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Snecma : le Fablab accompagne l'innovation ... service compris

Philippe Passebon
Snecma : le Fablab accompagne l'innovation ... service compris

Fablabs : espace d'échange d'information ou de prototypage rapide ?

© snecma

L'imprimante 3D est au centre de tout fablab qui se respecte. C'est le cas à la Snecma, même si le lieu, qui se veut catalyseur d'innovations non seulement dans le domaine des produits, mais aussi dans celui des services, abrite des activités variées, dont certaines sont davantage de l'ordre du brainstorming. Une approche commune à beaucoup d'entreprises, désireuses avant tout, lorsqu'elles créent un espace appelé fablab, de stimuler la créativité des salariés. Quitte à se démarquer de la définition originelle de ces espaces, édictée par le MIT. Reportage.  

Bien visible depuis le site historique d’assemblage des moteurs d’avions de Snecma et séparé de seulement quelques kilomètres à travers champs, le site de Montereau-sur-le-jard (Seine et Marne) dédié au "business developpement", accueille depuis un an le Fablab de 236 m² de l’Atelier Innovation Services (AIS).

Un fablab ? Dans sa définition originelle, il s'agit d'une plate-forme de prototypage rapide d’objets physiques, "intelligents" ou non. L’idée principale est de passer rapidement du concept au prototype, en misant sur l'impression 3D. C'est bien ce que fait la Snecma, même si son fablab permet aussi la maturation de projets liés à des innovations dans le domaine des services, dans lesquels le prototypage physique "d’objets" est parfois moins central.

A l’intérieur, les locaux sont conviviaux. Plusieurs espaces séparés par des baies vitrées - une salle de réunion, une salle informatique - entourent une salle centrale plus large. C’est dans ce bâtiment que l’AIS, lancé en 2012 en mode "garage" sur le site de Villaroche, puis déménagé en juin 2014 à Montereau, entend redonner l’opportunité à l’entreprise de « casser les séparations entre ceux qui ont les idées et ceux qui les font ». L’objectif est de permettre aux personnes motivées de l’entreprise de venir développer et tester leurs idées. Une équipe de deux designers, d’un développeur, d’un ingénieur de la donnée et d’un ingénieur cogniticien les accompagne dans leur démarche.


                      La salle principale du fablab en vue panoramique.

L’importance est surtout donnée aux compétences recrutées

Une démarche qui s'appuie sur des outils de fabrication variés, dont l'incontournable imprimante 3D, une découpeuse vinyle, des plates-formes de prototypage électroniques (Arduino, Raspberry Pi…), des legos ou encore du carton plume mais aussi, voire surtout, sur des outils numériques. Dans l’espace central, des fauteuils sont alignés devant un écran de la taille du mur, dédié à la présentation des projets. C’est qu’avant d’être un lieu de prototypage des idées, le fablab de Snecma est un lieu de recherche, dans lequel le prototypage n’est pas toujours nécessaire. « L’investissement de  Snecma tient avant tout aux compétences engagées dans l’équipe », explique Fabrice Poussière,  qui la dirige.

               
                   L'imprimante 3D, accessoire incontournable des fablabs

"Prototyper" les services

Le lieu même n’a d'ailleurs pas l’aspect d’un atelier. Son aménagement est réfléchi pour favoriser la communication entre les personnes, et l’expression des idées. Et si la fabrication concrète peut épauler les projets, certaines activités abritées par le fablab tiennent davantage du "brainstorming". De fait, le fablab est hébergé par l’Atelier Innovations Services, qui dépend lui-même du service de "business developpement", l'idée étant de porter l'innovation au-delà des seuls produits, dans le domaine des services, pour offrir de la valeur au marché.

                
                                    Le grand écran de la salle principale

On ne trouve dans l’équipe aucun ingénieur responsable de la fabrication additive, mais un ingénieur expert dans l’analyse des données, un spécialiste des systèmes d’information, des designers, ou même une ingénieur cogniticien, Jade Guyen. Celle-ci nous explique son travail au quotidien : « Notre idée est de connaître les compagnies aériennes. Mon rôle est de suivre les personnels des compagnies aériennes, par exemple le mécanicien, afin de comprendre son travail et de pouvoir m’en faire une représentation ». Afin, à terme d’identifier en interne quel nouveau service proposer,  puis développer celui-ci dans un esprit de "co-innovation".

« Notre but est de donner envie aux clients de se projeter dans notre offre de service et de leur montrer quelle valeur nous pouvons leur apporter, continue Jade Guyen. Nous ne lui donnons pas le projet mature, mais passons par un "story-board" qui met en scène l’utilisation d’un service que l’on souhaite mettre au point ». Chaque partie prenante est ainsi représentée au moment où elle est censée intervenir. Ce n’est qu’au fur et à mesure de l’intérêt croissant du client et de ses retours que le prototypage apparaît. Un prototype d’endoscopie à distance pour faciliter la vérification de l’état des moteurs a ainsi été conçu avec la compagnie Lux Air. Ici, l’impression 3D a été utile pour fabriquer le boîtier plastique qui permet de contenir le système d'endoscopie.

S'appuyant sur l'expérience de l’Atelier Innovation Services, la Snecma devrait mettre en place un "Atelier Innovation Produits" centré sur la conception des moteurs, dans lequel le rôle des outils de prototypage rapide devrait être central.

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