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Solid Edge V20 : pourquoi dépenser plus ?

Industrie et  Technologies
J'ai pu tester cette semaine la nouvelle version du logiciel de milieu de gamme de Siemens PLM Software. Elle a tout d'une grande !


Rendez-vous dans les nouveaux locaux de Siemens PLM Solutions à Vélizy, à l'ombre du futur siège social de Dassault Systèmes dont le pharaonique gros œuvre, 85 000 m² de plancher, vient tout juste d'être terminé. Il faut dire que Vélizy est en passe de devenir PLM Valley puisque sur quelques km² on retrouve les sièges français de Dassault Systèmes et Siemens PLM Solutions, mais aussi PTC, Cadence, Mentor Graphics, Sun, ainsi des bureaux des principaux autres acteurs. Il ne manque plus qu'Autodesk et le panel sera complet.

Solid Edge est le logiciel de CAO de milieu de gamme qui est au cœur de l'offre Velocity Series de Siemens PLM Solution (Ex UGS), dont la cible principale est les PME-PMI. 94 000 licences industrielles ont été vendues dans le monde (12 300 en 2006), dont 60 % en Europe, et plus de 200 000 licences sont en service au sein de l'éducation. Le secteur de la machine spéciale en est le plus gros consommateur avec plus d'un tiers des ventes. Notons enfin que Solid Edge utilise le noyau Parasolid, tout comme NX le produit haut de gamme de Siemens PLM Solution, ce qui facilite les échanges entre les deux solutions. Une fonctionnalité que nombre d'industriels ont saisie afin d'adapter le logiciel utilisé aux besoins réels de chacun de leurs postes de travail, sans avoir trop à se soucier des échanges de données.

Avec cette nouvelle version V20 de Solid Edge, l'éditeur met l'accent sur trois thèmes clés : la conception collaborative au travers de l'ensemble de la chaîne de valeur avec l'appui du PLM ; la poursuite de l'investissement dans le domaine des assemblages massifs ; les améliorations centrées sur la productivité.

Lever les freins au déploiement du PLM dans les PME

« Les enquêtes menées auprès des PME mettent en avant deux freins majeurs au déploiement réussi d'un système de GDT : le coût global et l'acceptation par les utilisateurs. De plus, il faut y ajouter bien souvent la dégradation des performances liée au stockage à distance, l'intégration avec le reste de l'informatique de l'entreprise, etc. Des points qui sont d'autant plus critiques que les PME ne disposent pas d'un véritable service informatique pour y faire face », explique Pascal Devatine, responsable produit Solid Edge chez Siemens PLM Solution.

Autant d'obstacles que Solid Edge V20 devrait surmonter grâce au support de l'architecture SOA (Service Oriented Architecture) de l'outil associé de GDT, Teamcenter. Le logiciel de conception accède ainsi à une base de données centralisée sur un serveur unique à travers un réseau WAN, ce qui évite le recours à des serveurs synchronisés sur chacun des sites, tout en garantissant la performance et l'intégrité des transactions. « En examinant les méthodes de travail de nos clients, nous avons pu limiter la richesse de l'information à transférer à la juste valeur et déporter chacune des tâches à réaliser sur les méta données au bon service. Au niveau des fichiers, la technologie FMS, basée sur un système de caches, nous permet de les synchroniser de manière transparente pour l'utilisateur ». Cela se traduit dans Solid Edge V20 par l'interface Structure Editor qui, par un accès direct à la GDT, facilite la réutilisation d'éléments ou d'assemblages existants lors de la conception de nouveaux projets. « Autant d'avantages qui devraient faciliter le déploiement d'une approche PLM dans les PME », espère Pascal Devatine.



