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ScanPyramids : le mystère de la Grande Pyramide sera-t-il bientôt révélé ?

ScanPyramids : le mystère de la Grande Pyramide sera-t-il bientôt révélé ?

Que cache les pyramides ?

© DR

Les Pyramides d’Egypte sont les seules des 7 merveilles du monde à avoir survécu jusqu’à nous. Pourtant elles restent en grande partie une énigme pour les archéologues et les historiens. Nombre de théories sur leur construction ont été élaborées, mais aucune n’a fait l’unanimité. Aussi le projet, enfin autorisé par les autorités égyptiennes, de les ausculter avec les dernières technologies numériques, pourrait marquer une étape clé dans la connaissance de ces monuments vieux de 4 500 ans.

Le mystère de la Grande Pyramide bientôt révélé ? Non il ne s’agit pas d’un nouvel opus de la saga de Blake & Mortimer, mais d’une réelle aventure scientifique et technologique au service de la réalité historique. En effet, le ministère des Antiquités nationales égyptien vient d’annoncer qu’il autorisait le lancement d’un projet égypto-international, mettant en œuvre des techniques de détection non-invasives et non-destructives pour scanner les pyramides.

Ce projet d’exploration, ScanPyramids, souhaité de longue date par les communautés scientifique et historique internationales, a pour but de trouver les données et les indices qui permettront aux archéologues de valider la véracité et la faisabilité des différentes théories sur l’architecture interne et le mode de construction de ces monuments vieux de 4 500 ans.

La mission scientifique initiée, conçue et coordonnée par la Faculté des ingénieurs du Caire et l’Institut HIP français (Héritage, innovation, préservation), va pour cela utiliser, à partir de début novembre, les dernières technologies de sondage non-destructif dont on dispose. Des chercheurs de réputation internationale de trois grandes universités (Le Caire, Laval au Québec, Nagoya au Japon) vont utiliser la radiographie par muons, des particules cosmiques, la thermographie infrarouge, la photogrammétrie, le scanner et reconstruction 3D, pour percer le mystère des pyramides sans y percer le moindre trou.

La mission scientifique ScanPyramid portera sur quatre chefs d’œuvre de la IVe dynastie (2575 - 2465). La Pyramide Sud, dite rhomboïdale, et la Pyramide Nord, dite pyramide rouge, bâties par Snefrou (2575 - 2551) sur le site de Dahchour, à une quinzaine de kilomètres au sud de Saqqarah; ainsi que les Pyramides de Kheops et Khephren, fils et petit–fils de Snefrou, élevées sur le plateau de Gizeh à une vingtaine de kilomètres du Caire.

Des techniques de pointe, non destructives

Deux missions de thermographie infrarouge, l’une de courte durée menée par le spécialiste Jean-Claude Barré de LedLiquid, l’autre qui s’étendra sur une année au moins, conduite par l’Université Laval de Québec, permettront d’établir une carte thermique des monuments et d’y révéler des vides sous la surface visible de la pyramide. Deux missions de radiographie par muons, développées au Japon par les équipes du KEK (High Energy Accelerator research Organization) et l’Université de Nagoya, ont quant à elles pour objectif de vérifier et visualiser avec précision la présence de structures inconnues au sein des pyramides. Parallèlement aux missions d’exploration, la société Iconem réalisera, à l’aide de drones et de scanners laser, une campagne qui permettra de reconstituer en 3D, avec une précision centimétrique jamais atteinte, le plateau de Gizeh et le site de Dahchour, ainsi que tous les monuments qui y sont érigés.

« De nombreuses théories ont été proposées, à la fois pour leur construction et leurs anomalies de structure, mais nous sommes des physiciens et des ingénieurs, pas des archéologues », insiste Hany Helal, professeur de l’Université du Caire qui dirige la mission pour la Faculté des ingénieurs du Caire. « Notre objectif est d’utiliser des techniques pour obtenir des résultats concrets. Ensuite, aux égyptologues de les interpréter. »

Constituer une expertise

En effet, cette campagne, orchestrée par la Faculté des ingénieurs de l’Université du Caire et HIP.Institute, est toute entière dédiée à l’avancée des connaissances. Partage et transfert en sont les maîtres mots. « Notre volonté, explique Mehdi Tayoubi, président de l’Institut HIP, est de former un corps d’experts international et de confronter leurs approches théoriques et technologiques à la réalité du terrain archéologique ».

Ce que confirme Hany Helal : « A plus long terme, vu la richesse archéologique de l’Egypte, nous imaginons utiliser ces techniques pour d’autres monuments. Soit pour les restaurer, soit pour les découvrir. Si elles montrent leur efficacité, elles pourront même être mises en œuvre dans d’autres pays ».

« L’essentiel est d’avancer en mettant en œuvre de nouvelles approches, conclut Mehdi Tayoubi. Beaucoup de missions précédentes ont tenté de percer les mystères des pyramides et si elles n’y sont pas parvenues, elles ont chacune fait progresser la connaissance comme ce fut le cas, par exemple, il y a tout juste trente ans quand la mission de la Fondation EDF a décelé une anomalie de sous-densité en forme spiralée dans Kheops. Notre objectif est d’apporter notre pierre à l’édifice et de préparer, en toute humilité, le chemin pour de futures missions de recherche scientifiques. »

La mission ScanPyramids devrait durer au moins jusqu’à fin 2016. Le mystère millénaire de la construction de ces pyramides qui intrigue les archéologues pourrait alors être résolu.

Et ça, c’est nouveau !

Jean-François Prevéraud

Pour en savoir plus : http://www.scanpyramids.org & http://www.hip.institute

La mission ScanPyramids en vidéo

 

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