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Smart City : quand les données irriguent la ville

Smart City : quand les données irriguent la ville

La Mairie de Paris dispose de son propre datacenter afin de garder la main sur ses données.

En s’imposant au cœur des villes intelligentes, les données ouvrent la voie à de nouveaux services améliorant l’écosystème urbain. Enjeu de pouvoir, elles représentent un marché d’avenir qui attise les convoitises. Collectivités, délégataires de service public et géants du numérique sont sur les rangs, tandis que l’open data fait valoir sa transparence.

Au même titre que l’énergie, l’eau et les déchets, les données sont devenues un flux essentiel au fonctionnement des villes. » Pour Emmanuel Schneider, expert des projets de smart city chez Cisco, la ville intelligente est passée du concept à la réalité. Et ce, grâce à la prise de conscience de l’enjeu que représentent les données par l’ensemble des acteurs concernés, municipalités en tête. « Aujourd’hui, les échanges sont plus aisés, car tout le monde comprend la valeur de la donnée. Nous sommes arrivés à un point de bascule où la numérisation des services devient une évidence », constate l’expert. L’approche par la donnée apporte un nouveau souffle aux projets de smart cities. À l’origine, ceux qui étaient portés par les géants de l’informatique, notamment IBM avec son programme Smarter cities, avaient peiné à s’ériger en modèles, en particulier en France.

« Les premiers concepts de smart city étaient bâtis sur une vision très technicienne et centralisée, orientée essentiellement sur l’optimisation des services », souligne Jean-Philippe Clément, chief data officer à la Mairie de Paris. Ils proposaient des villes ordinateurs qui ont abouti, selon Carlos Moreno, professeur des universités et spécialiste de la ville intelligente et des systèmes complexes, à des vitrines technologiques déshumanisées. « Ces technocités de la première génération ne tenaient pas compte de l’écosystème urbain où le social, l’économie et la technologie convergent pour générer de l’intelligence. » En traduisant précisément la vie de cet écosystème, les données peuvent aider la ville à s’épanouir plutôt que lui imposer un cadre technologique étouffant.

C’est la multiplication des sources de données, ces dernières années, qui a permis cette bascule. Administrations, délégataires du service public, entreprises, fournisseurs d’équipements urbains connectés et même citoyens via leurs smartphones… Chaque acteur de l’écosystème urbain est désormais en mesure de produire des données sur son activité… que la municipalité cherche à obtenir. Cependant, le déploiement de capteurs sur le terrain s’effectue avec parcimonie, aussi bien à cause de la protection des données que des difficultés des collectivités à gérer les réseaux d’information associés [lire page 36]. Actuellement, les capteurs sont principalement cantonnés à quelques quartiers ou à certains services que la ville souhaite placer sous surveillance. « Pour équiper la ville de capteurs, nous partons généralement d’un besoin spécifique exprimé par les collectivités, souligne Johan Tulmets, chef de service smart city chez Bouygues Énergies et Services. Le type et le nombre de capteurs dépendent essentiellement du cas d’usage. » On est donc encore loin de l’image d’une ville entièrement connectée. Ces déploiements ciblés constituent néanmoins un premier pas, instaurant des flux de données réguliers qui pourront former la base d’une collecte plus systématisée, destinée à converger dans un lac de données.

Un gisement pour les villes… et les géants du numérique

Les délégataires des services publics (DSP) sont en première ligne pour récolter les données de la gestion de l’eau, de l’énergie, des déchets… Depuis l’entrée en vigueur, en mai 2018, du règlement général sur la protection des données (RGPD), ces prestataires sont considérés comme des sous-traitants. Ils collectent les données, parfois à caractère personnel, pour le compte de municipalités. Mais celles-ci n’entendent pas se laisser déposséder. Pour conserver la souveraineté sur ces données, certaines se dotent[…]

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