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Six véhicules autonomes testés sur le campus de l’EPFL

Juliette Raynal
Six véhicules autonomes testés sur le campus de l’EPFL

Jusqu'au 30 juin prochain, six navettes autonomes circuleront sur le campus de l'EPFL.

© BestMile - Alain Herzog

Dans le cadre du projet européen CityMobil2, six navettes autonomes ont été déployées sur le campus de l'Ecole polytechnique fédérale de Lausanne. Les tests visent notamment à valider les technologies embarquées et à apporter des adaptations réglementaires pour un déploiement à plus grande échelle. C'est la start-up BestMile qui gère, grâce à son logiciel, la gestion en temps réel de la flotte. 

« Les véhicules sans chauffeur sauveront des millions de vies ! » a assuré hier Ray Kurzweil lors de la conférence annuelle de la Société des ingénieurs automobiles américaine (SAE) qui s’est tenue à Détroit. Malgré cet enthousiasme, le directeur de l’ingénierie de Google, n’a pas su donner de date précise de l’introduction de ce type de véhicules sur le réseau routier... Cependant, la firme de Mountain View n’est pas la seule à plancher sur les voitures autonomes et les prochaines avancées pourraient bien émerger en dehors de la Silicon Valley.  En effet, depuis quelques jours, six véhicules sans chauffeur circulent dans les allées du campus de l’Ecole polytechnique fédérale de Lausanne (EPFL).

Ces navettes autonomes, pouvant accueillir dix personnes et se déplacer à une vitesse maximale de 20 km/h, ont été déployées dans le cadre d’une expérimentation grandeur nature pilotée par le projet européen CityMobil2, financée à hauteur de 9,2 millions d’euros sur quatre ans. Cette initiative vise à compléter l’offre de transports publics classique pour répondre à la problématique du dernier kilomètre parcouru.

BestMile : le chef d’orchestre des véhicules autonomes

Développées par le fabricant français EasyMile, les navettes sont dotées de systèmes laser pour se déplacer et détecter les éventuels obstacles. La start-up suisse BestMile se charge, quant à elle, de la gestion de la flotte. « Notre logiciel permet de transformer des  robots en vrai système de transports publics utilisable », explique Raphaël  Gindrat, cofondateur de la jeune pousse. Le travail de BestMile se divise en deux parties. En amont, la planification : « A partir de la cartographie réalisée par notre partenaire roboticien, nous intégrons les trajectoires du véhicule autonome dans notre logiciel, puis nous définissons des règles de circulation et réalisons des simulations pour savoir, par exemple, à quel moment les véhicules vont se croiser » détaille l’entrepreneur.

Une fois les véhicules en fonction, l’enjeu consiste à gérer et optimiser leurs déplacements en temps réel. Grâce à des cartes SIM connectées au réseau 3G ou 4G intégrées dans les navettes, le logiciel de la start-up BestMile va pouvoir donner des ordres en temps réel par l’intermédiaire de ses serveurs. « Nous envoyons, par exemple, des points de passage avec des ordres de vitesse ou encore des réservations de slot pour gérer le croisement de deux navettes », indique Raphaël Gindrat. La plus grande difficulté consiste ici à s’adapter aux aléas générés par le partage des infrastructures avec les voies piétonnes, le réseau routier, les stationnements gênants, les arrêts de camions de livraisons, le passage des éboueurs, etc.

Le rôle clé de la cartographie

Cette phase d’expérimentation prendra fin le 30 juin prochain et vise à valider la technologie embarquée, démontrer que le système fonctionne, proposer des adaptations règlementaires et étudier l’acceptation des utilisateurs face à ces nouveaux modes de transport. De son côté, la start-up BestMile entend nouer d’autres partenariats en 2015 et envisage une commercialisation de son logiciel dès 2016. La jeune pousse vise, en priorité, le marché des sites privés dont la règlementation est beaucoup plus souple. « C’est un marché très grand. Les campus, sites industriels, centres hospitaliers et aéroports ne disposent pas, sauf exception, de système de transport public. Notre but ultime est bien sûr de s’implanter dans les centres villes et les zones urbaines mais il s’agit d’un environnement plus complexe et les enjeux légaux sont différents » ajoute Raphaël Gindrat.

En effet, les sites privés constituent des zones de taille modeste aux frontières finies où l’étape de la cartographie, indispensable pour le déploiement de véhicules autonomes, peut être réalisée facilement. Pour cela, il suffit, par exemple, de conduire manuellement une première fois la voiture autonome pour qu’elle puisse enregistrer l’environnement dans lequel elle sera déployée. La tâche est, bien sûr, beaucoup plus complexe lorsqu’il faut cartographier l'ensemble d'un pays.

Vers un Uber des véhicules autonomes ?

A terme, BestMile aimerait développer un système de transport à la demande pilotable depuis un smartphone. En d’autres termes, une application de type Uber qui reposerait, non pas sur une flotte de chauffeurs privés, mais sur des voitures autonomes. « Notre objectif est de proposer un système le plus flexible possible. Lorsque l’utilisateur demandera un véhicule, le système calculera quel est le véhicule autonome le plus proche ou le plus à même d’effectuer le trajet commandé ». BestMile espère pouvoir tester une version simplifiée de ce service dès l’été prochain.

Fondée en janvier 2014, la start-up compte aujourd’hui une dizaine de collaborateurs et a déjà créé une filiale aux Etats-Unis pour pouvoir être prête juridiquement à déployer ses activités outre-Atlantique au moment voulu. BestMile prévoit également de boucler une levée de fonds à l’automne prochain afin d’accélérer son développement. 

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