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SolidWorks est mort ! Vive Dassault Systèmes SolidWorks !

Industrie et  Technologies

Cap sur Barcelone cette semaine pour la présentation mondiale de SolidWorks 2009. Une version dans la droite ligne de la précédente, mais surtout un réalignement de la filiale sur la maison-mère.

C'est sous le chaud soleil de Catalogne que la filiale américaine de Dassault Systèmes avait décidé de présenter, à une centaine de journalistes et analystes venu du monde entier, la dernière mouture de son logiciel SolidWorks 2009.


« Puisque l'Europe représente maintenant 42 % de nos revenus, contre 40 % pour les Amériques et 18 % pour l'Asie Pacifique, il nous a semblé logique de remercier nos clients européens en organisant cet événement au plus près de chez eux », a explique d'entrée de jeu Jeff Ray, CEO de SolidWorks.

Il a ensuite justifié l'écoute que SolidWorks accorde à ses clients : « 50 % des utilisateurs de nos produits passent au moins 70 % de leurs journées de travail à se servir de nos outils. Il faut donc que ceux-ci répondent parfaitement à leurs attentes et soient d'une qualité irréprochable. C'est pourquoi 92 % des nouvelles fonctionnalités de la version que vous allez découvrir sont issus de demandes clients. Si l'on veut résumer leurs attentes, elles sont de trois ordres : pouvoir se focaliser sur la conception et non l'utilisation d'un outil de conception ; pouvoir réaliser leurs projets plus rapidement ; améliorer la qualité de leurs projets, notamment en utilisant des outils d'analyse ».

Mais si SolidWorks entend répondre aux attentes de ses clients, il veut aussi tenir compte des évolutions du monde. C'est pourquoi il a mis en place une structure de R&D à trois niveaux. SolidWorks Research est à l'affût des nouvelles technologies qui pourraient un jour être utilisées dans les logiciels de la maison, sans être focalisé sur ce qu'est un logiciel de CAO aujourd'hui. SolidWorks Lab a pour mission de définir le contenu des futures versions, d'en créer les prototypes et de les faire évaluer par des clients-tests. Enfin, SolidWorks Development assure le développement des prochaines versions et y intègre notamment les demandes des clients. Il est aussi le garant de la qualité des versions.

SolidWorks bientôt en ligne ?

Parmi les pistes évoquées pour le futur de SolidWorks, Jeff Ray a mentionné un déploiement simplifié des versions de logiciels, ainsi que la mise à disposition immédiate des up-date et des nouvelles fonctionnalités. On ne peut alors s'empêcher de penser à une disponibilité en ligne de SolidWorks, un peu comme le sera Catia V6. Il a même poussé plus loin le parallèle entre les deux sociétés : « Nous partageons la même vision des besoins des utilisateurs et des technologies qui nous permettront de les aider à concevoir de meilleurs produits, même si nos logiciels sont différents. On peut faire l'analogie avec BMW et Mini qui partage une philosophie similaire de l'automobile, s'échangent des composants et proposent pourtant des voitures dans des segments de marché différents ».

Reste que pour bien marquer son appartenance au groupe, SolidWorks s'appellera maintenant Dassault Systèmes SolidWorks, changeant au passage de logo pour intégrer le 3DS. Une opération qui permettra aussi à Dassault Systèmes de bénéficier de la notoriété de SolidWorks, car Goliath a besoin de David. SolidWorks représente en effet maintenant 20 % des revenus de Dassault Systèmes. Mais cette annonce était aussi une manière élégante de céder la parole à Bernard Charlès, CEO de Dassault Systèmes, qui avait fait le déplacement à Barcelone.