Cette version met aussi l'accent sur la collaboration autour du format JT, issu d'UGS et promu comme l'un des standards d'échange de donnés du marché PLM. « JT est un sujet très important pour nos clients même s'ils ne le savent pas encore », prévient Pascal Devatine. Les pièces et les assemblages au format JT sont maintenant directement ouverts par Solid Edge, même lors de l'insertion d'une copie de pièce. La structure de l'assemblage étant reconnue et maintenue. Les fichiers JT pouvant contenir des modèles exacts B-Rep, facettisés ou mixtes, Solid Edge utilise par défaut le niveau d'information le plus élevé et maintient l'associativité avec le fichier JT d'origine. Ainsi un sous-traitant qui reçoit un assemblage CAO d'un donneur d'ordres peut, si ce n'est déjà fait, le convertir en JT, l'ouvrir et le retravailler dans Solid Edge, puis l'exporter en JT ou en format natif vers son donneur d'ordres. « L'ensemble des acteurs de la chaîne de création de valeur peut ainsi partager non seulement des modèles 3D complexes, mais aussi le niveau d'intelligence qui est le plus adapté à leur tâche quotidienne ».

Du sous-ensemble à l'usine complète

Si Solid Edge avait été vu lors de sa création comme un logiciel permettant de travailler sur des assemblages modestes, force est de constater que ses progrès techniques et la ténacité des utilisateurs en ont fait un outil capable de travailler maintenant sur la conception d'usines complètes. Parti de la conception de la simple machine, Solid Edge est maintenant capable d'en assurer l'implantation dans une ligne de production, voire de créer l'ensemble de l'atelier ou de l'usine où elle sera utilisée. Pour réduire les temps de réponse sur ces très grands assemblages, Solid Edge dispose de fonctionnalités telle que Zone qui permet d'en isoler une partie et de n'afficher que les composants concernés. De même, cette version peut capturer des sous-ensembles, puis les dupliquer et les réimplanter dans une autre partie du projet, tout en gardant les relations internes et en respectant des règles et des points clés d'implantation. Une fonctionnalité qui devrait particulièrement intéresser les concepteurs chargés d'implanter des convoyeurs modulaires ou encore des robots en bord de ligne de production.

Notons enfin l'accent mis sur la mise en plans, surtout pour les grands assemblages où les temps d'ouverture et la taille des fichiers ont été largement revus à la baisse.

A l'instar de ce que font d'autres éditeurs, Siemens PLM Solution entend aider les utilisateurs actuels d'outils 2D à passer au 3D. Pour cela il propose de télécharger gratuitement Solid Edge 2D Drafting, un outil complet disposant de toutes les fonctionnalités 2D de Solid Edge et qui n'est pas limité en taille de fichiers sauvegardés. La seule contrainte de cet outil gratuit est l'obligation de renouveler tous les ans la licence, à moins que vous ne préfériez payer une maintenance d'un euro par jour.

Bien évidemment cette offre vise les utilisateurs d'Autocad 2D, et entend les faire passer rapidement vers Solid Edge Design & Drafting où ils disposeront en plus de la modélisation 3D de base, de la capacité de traiter des grands assemblages et d'en faire la mise en plan. Une étape vers Solid Edge Foundation qui apporte en plus la modélisation 3D avancée, le surfacique avancé, ainsi que des modules métiers (tôlerie, soudure...) et une ouverture vers la simulation. En haut de la pyramide se trouve Solid Edge Classic qui intègre, entre autre, la simulation Femap Express. Dans le cadre de Velocity Series, cette version peut alors collaborer avec Femap pour la simulation avancée, NX CAM Express pour la FAO, et Teamcenter Express pour la GDT.

On se demande alors pourquoi les PME dépenseraient plus en s'orientant vers de systèmes plus lourds ?

A la semaine prochaine.

Pour en savoir plus : http://www.solidedge.com/v20 

Jean-François Prevéraud, journaliste à Industrie & Technologies et l'Usine Nouvelle, suit depuis plus de 26 ans l'informatique industrielle et plus particulièrement les applications destinées au monde de la conception (CFAO, GDT, Calcul/Simulation, PLM...). Il a été à l'origine de la lettre bimensuelle Systèmes d'Informations Technologiques, qui a été intégrée à cette lettre Web hebdomadaire, dont il est maintenant le rédacteur en chef.



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