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Spatial : coup d’accélérateur pour ISAR Aerospace et son petit lanceur européen

Alexandre Couto

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Spatial : coup d’accélérateur pour ISAR Aerospace et son petit lanceur européen

Propulsée par un mélange Lox-Propane, le petit lanceur d'ISAR Aerospace pourra emmener jusqu'à 1 tonne de charge utile vers l'orbite basse.

© ISAR

La société ISAR Aerospace a remporté le 30 avril la première place d’un concours organisé par les agences Spatiales européennes et allemandes. Cette distinction lui permettre d’accélérer son développement avec en ligne de mire un contrat de lancement avec l'agence allemande. Et témoigne de l’intérêt croissant du spatial européen pour les acteurs privés.

Pour le spatial européen, c’est un signal fort en direction des petits lanceurs privés. La société allemande ISAR Aerospace, qui développe la fusée Spectrum, a remporté le 30 avril la première place d’un concours organisé par les agences spatiales européenne (ESA) et allemande (DLR) à destination du secteur des micro et petits lanceurs.

L’entreprise bénéficiera d’une enveloppe de 11 millions d’euros pour accélérer son développement, et aura la DLR pour premier client. L’agence spatiale fournira en effet les satellites qui constitueront les deux premières charges utiles de la Spectrum, dont le premier vol est prévu pour 2022. C’est la première fois qu’un satellite d’une agence spatiale sera mis en orbite grâce à un acteur privé européen.

Sur les traces du partenariat entre SpaceX et la Nasa

Ce partenariat entre un acteur privé et une agence spatiale n’est pas sans rappeler le rapprochement entre SpaceX et la NASA aux Etats-Unis, de plus en plus érigé en modèle pour le spatial européen.

« Cela marque le début d’une nouvelle ère dans le domaine des vols spatiaux en Europe », s’enthousiasme Thomas Jarzombek, coordinateur du gouvernement fédéral pour la politique aérospatiale allemande dans un communiqué. « Nous posons les fondations de la nouvelle stratégie de l’ESA en matière de vols commerciaux. »

Du côté d’ISAR Aerospace, cette reconnaissance de la part des agences spatiales témoigne de l’intérêt croissant pour les solutions alternatives aux lanceurs traditionnels pour la mise en orbite de satellites de petites dimensions. Deux autres sociétés Outre-Rhin étaient en lice : Rocket Factory (RFA) et HyImpulse.

Une capacité d’emport d’une tonne

« Ce concours représente une étape importante pour nous, appuie Alexandre Dalloneau, responsable des missions et des lancements chez ISAR Aerospace. Il valide à la fois notre technologie et notre modèle économique. »

Avec une capacité d’emport de 1000 kg, le lanceur d’ISAR se situe dans la catégorie des petit lanceurs, au-dessus des micro-lanceurs  pouvant mettre en orbite des charges jusqu’à 500 kg. Ces fusées ont l’avantage de pouvoir mettre en orbite plus rapidement les satellites de moins d'une tonne, qui doivent généralement attendre une place secondaire dans les coiffes des lanceurs de plus grandes dimensions.

Prendre le créneau du lanceur Vega

« C’est une charge utile intéressante car nous sommes capable de mettre en orbite des constellations de petits satellites mais également des satellites plus conséquents, explique Alexandre Dalloneau. Nous sommes sur le même marché que le lanceur Vega, qui va partir à la retraite entre fin 2022 et 2023. Nous espérons prendre le relais ». Et pour un coût bien moindre : s’il faut compter près de 45 millions d’euros pour un lancement avec Vega, une mise en orbite avec Spectrum, qui utilise un mélange LOx-Propane, coûtera selon ISAR autour de 12 millions. Pour baisser encore davantage les coûts, la société voudrait rendre sa fusée réutilisable d’ici à 2024-2025.

Actuellement, il faut environ 6 mois pour construire le lanceur dont le moteur utilise de très nombreuses pièces imprimées en 3D. ISAR Aerospace espère réduire ce délai à 3 mois. Les lancements pourront être effectués soit depuis le centre de Kourou en Guyane, privilégié pour les orbites géostationnaires, soit depuis le port spatial d’Andoya, en Norvège. Ce dernier est plus favorable aux mises en orbite héliosynchrones ou polaires.

Un autre élément qui a joué en faveur d’ISAR Aerospace : Airbus Defence & Space s’est positionné, il y a quelques semaines, en tant que futur client. Un accord de lancement (launch agreement service) a ainsi été conclu avec le fabricant de satellites. Il couvre le lancement d’un satellite, dont le type est encore inconnu, sur la période 2023 – 2028, ainsi qu’une option sur 6 lancements additionnels.

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