation entre financements public et privé.»

Un exemple de l’action en faveur des sociétés existantes est bien Jessica (introduction des Asic dans les PME) une action à laquelle ont participé plus de 2000 PMI. Elle arrive à son terme dans un an et demi. La relève est en cours comme l’indiquait Bernard Barbier directeur du Leti qui, en collaboration avec le Fraunhofer (Allemagne), le CSEM (suisse) et l’IMEC (Belgique) travaille au montage du programme Minatuse au sein d’Eureka pour que les PMI intègrent les nanotechnologies. Démarrage prévu fin 2005.

Christian Guyard

Pour en savoir plus
- Voir www.franceangels.org

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