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Salon Pollutec : Phenix Batteries ambitionne de soutenir le réseau électrique avec des batteries de voiture en fin de vie

Aline Nippert
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Salon Pollutec : Phenix Batteries ambitionne de soutenir le réseau électrique avec des batteries de voiture en fin de vie

Créée en 2019, la société Phenix Batteries est implantée à Decazeville, dans l’Aveyron à proximité de sa société sœur SNAM, active dans le recyclage de batteries en fin de vie.

© Phenix Batteries

Le savoir-faire de la jeune entreprise française Phenix Batteries, filiale du collecteur et recycleur de batteries SNAM groupe, permet de réutiliser des batteries de véhicule électrique en fin de vie pour des applications stationnaires à des fins d'autoconsommation ou de soutien au réseau. Jérôme Bersano, directeur commercial de SNAM groupe, a expliqué à Industrie & Technologies l'origine du projet et les ambitions de la PME française, lors du Salon Pollutec de Lyon.

Des batteries qui renaissent de leurs cendres ? Phenix Batteries (filiale de SNAM, entreprise française spécialisée dans la collecte et le recyclage de batteries) a installé 1,5 mégawatt (MW) de batteries de véhicules électrique en fin de vie depuis sa création en 2019 pour des applications stationnaires, grâce à un outil de diagnostic innovant co-développé avec le CEA.

« Les flux commencent à désormais arriver ! Pour l’instant ce sont notamment des rappels constructeurs, mais nous attendons des volumes vraiment significatifs dès 2023 », a pointé Jérôme Bersano, directeur commercial de SNAM groupe, lors d’une rencontre avec Industrie & Technologies au salon Pollutec, qui s’est déroulé à Lyon du mardi 12 au vendredi 15 octobre.

« En 2013 chez SNAM, nous avons remarqué le potentiel des batteries qui nous arrivaient. Certaines étaient encore en bon état, il y avait sans doute autre chose à faire que de les brûler directement dans des fours, comme le veut le procédé de pyrométallurgie, a raconté M. Bersano. Nous offrons ainsi une seconde vie aux batteries de véhicules électriques, ce qui décale de 10 à 15 ans leur recyclage, puisque nous garantissons à nos systèmes 3 650 cycles », s'est-il enthousiasmé.

La collecte de ces batteries usagées auprès des constructeurs automobiles est réalisée par la maison mère SNAM. « Nous avons par exemple noué des partenariats avec BMW, Audit, KIA, Mercedes… »

Outil de diagnostic développé par le CEA

Les batteries Lithium-ion étant hautement inflammables, tout l’enjeu consiste à bien diagnostiquer leur état. « Une fois que les batteries arrivent de différents pays européens, nous les désassemblons et diagnostiquons l’état de santé des cellules grâce à l’algorithme développé par le CEA », a expliqué le directeur commercial. « Si la cellule est dans un état correct (pas de court-circuit), alors nous évaluons sa capacité résiduelle par rapport à sa capacité initiale. » Au contraire, dans le cas où la cellule est trop détériorée, elle est envoyée vers SNAM, qui se charge de la recycler par pyrométallurgie, ou bien sur leur ligne dédiée à l’hydrométallurgie.

Après l'assemblage des cellules, « nous adjoignons à nos modules une nouvelle électronique. Les cellules sont en effet gérées par une carte électronique, qui va mesurer les tensions, les courants, la température, qui va équilibrer les cellules, faire en sorte que l’ensemble fonctionne, a développé Jérôme Bersano. C’est tout un savoir-faire que nous avons développé en interne », a-t-il insisté.

Pour l’instant, Phenix Batteries a vendu 1,5 MW de modules, limitées à 48 volt, et des armoires, qui assemblent jusqu’à 12 modules en série, pour optimiser l’autoconsommation d’industriels, d’enseignes ou de particuliers. « Nous avons par exemple installé un système de stockage de 42 KWh de batteries et une armoire SIREA (notre partenaire) sur le site de Gémo de Trignac, qui est connecté à des ombrières photovoltaïques », a raconté le directeur commercial.

Vers le soutien réseau

Le prochain marché visé, « dès l’année prochaine », est plus ambitieux : le soutien réseau. « Nous voulons installer dans des containers des batteries de seconde vie pour qu’elles compensent les fluctuations dues à l’injection dans le réseau électrique de plus en plus de sources d’énergies renouvelables. Lorsqu’on produit beaucoup, il faut que les batteries puissent stocker ce surplus d’énergie et, à l’inverse, lorsqu’on produit moins, les batteries pourront réalimenter le réseau », a détaillé Jérôme Bersano.

Des commandes sont passées auprès des syndicats d’énergie du Tarn et de l’Aveyron. « Nous allons mettre en place des solutions d’appui au réseau pour leur parc de recharge pour véhicules électriques en termes de puissance, leur évitant de devoir investir dans une nouvelle ligne électrique », a-t-il développé.

Ce secteur essentiel fait l’objet d’expérimentations par le gestionnaire du réseau de transport français d’électricité haute tension (RTE), qui a installé trois sites de stockage-déstockage par batteries neuves totalisant 100 MWh de capacité dans le cadre du projet RINGO. Des constructeurs automobiles développent également ce filon, à l’instar de Renault qui a d’ores-et-déjà installé deux sites de démonstration (4,7 MWh et 15 MWh) dans ses usines de Douai et Flin en collaboration avec Nidec ASI pour la partie pilotage.

« Contrairement aux constructeurs automobiles qui proposent ce type de solutions – il y a aussi BMW, Audit ou Mercedes par exemple –, chez Phenix Batteries nous sommes capables d’intégrer les batteries Lithium-ion de tous les constructeurs, peu importe leur chimie, a pointé Jérôme Bersano. C’est important car nous ne contrôlons pas les flux qui arrivent dans nos usines ! »

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