Une vision sur le long terme

Celui-ci après avoir rappelé les grandes orientations du groupe, notamment le 3D pour tous, le PLM 2.0 en ligne, l'approche Eco² (EcoSystème pour un EcoDeSign), l'expérimentation de l'utilisation de produits encore virtuels, a mis en avant la pérennité du groupe Dassault détenu à plus de 50 % par la famille Dassault. « Cela nous apporte une pérennité qui est accompagnée d'une réelle vision à long terme. C'est ce qui nous a permis d'acheter en 1997 SolidWorks en mettant sur la table 310 M$ pour une société de 50 personnes qui réalisait un chiffre d'affaires de 7 M$. Nos concurrents n'envisageaient alors une acquisition de SolidWorks que pour tuer dans l'Å“uf une technologie qu'ils voyaient comme un concurrent de leur propre offre. Ils privilégiaient leur "logique" financière par rapport aux intérêts des utilisateurs ».

Au jeu des questions réponses qui ont suivi, les deux CEO ont confirmé l'arrivée d'une version On Line de SolidWorks sans pour autant donner de date de sortie : « Elle bénéficiera de l'expérience de la V6 et nous tiendrons compte des attentes de notre réseau commercial qui est l'une de nos forces ». Autre confirmation, SolidWorks va s'intéresser à de nouveaux marchés tout en restant proche des environnements de conception. La rhéologie pourrait être l'un de ceux-là. « Nous aussi nous avions regardé Moldflow, mais c'est une technologie d'ancienne génération. Nous préférons nous tourner vers l'avenir et vous devriez avoir prochainement une bonne surprise au sein de la gamme Simulia, qui sera utilisable par l'ensemble des outils de conception du groupe », affirme Bernard Charlès.

Bertrand Sicot, Executive Vice-President Worldwide Sales, a ensuite rappelé les grandes lignes de l'entreprise : « Notre chiffre d'affaires a été de 350 M$ en 2007 (+22 %), dégageant une marge d'exploitation de 130 M$. Notre base installée s'est accrue de 48 000 postes en 2007 et elle s'est déjà accrue de 27 000 postes sur le premier semestre 2008. Elle atteignait fin juin 840 000 postes dont 338 000 dans l'industrie, le reste étant dans l'éducation. La part de la simulation et de la GDT s'accroît dans nos ventes. Elle est ainsi passée de 8 % en 2005 à 11 % en 2007 ».

SolidWorks 2009 : les nouveautés

Quelques présentations de clients plus tard, nous avons pu enfin découvrir la version 2009 de SolidWorks. Comme on pouvait s'y attendre les nouveautés sont regroupées suivant les trois grands chapitres évoqués le matin même par Jeff Ray : réalisation plus rapide des projets ; amélioration de la qualité des projets ; focalisation sur la conception et non l'utilisation d'un outil de conception.

Côté amélioration des performances, on nous annonce un gain moyen de 65 % par rapport à SolidWorks 2008 sur la conception et la documentation des grands assemblages, grâce à de nombreuses améliorations des fonctionnalités existantes. Cela passe aussi par une meilleure gestion des performances des matériels utilisés, de meilleurs algorithmes de récupération des données et une optimisation des principaux "workflow standard" utilisés par les concepteurs (création de coupes, de sections, de projections, d'isométriques, de détails, modification de cotes, ouverture et sauvegarde de
fichiers, mise en plans, etc.).

Notons l'apparition d'une approche baptisée SpeedPak pour la manipulation des assemblages complexes qui permet de réduire considérablement la quantité de mémoire requise sur l'ordinateur, tout en conservant un niveau de détail graphique et d'associativité total. De ce fait, les utilisateurs ont la possibilité de construire et de manipuler de grands assemblages et mises en plan en bénéficiant de performances très élevées. J'ai ainsi apprécié l'apparition d'une "View Bubble" sorte de loupe que l'on promène sur un ensemble et qui ne laisse apparaître que les pièces que l'on a préalablement définies. Il devient ainsi très facile de visualiser les détails du bâti d'une machine spéciale pourtant surchargée d'équipements.

