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Siemens relance le CIM

Mirel Scherer
Siemens relance le CIM

Le logiciel de Tecnomatix simule les installations de fabrication.

© D.R.

La boucle de l'intégration informatique (CIM) et des automatismes est bouclée avec l'achat de l'éditeur américain UGS par le géant d'outre-Rhin.

Pour les vieux routiers de l'informatique industrielle, l'achat d'UGS, champion du PLM, par Siemens, champion des automatismes, rappelle l'époque épique du CIM (Computer Integrated Manufacturing), concept qui a fait couler beaucoup d'encre dans les années 1980. Rappelons qu'il s'agissait du rêve - prématuré... - de l'intégration complète des outils informatiques de production. Cet achat prouve que l'intégration des solutions informatiques et d'automatismes reste un défi permanent pour les utilisateurs.

Ce qui était une utopie il y a vingt ans devient possible aujourd'hui. Au-delà des aspects financiers de l'opération, la stratégie industrielle du géant allemand mérite que l'on s'y attarde un peu.

Pour la première fois dans l'histoire de l'informatique industrielle, un fournisseur, Siemens en l'occurrence, dispose d'une offre quasi complète pour traiter un projet industriel. La panoplie d'UGS est garnie avec tous les outils de CFAO nécessaires pour concevoir un produit ou une ligne de fabrication. Celle de Siemens, colossale, offre l'ensemble de solutions d'automatisme : logiciels de gestion industrielle de type MES (Manufacturing Execution System), ou de contrôle-commande, matériels comme les commandes numériques (dont la Sinumerik 840D, une des plus utilisées dans l'usinage à grande vitesse), les automates programmables, ainsi que les réseaux industriels (Ethernet ou autre)... Avec cela, le numéro un mondial des automatismes sait désormais répondre à tout. Un futur constructeur de lignes de production pourra ainsi la simuler avec le logiciel de Tecnomatix qu'UGS avait repris, avant de passer à sa fabrication en faisant appel, entre autres, aux automates programmables, à des machines pilotées par des CNC Sinumerik et au réseau Profibus de Siemens.

Coûts allégés, meilleure qualité et flexibilité

Cette démarche a déjà été testée depuis 2003 par les deux sociétés sur des projets communs. Ses avantages sont résumés par Helmut Gierse, président de la division Automation & Drive de Siemens, dans laquelle s'intégrera UGS (les 3 000 experts du logiciel industriel de ce dernier s'ajouteront aux 4 000 du premier) : « Le mariage intelligent de nos solutions allégera les coûts, améliorera la qualité des produits, réduira le temps de mise sur le marché de nouveaux produits et apportera de la flexibilité aux utilisateurs. » La planification des futurs systèmes de production s'étendra de la conception créative des produits à l'aide d'outils de CAO, à la sélection et à l'élaboration de stratégies de logistique, de service et de recyclage. La production pourra être modifiée et adaptée de manières rapide et flexible grâce à l'utilisation de systèmes mécatroniques et modulaires. La première phase d'ingénierie constituera un facteur clé de succès car c'est à ce stade précoce que les liens entre les données de développement des produits et la production s'établissent, de même que les possibilités de traçabilité et de synchronisation des systèmes de gestion des produits.

Un tableau idyllique ? Pas tant que cela, car c'est ce que cherchent aujourd'hui à mettre en oeuvre les entreprises en faisant appel à des solutions multipropriétaires. L'offre de Siemens apporte donc un peu de cohérence et répond aux desiderata des utilisateurs qui veulent réduire le nombre d'équipements différents dans leurs ateliers. Ce qui limite les efforts de formation, de maintenance, d'installation, etc., donc les coûts.

Bien sûr, le temps a passé et des nouveaux sigles sont apparus dans le monde de l'informatique industrielle. Comme le PLM (Product Lifecycle Management ou gestion du cycle de vie d'un produit), un marché qui se chiffre à 13 milliards de dollars et qui doit s'accroître selon les spécialistes d'environ 9 % par an. Or, UGS est l'un des champions de ces applications qui visent à intégrer les îlots de conception de produits, de fabrication, etc., encore parsemés dans les entreprises. Le CIM est mort, vive le CIM !

UNE OFFRE QUASI COMPLÈTE

UGS (liste non exhaustive) - La famille logicielle NX (CAO, IAO, FAO) - Tecnomatix (simulation des installations de production) - Solid Edge (CAO 3D) - Modules PLM - Velocity Series (modules PLM pour les entreprises moyennes) - Un programme "partenaires" qui comporte plusieurs dizaines de nomsSiemens (liste non exhaustive) - Automates programmables - Commandes numériques - Interfaces homme/machine - Réseaux industriels - PC industriels - Logiciels de programmation d'automatismes - Système d'identification industrielle - Capteurs et systèmes de mesure - Systèmes industriels de communication sans fil...

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