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Saint-Gobain dope sa production de verre feuilleté

Benoît Rey

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Saint-Gobain dope sa production de verre feuilleté

© D.R.

- Pour répondre à l'augmentation de la demande, le verrier a ouvert une seconde ligne de production à Salaise-sur-Sanne (Isère).

Un siècle après son invention, le verre feuilleté se porte bien. Il n'a même jamais eu autant la cote qu'aujourd'hui ! À tel point que Saint-Gobain Glass France s'est vu contraint d'investir 6 millions d'euros dans une nouvelle ligne de production à Salaise-sur-Sanne (Isère). Son usine d'Aniche, dans le Nord, avait beau fonctionner à plein régime, elle ne pouvait plus faire face à la demande en verre feuilleté, qui augmente de 10 % par an.

Pourquoi cet engouement ? « Le verre feuilleté est composé de deux couches de verre, collées entre elles par du polyvinyle butyral (PVB), explique Vincent Sauvinet, le directeur de l'usine de Salaise. Le PVB retient les débris du verre lorsqu'il casse, et protège ainsi efficacement les personnes des éclats. » Il est donc devenu obligatoire pour la plupart des bâtiments collectifs, comme les hôpitaux, les écoles, les musées... Mais surtout, il est très difficile à briser, une qualité particulièrement appréciée des commerçants, en tant que "retardeur d'effraction" pour leurs vitrines. Ainsi de plus en plus d'assurances l'imposent aujourd'hui. Dans ce domaine, il est même si reconnu que les différents types de verre feuilleté sont classés en fonction du nombre de coups de hache nécessaires pour y créer une brèche !

« Combinez à cela une tendance architecturale marquée par le verre, et vous comprendrez aisément pourquoi l'usine d'Aniche était arrivée à saturation ! », souligne le directeur.

Du polyvinyle butyral placé entre deux vitres

Pour conserver ses 40 % de part du marché français, la société a donc décidé d'ouvrir cette seconde ligne, opérationnelle depuis octobre 2007. Quant au site qui l'accueillerait, le choix de Salaise-sur-Sanne a été fait en visant l'amélioration de l'approvisionnement des clients du sud de la France. « Le verre est un matériau lourd et son transport représente de 15 à 30 % du prix de vente. Se rapprocher du marché est un point essentiel », continue Vincent Sauvinet.

Aujourd'hui, la nouvelle ligne embauche douze personnes et produit 100 000 m2 par mois de SGG Stadip.

Le procédé de fabrication est relativement simple : deux films de PVB, de 0,38 mm d'épaisseur, sont déroulés sur une vitre d'environ 4 mm d'épaisseur. Puis on vient placer une autre vitre sur le PVB de manière à le prendre en sandwich. Cette opération est effectuée dans une salle blanche, car la moindre impureté qui se glisserait entre les couches nuirait aux qualités optiques de l'assemblage. L'ensemble passe ensuite dans un four, où deux rouleaux le compriment et évacuent les principales bulles d'air par les bords ; c'est le calandrage. À la sortie, le verre est translucide, mais non transparent, car des microbulles d'air résident entre les couches. On l'introduit alors dans l'autoclave, où il subit pendant 4 heures une pression de 14 bars, et une température de 140 °C. Cette ultime opération permet de coller définitivement le verre au PVB, mais également de dissoudre les microbulles d'air dans le PVB.

Quant aux verres spéciaux que produit l'usine, ils se différencient uniquement par les propriétés du PVB. Pour le SGG Stadip Silence, par exemple, le film est rendu plus mou pour augmenter ses propriétés d'isolant acoustique. Le SGG Stadip Protect, lui, consiste à intercaler non pas une, mais six feuilles de PVB entre les deux plaques de verre, le rendant ainsi beaucoup plus apte à résister aux coups de hache des casseurs, cambrioleurs, et autres bûcherons psychopathes...

ASSEMBLER DES VERRES AUX PROPRIÉTÉS SPÉCIALES

- Lors de la phase d'assemblage du sandwich constituant le verre feuilleté, il est possible qu'au moins l'un des deux verres soit un verre à couche. Car sur le même site, Saint-Gobain réalise des verres spéciaux, grâce à un "coater", une machine qui dépose une très fine couche à base d'argent. Celle-ci permet de modifier le comportement du verre vis-à-vis des rayonnements solaires, dans le domaine visible et les infrarouges. Ainsi le verre spécial final bénéficie à la fois de la solidité et des propriétés acoustiques du verre feuilleté, et d'une isolation thermique renforcée.

EN BREF

les OBJECTIFS - Augmenter la capacité de production. - Améliorer l'approvisionnement du sud de la France. la SOLUTION - La nouvelle ligne de production installée en Isère produit 100 000 m2 de verre feuilleté par an.

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