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Séisme : des cordes en fibres de carbone pour renforcer les bâtiments

Séisme : des cordes en fibres de carbone pour renforcer les bâtiments

Un rouleau de 160 mètres de la cordes composées de fibres de carbone ne pèse que 12 kg.

© Kengo Kuma

Au Japon, un cabinet d'architectes a déployé deux rideaux de cordes en fibres de carbone pour renforcer la structure d'un bâtiment contre les tremblements de terre. 

A la suite du séisme de magnitude 6,2, qui a frappé la région des Abruzzes en Italie dans la nuit du 24 août, la plupart des maisons sont tombées comme des châteaux de cartes. Le lourd bilan, au moins 267 morts, s’explique notamment parce que les bâtiments anciens faits en pierres se sont écroulés et ont produit des gravas qui ont emprisonné et étouffé les victimes.  

Un triste constat qui soulève une question récurrente : quelles méthodes peuvent-être utilisées pour renforcer les bâtiments anciens, de manière non invasive et à moindre coût, pour qu’ils puissent résister aux tremblements de terre ?

Au Japon (où environ 1500 tremblements de terre sont enregistrés chaque année), l’entreprise Komatsu Seiren a opté pour une solution originale. La société a préféré le textile à l’acier et au béton pour renforcer la structure de son grand showroom de Nomi, qui a fait l’objet d’une récente rénovation. Spécialisée dans le textile, Komatsu Seiren a, elle-même, mis au point un matériau composite très résistant constitué de fibres de carbone.

L’entreprise a demandé au cabinet d’architectes Kengo Kuma de déployer des centaines de cordes en fibres de carbone pour arrimer le bâtiment. Au total, les architectes ont déroulé plus de 1000 câbles depuis le toit de l’immeuble jusqu’au sol. « Le principe est assez simple. Quand le bâtiment penche à gauche, les cordes sur la droite le ramènent à droite, et vice versa », résume l’architecte Shun Horiki au magazine Wired. Un rideau, composé de 2 778 tiges, a également été déployé à l’intérieur de l’édifice pour apporter une couche de stabilité supplémentaire. D’après l’architecte, ce type d’approche pourrait être utilisé pour renforcer la structure de constructions fragiles, notamment celles en bois, qui ont tendance à se balancer à l’horizontale.

Ce n’est pas la première fois que les matériaux composites sont sollicités pour améliorer la tenue des bâtiments en cas de tremblement de terre. En 2010, la société italienne Appolonia avait été récompensée lors du salon JEC Composites pour son « papier peint sismique ». Il s’agit d’un textile composite à base de fibres optiques tressées et intégré à une matrice polymère dopée aux naniparticules. Ce revêtement est incorporé dans les architectures grâce à un mortier, lui aussi nanoamélioré. Des capteurs également présents dans le composite permettent le suivi des structures avant, pendant et après les séismes. 

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