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Seemage visualise les très gros modèles

Industrie et  Technologies
La représentation des très gros modèles correspondant à des produits ou équipements très complexes a toujours été un problème majeur pour les industriels. Il devient rédhibitoire lorsqu'il s'agit de simplement permettre à un utilisateur de visualiser rapi


« J'ai eu l'occasion dans des vies antérieures, notamment chez les éditeurs Robobat et Graitec, de mesurer l'intérêt des modèles 3D comme outils de travail pour présenter des projets », explique Eric Piccuezzu, maintenant Pdg de Seemage. « Par contre, force était de constater qu'il n'existait pas en 2001 de véritables outils de présentation de projet, à la fois simples d'emploi, capables de travail avec de multiples outils de création de modèles et pouvant traiter de gros volume de données avec des délais de réponse raisonnables. C'est pourquoi James Dugalais et moi-même avons décidé de créer Seemage début 2002 avec l'aide du 1e fond d'amorçage de France, les Assedic ».

Le constat était simple. Le besoin était réel, mais le monde de la construction dont venait les deux compères n'était pas encore suffisamment mûr. Ils se sont donc rapidement tournés vers celui plus mature et surtout plus important de la mécanique, où ils ont vite compris que les outils de CAO n'étaient pas adaptés pour présenter les projets, car trop complexes d'emploi. C'est ainsi qu'est né Seemage Presenter fin 2002.

« Notre participation au Micad 2003, nous a permis de convaincre les premiers clients, tels Alcatel Alenia Space, et de susciter l'intérêt des financiers. Nous avons ainsi obtenu une aide de l'Anvar, puis nous avons pu créer un premier tour de table de 1,5 M€ ».

Le secret de la technologie de Seemage est de ne pas partir des modèles CAO 3D existants, mais véritablement de la maquette numérique dont veut disposer l'utilisateur et de faire en sorte que les modèles 3D utilisés deviennent intuitifs et réactifs, sans être simplifiés. « C'est plus une démarche d'illustrateur que de concepteur. C'est pourquoi nous avons voulu être indépendants des formats CAO. D'ailleurs s'il est clair pour nous que "la guerre des containers" a été gagnée par le PDF d'Adobe, bien malin qui peut dire aujourd'hui quel format 3D s'imposera au marché, JT, 3DXML... Et y en aura-t-il même un qui finalement s'imposera ? ».

De fait, Seemage travaille avec un format de fichier qui lui est propre où tout (instances, côte, liaisons cinématiques...) est décris en XML. Le module d'importation lui permet de récupérer la plupart des formats courants (Catia, Pro/Engineer, Inventor, SolidWorks, UG NX, Parasolid, JT (lecture/écriture), ACIS, STEP, IGES, VDA/FS et bientôt U3D et 3D XML). Il travaille sur des modèles tesséllés offrant une précision de 6 chiffres significatifs, mais permettant une compression de 50 à 300 fois. Cela permet par exemple de travailler en temps réel sur la moitié d'un véhicule complet. Notons qu'il est aussi possible de dégrader volontairement la précision pour éviter la fuite d'informations importantes à l'extérieur de l'entreprise.

Les grands utilisateurs de CAO ne s'y sont d'ailleurs pas trompés. Ainsi PSA utilise-t-il les logiciels de Seemage en liaison avec Enovia VPM pour créer l'ensemble des supports d'illustration technique des documents de maintenance destinés à ses concessionnaires. Faurecia utilise ces outils derrière MatrixOne pour visualiser tous ses avant-projets. Alcatel Alenia Space qui assure l'intégration de satellites de plus de 8 000 pièces, utilise les outils de Seemage pour valider toutes ses procédures de test au sol dans des salles blanches contenant des équipements de test de plus de 45 000 pièces. « Ce client a intégré nos outils dans ses procédures. Tous les essais sont maintenant validés à blanc virtuellement, ce qui lui a permis d'économiser 25 % du coût des tests en anticipant les problèmes potentiels. De plus, cela sécurise aussi ses clients ». Autre exemple, Messier-Dowty se sert de ces outils pour créer des vidéos sur la maintenance de ses trains d'atterrissage.

Parmi les axes de travail de Seemage, notons les méga-modèles pouvant présenter entre 100 et 300 millions de polygones permettant de représenter par exemple un avion tel l'A380 complet. Autre voie celle de la représentation toujours redoutée par les éditeurs des pièces flexible, telles que les câbles et autre tuyauteries.

A la semaine prochaine.

Pour en savoir plus : http://www.seemage.com

Jean-François Prevéraud, journaliste à Industrie & Technologies et l'Usine Nouvelle, suit depuis plus de 24 ans l'informatique industrielle et plus particulièrement les applications destinées au monde de la conception (CFAO, GDT, Calcul/Simulation, PLM...). Il a été à l'origine de la lettre bimensuelle Systèmes d'Informations Technologiques, qui a été intégrée à cette lettre Web hebdomadaire, dont il est maintenant le rédacteur en chef.

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