Nous suivre Industrie Techno

Satisfaire les besoins des industriels

Propos recueillis par Mirel Scherer
L'Institut de soudure fêtera ses 100 ans cette année. Son histoire, riche en innovations, continuera sur la même voie comme le démontrent ses projets de recherche et développement ambitieux. De la fabrication soudée de nouveaux matériaux à l'amélioration de la productivité du soudage en passant par la simulation numérique et le soudage par friction malaxage (FSW), les nombreux utilisateurs de ce procédé trouveront des idées pour résoudre leurs futurs défis de production.

I. T. : Que représente aujourd'hui l'activité R&D pour l'Institut de soudure ?

Michel Dijols : Regroupées depuis 1994 sur le site de Yutz-Thionville en Lorraine, les équipes de R&D se trouvent en fait au carrefour de l'industrie, de la recherche et de l'enseignement/ formation. Elles sont en permanence à l'écoute des industriels et définissent leurs axes de recherche en fonction de défis technologiques que ces derniers affrontent ou qui apparaîtront.

I. T. : Concrètement, quelles prestations proposez-vous aux industriels ?

M. D. : Nous bâtissons plusieurs types d'activités. Nous participons ainsi activement aux grands programmes de recherche à financement partiel, comme les six projets européens dont les sujets concernent principalement le développement de nouvelles technologies d'assemblage et de contrôle ainsi que la simulation numérique des procédés.

Des industriels peuvent aussi nous commander des études particulières et nous participons à des projets associatifs qui regroupent plusieurs entreprises publiques ou privées. Un exemple parmi d'autre, le projet Sofi qui associe sept partenaires industriels et dont l'objectif est d'évaluer pendant deux ans les procédés de soudage innovants pour l'assemblage des tôles minces. La réalisation d'études pour la profession du soudage dans le cadre de collaborations avec le Centre technique des industries mécaniques (Cetim) et la Fédération des industries de la mécanique (FIM) fait également partie de nos missions.

Enfin, nous assurons des prestations de service (conseil, analyse, mesures diverses, essais). Notre laboratoire spécialisé "torture" aussi bien les petites pièces soudées que les structures complexes ou de grande taille, des maquettes, des démonstrateurs ou des prototypes industriels comme les voitures ferroviaires, les tronçons de ponts, ou les éléments de structures d'avions, etc. pour détecter leur résistance en service.

Toutes ces activités ne seraient cependant pas possibles sans les moyens d'études et de recherche, quasi uniques en Europe, que possède notre centre. Aux équipements avancés s'ajoutent les compétences multiples et très pointues de nos ingénieurs et techniciens. Sans oublier une des pépites de notre département, le Centre d'études sur le procédé de soudage par friction malaxage (FSW ou Friction Stir Welding). Opérationnel depuis septembre 2004, ce site de 1 300 m2, situé sur dans la zone d'activités de l'aéroport de Metz, possède deux machines, une Esab et une MTS.

I. T. : Quelle est la vocation de ce centre ?

M. D. : Très intéressant pour certaines applications, le procédé FSW est encore trop peu connu et mis en oeuvre en France. Notre centre fournit donc aux industriels les données nécessaires pour une éventuelle intégration dans leurs applications. Il effectue des travaux de mise au point du procédé et de validation des solutions grâce à la réalisation des prototypes à échelle 1 ainsi que des préséries.

En 2005, nous avons développé à la demande des industriels des modes opératoires pour le soudage par transparence de panneaux d'aluminium, celui des pièces moulées sur des tubes, le soudage par points de tôles, etc. Dans le domaine de la réalisation de prototypes à échelle 1, le centre a pu démontrer la faisabilité du soudage par FSW de panneaux plans constitués de profils extrudés de 14 m de longueur.

D'autres activités de recherche dans ce domaine s'effectuent dans le cadre des programmes européens, nationaux ou régionaux. Comme le projet Deepweld (simulation du soudage par FSW), le FSLOR financé par la région Lorraine et le département de la Moselle (robotisation et modélisation du FSW pour faciliter sa mise en oeuvre et améliorer sa flexibilité), Wel-Air ou l'EuroStir. Coordonné par notre confrère TWI, ce dernier projet regroupe 47 partenaires dont six français (l'IS pilote la partie française). Objectif : préparer l'industrialisation du procédé et son implantation en Europe. Notre contribution dans ce projet a été le développement des modes opératoires sur des alliages d'aluminium, de cuivre et même d'alliages à matrice d'aluminium renforcé par des particules de matériaux durs. Des résultats prometteurs ont été obtenus sur des assemblages hétérogènes (aluminium/cuivre ou aluminium/acier).

I. T. : Le potentiel de développement du soudage semble sans limite. Pouvez-vous citer quelques sujets que vous allez aborder dans vos études futures ?

M. D. : Notre comité Recherche a identifié plusieurs axes de recherche intéressants. Comme, par exemple, dans la filière hydrogène, les méthodes de contrôles non destructifs pour les réservoirs de stockage. Autre sujet chaud, la fabrication soudée de nouveaux matériaux tels que les aciers à très haute résistance, les alliages d'aluminium à haute résistance, les multimatériaux... Ou encore le rechargement laser.

Véritable obsession pour les industriels, l'amélioration de la productivité du soudage se fera grâce au soudage autoadaptatif, à la robotique, aux procédés hybrides, à l'assemblage sur site, aux nouvelles sources laser de puissance, etc. La simulation numérique du soudage connaîtra, elle aussi, un développement intensif. Nos ingénieurs ont du pain sur la planche...

LES CHIFFRES CLÉSLa R&D à l'Institut de soudure

- 80 personnes dont 75 ingénieurs et techniciens - 6 millions d'euros consacrés en 2005 à la R&D, soit 10 % du chiffre d'affaires total - 13 % de croissance du chiffre d'affaires R&D en 2005 - 6 500 m2 de laboratoires à Yutz (Moselle) - 3 brevets déposés depuis le début de la politique de dépose de brevets lancée il y a deux ans.

vous lisez un article d'Industries & Technologies N°0880

Découvrir les articles de ce numéro Consultez les archives 2006 d'Industries & Technologies

Bienvenue !

Vous êtes désormais inscrits. Vous recevrez prochainement notre newsletter hebdomadaire Industrie & Technologies

Nous vous recommandons

Les paramètres de coupe améliorés de 30 %

Les paramètres de coupe améliorés de 30 %

conçu par Seco Tools, le système de tournage avec arrosage intégré refroidit l'outil et assure un bon cisaillement du copeau.Le système mis au point[…]

01/04/2009 | TOURNAGEInnovations
Innover pour réduire les coûts

Innover pour réduire les coûts

Dassault Systèmes rapproche l'ingénierie et la production

Dassault Systèmes rapproche l'ingénierie et la production

L'informatique "verte" à l'heure des économies

L'informatique "verte" à l'heure des économies

Plus d'articles