Cette version voit aussi l'arrivée de nouvelles fonctions dans la conception de pièces plastiques (création automatique de rebords de positionnement pour pièces complémentaires) et en tôlerie. Notons enfin, l'intégration de 3DVia Composer (issu de la reprise de Seemage par Dassault Systèmes), qui facilite la réutilisation des données de conception 3D pour la création de la documentation des produits.

L'amélioration de la qualité des projets repose essentiellement sur une meilleure intégration entre la conception et la simulation. Cette version dispose ainsi d'un assistant qui vous aide à mettre en place une démarche de simulation, sans que vous soyez un expert en calcul. Des "capteurs" avertissent l'utilisateur lorsque des pièces ou des assemblages s'écartent des limites qu'il a définies. Ceux-ci peuvent être définis à tout moment au cours du processus de conception, par rapport à une contrainte, un déplacement, le poids, une mesure, une interférence ou des données de simulation. SolidWorks 2009 présente aussi une nouvelle fonction concernant la qualité : la vérification du jeu dans l'assemblage. Ceci permet aux concepteurs de spécifier autour des pièces des zones interdites en raison des exigences de fonctionnement (chaleur, électromagnétisme, etc.).

Enfin, cette version dispose d'une meilleure communication avec le monde de la mécatronique, grâce à l'intégration de CircuitWorks (issu de l'acquisition de l'éditeur britannique Priware en mars dernier). L'implantation en 3D des cartes électroniques et des câbles de liaison dans des ensembles mécaniques en est grandement facilité.

Dernier point, la focalisation sur la conception est amélioré par ; une gestion plus simple des mises en plans ; un accès plus facile aux nomenclatures ; une amélioration du module de rendu réaliste, qui est accessible à n'importe quel stade de la conception.

SolidWorks Enterprise PDM 2009

Côté GDT, le logiciel SolidWorks Enterprise PDM, qui permet de partager, gérer et réutiliser de manière sécurisée des données techniques à l'échelle de l'entreprise, bénéficie lui aussi de nombreuses évolutions. Directement intégré dans l'outil de CAO, le concepteur bénéficie pour chaque pièce à l'écran, sans ouvrir de fichier spécifique, d'une fiche aperçu reprenant ses caractéristiques. Il devient alors par exemple très facile de comparer deux versions de pièces.
De même, les nomenclatures créées dans SolidWorks sont directement transmises à SolidWorks Enterprise PDM et les modifications effectuées sur les assemblages entraînent leur mise à jour automatique. Ces nomenclatures sont aussi exportables en format XML vers les outils d'ERP.

Bref, la cuvée 2009 des outils de SolidWorks sera plus performante que la précédente. Mais au-delà des détails que vous pouvez retrouver sur le site de l'éditeur, il est intéressant de noter le réalignement de SolidWorks dans l'offre de Dassault Systèmes. Certes, nous n'en sommes pas encore à une interopérabilité totale entre SolidWorks et Catia, qui utilisent des structures de données et des modeleurs différents, mais le groupe entend jouer au mieux la carte de la complémentarité et du partage de technologies entre ses deux produits phare.

Et il est amusant d'entendre Dassault Systèmes dire qu'il veut bénéficier de la notoriété de SolidWorks. Belle réussite pour Jon Hirschtick, le père de SolidWorks, qui m'avait montré les prémisses de ce qu'il voulait faire, il y a 20 ans dans son laboratoire de CAO au MIT.

A la semaine prochaine

Pour en savoir plus : http://www.solidworks.fr

Jean-François Prevéraud, journaliste à Industrie & Technologies et l'Usine Nouvelle, suit depuis plus de 27 ans l'informatique industrielle et plus particulièrement les applications destinées au monde de la conception (CFAO, GDT, Calcul/Simulation, PLM...). Il a été à l'origine de la lettre bimensuelle Systèmes d'Informations Technologiques, qui a été intégrée à cette lettre Web hebdomadaire, dont il est maintenant le rédacteur en chef.

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