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Avec deux astronautes à son bord, la capsule Crew Dragon de SpaceX s’amarre à l’ISS

Avec deux astronautes à son bord, la capsule Crew Dragon de SpaceX s’amarre à l’ISS

Fixée au sommet d'un lanceur Falcon 9, la capsule Crew Dragon doit emmener deux astronautes vers la Station spatiale internationale.

© Twitter / @NASA

La capsule Crew Dragon de SpaceX, qui embarquait deux astronautes américains, s’est amarrée avec succès à la station spatiale internationale vers 16h20 ce dimanche 31 mai. Une première pour une compagnie privée. L’événement marque également le retour des vols habités américains à destination de l’orbite basse.

La mission Demo-2 est un succès. Après un voyage de 19 heures à bord de la capsule Crew Dragon de SpaceX, les astronautes américains Bob Behneken et Doug Hurley ont rejoint ce dimanche 31 mai à 16h20 (heures en France métropolitaine) la station spatiale internationale (ISS) qui orbite à une altitude de 408 km.

 

 

C'est la première fois qu'une compagnie privée emmène un équipage vers la Station spatiale internationale. L'entreprise d'Elon Musk dote ainsi les Etats-Unis d'un moyen afin d'envoyer des missions habitées vers l'orbite basse.

La capsule a été lancée avec succès samedi 30 mai, vers 21h30, depuis le complexe de lancement 39A (LC-39A) du Centre spatial Kennedy (Floride, Etats-Unis) de l'agence spatiale américaine (Nasa). Le départ, initialement prévu le 27 mai, avait été annulée à 17 minutes de la mise à feu, à cause d'une météo jugée trop incertaine.

 

Suspense métérologique

Le 27 mai, pourtant, la procédure s'était déroulée comme prévue, malgré la météo peu clémente. Les deux astronautes ont enfilé leur combinaison, se sont rendus sur le pas de tir, puis se sont installés dans la capsule. La porte s'est fermée, la rampe d'embarquement s'est retirée, le carburant a été chargé.

Mais dans le même temps, les conditions météo étaient annoncées comme étant à 50 % favorables pour un lancement selon le 45th Weather Squadron qui fournit les prévisions. SpaceX avait évoqué une amélioration, tandis que l'administrateur de la Nasa, Jim Bridenstine, avait même indiqué, plein d'optimisme, sur Twitter : « We are go for launch ! ». Il avait toutefois tempéré en précisant que l'évolution de la météo continuerait à être observée avec attention.

 

Le lancement a été reprogrammé au samedi 30 mai et cette fois les conditions météo se sont restées favorables jusqu'au décollage et les astronautes ont rejoint l'ISS selon leur plan de vol. Ils resteront à bord de la station spatiale pour une durée encore non précisée, mais qui pourrait durer de un à quelques mois. Ils repartiront alors à bord de leur capsule qui rentrera dans l’atmosphère avant d’amerrir dans l’océan Atlantique à l'aide de parachutes, au large de la Floride.

Dernière étape avant la certification

Baptisée Demo-2, cette mission habitée a embarquée deux astronautes américains - Bob Behnken et Doug Hurley - à bord de la capsule Crew Dragon, développée par SpaceX, et propulsée par un lanceur Falcon 9, de SpaceX également, depuis un pas de tir de Floride. Si tout se passe bien, la capsule et le lanceur seront certifiés par la Nasa pour des missions habitées opérationnelles vers l’ISS. Les Etats-Unis disposeront alors de nouveau de leurs propres moyens pour envoyer des humains vers l'orbite basse.

Avec Boeing, SpaceX est engagé dans le programme des vols commerciaux avec équipage (Commercial Crew Program) de la Nasa. Avec ce programme lancé en 2014, les Etats-Unis cherchent un moyen d’envoyer de nouveau des humains vers l’orbite basse, par leurs propres moyens et depuis leur sol. Car depuis l’arrêt de la navette spatiale américaine en 2011, le lanceur russe Soyouz est le seul à assurer la relève des équipages de l’ISS. D’où une dépendance vis à vis de la Russie, et de ses tarifs. Pour y remédier, les deux entreprises ont été sélectionnées par la Nasa pour développer, chacun de leur côté, une capsule destinée à des vols habités. SpaceX a reçu 4,2 milliards de dollars, Boeing 2,6 milliards.

Une longue série de tests

Ce vol habité est l’aboutissement d’une longue série de tests pour SpaceX. Le 1er mai, l’entreprise a annoncé qu’elle avait conclu avec succès une série de près de 30 tests sur les parachutes qui équipent la capsule actuelle. Précédemment, un essai important a été le test en vol d’évacuation d’urgence le 19 janvier dernier (vidéo ci-dessous). Il intervenait après un essai statique des moteurs de la capsule le 13 novembre 2019. Ce dernier était en réalité une deuxième tentative, après un échec le 20 avril 2019 : le test s’était soldé par l’explosion de la capsule. En mai 2015, SpaceX avait également effectué avec succès un test de décollage de sa capsule seule, sans lanceur, depuis le pas de tir.

Boeing en difficulté

Ce n’est pas la première fois que la capsule Dragon s’envole vers l’ISS. En mars 2019, la mission Demo-1 a consisté à l’amarrer à l’ISS, mais sans équipage. Initialement prévue en janvier 2019, la mission embarquait 180 kg de matériel et un mannequin muni de capteurs. Elle était parvenue à s'amarrer à l'ISS et à revenir sur Terre sans problème. Chose que n’a pas réussi à faire Boeing en décembre 2019 avec sa capsule Starliner qui est, elle aussi, destinée à accueillir un équipage. Le 6 avril dernier, l’entreprise a annoncé qu’elle referait une tentative sans donner de date.

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