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Solystic joue les pionniers...

Jean-François Prevéraud
Le constructeur de machines de tri postal a saisi l'occasion de la refonte de son système de CAO pour intégrer conception, gestion de données techniques et ERP. À la clé : rigueur dans la qualité des études, meilleur suivi des modifications.

«Nous gérions depuis longtemps les nomenclatures avec notre progiciel de gestion intégré SAP, mais de manière manuelle, totalement déconnectée de nos outils de conception », raconte Gilbert Micaletti, directeur informatique de Solystic. L'entreprise a profité de l'évolution de son système de CAO-mécanique pour mettre fin à cette dichotomie et intégrer le tout avec un système de gestion de données techniques (GDT).

Voici donc Solystic aux portes du monde du PLM (gestion du cycle de vie produits). Ce n'est pas si fréquent pour une PMI. Ce qui l'est encore moins est son choix. Pour gérer ses données techniques, l'entreprise s'appuie en effet sur son progiciel de gestion SAP, en lieu et place des traditionnels systèmes spécifiques.

Les machines que fabrique Solystic - des systèmes de tri de lettres et de colis plats - sont des sortes de Meccano géants dépassant souvent les 35 mètres. Chaque fois, elles sont construites de toutes pièces en fonction des besoins propres au client. Toutefois ces besoins, bien que différents, sont similaires. « Nous adaptons donc le plus souvent des modules standard », explique Patrick Ours, le responsable du bureau d'études.

La phase d'étude

De fait, l'étude d'une machine demande de trois à six mois. L'approvisionnement des composants à long délai débute à la fin des six premières semaines d'étude. Celui des autres pièces, dont celles fabriquées sur plan en sous-traitance, est lancé au bout de quatre mois et demi. Il faut en moyenne deux mois pour assurer ensuite l'assemblage à blanc de la machine et un mois pour sa mise au point et ses essais.

Durant ce cycle, il est souvent nécessaire d'effectuer des modifications ou des adaptations et de les faire remonter vers le bureau d'études. « De fait, nos concepteurs ont toujours travaillé avec un outil de gestion à côté de leur poste de CAO. Lorsqu'ils créaient une pièce, ils allaient chercher un numéro dans la nomenclature gérée par le logiciel de gestion et le reportaient dans leur plan », souligne Jean-Marc Roux, responsable du projet PLM au bureau d'études.

Une interface efficace entre PGI et CAO

Seulement il n'y avait aucune liaison possible si ce n'est à travers l'opérateur. D'où des erreurs, des oublis, des doublons et des problèmes en cas de modification des pièces lors de la fabrication, préjudiciables à la qualité des études.

Cela justifie l'approche PLM. Mais qu'en est-il du choix d'un progiciel de gestion intégré (PGI) pour gérer les données techniques ? Pour le comprendre, il faut remonter à la source. La CAO a fait son entrée chez Solystic en 1985 pour la conception des circuits imprimés. Très vite le bureau d'études mécaniques a été doté de cinq postes Euclid. Une configuration qui atteint vingt-cinq postes aujourd'hui. Elle a été complétée par trois postes Cadds 5 pour la conception des armoires de commandes et des faisceaux électriques.

Tout allait donc pour le mieux jusqu'à l'annonce de la disparition programmée d'Euclid qui a conduit l'entreprise à envisager son remplacement dès 2001. « Nos critères étaient simples : trouver un logiciel capable de nous aider à augmenter notre productivité, de récupérer la majeure partie des développements faits sous Euclid et présentant une intégration forte avec R/3 de SAP », dit Gilbert Micaletti. L'entreprise sortait de la migration de ses outils de gestion intégrée propriétaire vers R/3 et a vite compris l'intérêt qu'il y avait à avoir une interface efficace entre CAO et PGI.

Cette indispensable liaison entre le PGI et le futur outil de CAO-mécanique a conduit à choisir Catia V5 de Dassault Systèmes. Le logiciel dispose en effet, avec CAD Desktop, d'une bonne interface avec R/3, développée en Allemagne par Cenit et commercialisée en France par Spring.

Restait à savoir comment gérer les données techniques. MDTVision, qui a assuré la migration d'Euclid vers Catia, préconisait le logiciel de gestion de données techniques SmarTeam. « Nous pensions que celui-ci ne disposait pas de liens suffisants avec la production et qu'il faudrait donc le placer en cascade entre la CAO et le PGI. De plus, il nous semblait manquer en standard d'une synchronisation efficace avec notre PGI », note Gilbert Micaletti.

Le passage à Catia

Résultat, Solystic a préféré utiliser le module DMS de R/3 pour gérer ses fichiers CAO et gérer les nomenclatures directement à partir de R/3.

Depuis janvier, l'entreprise est en phase de démarrage de cette nouvelle architecture. Cinq postes Euclid ont déjà basculé vers Catia V5 dans le cadre d'un nouveau développement. Le bon fonctionnement de cette architecture est évalué ainsi que les nouvelles méthodologies de travail qu'impose le passage à Catia. « En défrichant un maximum, nous réduirons la phase de transition globale cet été », espère Patrick Ours.

Concrètement, aujourd'hui le concepteur entre dans son projet via une fenêtre SAP dans laquelle il lance une session Catia. L'arbre de construction utilisé dans Catia est ensuite utilisé par R/3 pour créer la nomenclature. « Cela nous oblige à tout dessiner et pose encore de petits problèmes, par exemple en cas de variante de couleur des capotages », indique Jean-Marc Roux. L'arborescence Catia ne connaît en effet qu'une seule pièce, alors que le PGI doit gérer autant de références que de couleurs. De même, les demandes de modifications remontant de l'atelier doivent être centralisées et validées par un opérateur, avant d'être introduite dans le système, afin d'évaluer l'impact sur les cas d'emploi, les stocks de pièces, les ordres de fabrication, etc.

Reste que, quatre mois après le démarrage de la phase pilote, un premier bilan peut être tiré. « Le lien entre CAO et PGI est très efficace et l'on découvre encore des fonctionnalités. De plus, il comporte très peu de développements spécifiques », estime Gilbert Micaletti pour les aspects informatiques.

« Il est clair que la mise en place de nos nouveaux outils de CAO va nous permettre de réduire nos délais et d'améliorer la qualité de nos études. De même, la GDT va nous apporter une rigueur et une facilité de suivi des modifications, elles aussi bénéfiques à la qualité », estiment Patrick Ours et Jean-Marc Roux du côté du bureau d'études.

Tous estiment ainsi que ce projet, un investissement de l'ordre de 1,5 million d'euros, devrait atteindre son seuil de rentabilité dans une fourchette allant de neuf à dix-huit mois.

L'ENTREPRISE

Solystic - Filiale du groupe Northrop Grumman. - Spécialisée depuis 1950 dans les machines de tri de lettres et de colis plats, jusqu'à quinze objets par seconde. - Clients : les administrations postales et les spécialistes de l'acheminement rapide. - Établie à Gentilly (Val-de-Marne) avec une usine à Bourg-Lès-Valence (Drôme), la société a réalisé un chiffre d'affaires de 76,5 millions d'euros en 2003 avec 640 collaborateurs.

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