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Selon Amorce, les collectivités territoriales manquent de solutions techniques pour le recyclage des plastiques

Alexandre Couto
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Selon Amorce, les collectivités territoriales manquent de solutions techniques pour le recyclage des plastiques

© Franck Stassi

L'association Amorce, qui regroupe de nombreuses collectivités territoriales, s'est exprimée le 16 janvier sur la dernière mouture du projet de loi "Economie Circulaire", qui entrera prochainement en seconde lecture à l'Assemblée Nationale. L'organisme pointe notamment des objectifs très ambitieux et une faisabilité technique encore incertaine.

L’association Amorce qui accompagne les collectivités et les acteurs locaux dans la transition énergétique, la gestion des déchets et le traitement de l’eau, s’est exprimée le 16 janvier sur le projet de loi « Economie Circulaire » qui devrait entrer en seconde lecture fin janvier à l’Assemblée Nationale. Le texte prévoit une batterie de mesures pour sortir de l’ère du « tout plastique » et limiter sa prolifération. Le projet fixe notamment un objectif de recyclage des plastiques de 100 % d’ici à 2025. Irréaliste en l’état actuel de la filière, selon Amorce : « Aujourd’hui, nous ne savons pas comment recycler de nombreux  produits. Certains contiennent jusqu’à cinq types de plastiques différents qu’il faut séparer et traiter séparément », explique Nicolas Garnier, délégué général de l’association, « Concrètement, nous n’avons pas les solutions techniques pour les recycler».

Vers une extension de la collecte sélective

Actuellement, le recyclage post-consommation est organisé autour des fameuses poubelles jaunes, qui permettent la collecte sélective des emballages. A l’origine dédiée essentiellement aux bouteilles et flacons en polyéthylène téréphtalate (PET) et polyéthylène haute densité (PEHD), ainsi qu’aux emballages cartons, la poubelle jaune est en train d'avaler d’autres emballages comme les barquettes, les pots de yaourt ou encore les films plastiques. « L’idée est de simplifier le geste de tri, qui est toujours un peu mal compris par les Français, en leur permettant de mettre tous les emballages plastiques dans une même poubelle », souligne Nicolas Garnier. Ce tri étendu est actuellement en cours de déploiement sur l’ensemble du territoire qui devrait être couvert d’ici 2022, selon le cahier des charges de l’éco organisme CITEO.

Le recyclage des plastiques : un casse-tête technique

Si le geste se simplifie pour l’usager, côté technique, la complexité augmente. L'extension de la collecte à ces nouveaux déchets nécessite de moderniser les centres de tri, notamment en augmentant leur niveau d’automatisation pour trier les plastiques ne pouvant pas être distingués à la main. L’Ademe a évalué les investissements nécessaires à plus de 1 milliard d’euros.

Selon Amorce, même en réalisant les investissements nécessaires, il n’est pas certain de pouvoir recycler à terme tous les nouveaux emballages qui entreront dans les poubelles jaunes. « Le recyclage des bouteilles et flacons est aujourd’hui bien maîtrisé, techniquement et économiquement. Cependant, certaines matières, comme le polystyrène (PS) des pots de yaourts, ne disposent pas d’une filière de recyclage et certains emballages, comme  les multicouches, sont techniquement trop difficiles à traiter. », pointe le délégué général d’Amorce. L’intérêt récent pour les procédés de recyclage chimique, solution portée par CITEO, devrait permettre d'élargir l’éventail des matières recyclées.

Des investissements incertains

Encore faut-il laisser le temps aux acteurs de mettre en place les solutions : le texte de loi du gouvernement place une épée de Damoclès au-dessus des collectivités. Le gouvernement envisage un passage à un système de consigne pour les bouteilles en plastiques, déchets qui sortiraient donc de la poubelle jaune. La décision devrait être prise après une évaluation des performances de la filière sur ce segment en 2023. Une catastrophe pour les collectivités, qui seraient privées de la seule source de valeur du système. Et un manque de visibilité qui freine fortement les investissements du secteur.

Une évaluation des gisements par matières

Amorce plaide aujourd’hui pour la mise en place d’un plan de lutte  global contre les déchets plastiques qui privilégierait une approche matière, et dépasserait le cadre des bouteilles. Il s’agirait dans un premier temps d’évaluer les tonnages et les types de résines de l’ensemble des déchets plastiques générés sur le territoire, puis d’estimer la faisabilité technique ainsi que les débouchés de valorisation pour chaque matière. « Plutôt que de tendre vers la suppression de l’ensemble des plastiques à usage unique en 2040, l’idée serait de n’autoriser la mise sur le marché qu’aux  matières et produits plastiques qui disposent d’une filière solidement établie », conclut Nicolas Garnier.

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