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Rolls-Royce mise sur le maritime

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Grâce à des technologies de propulsion avancés - pods ou waterjets - Rolls-Royce enregistre une croissance enviée dans le secteur maritime.

Qui aurait l'idée de citer Rolls-Royce comme acteur majeur de l'industrie maritime ? Pourtant, par le rachat dans les années 99 de la société Vickers elle-même acquéreur d'illustres marques comme Kamewa pour les systèmes de propulsion ou Ulstein pour les navires, la société réalisera cette année 15% de son chiffre d'affaires total dans ce secteur.

Mieux, la croissance régulière de 10% enregistrée depuis 1999 représente un relais de croissance pour le groupe qui souffre d'un ralentissement de ses activités aéronautiques. Normal, donc, que les sites de production suédois et norvégiens profitent d'importants transferts de technologies de la part de la maison mère.

A y regarder de près, l'activité de Rolls-Royce Marine diffère peu de celle du motoriste aéronautique. Hormis la conception de coques de navires, Rolls-Royce Marine tire une grande part de son chiffre d'affaires de la conception et fabrication de systèmes de propulsion et de génération de puissance sophistiqués, ainsi que d'équipements hydrauliques (les ' winchs ' qui représentent près du tiers du coût de certains navires). 

Et le fabricant entend bien continuer sur sa lancée en privilégiant la haute valeur ajoutée. Qu'on en juge. Ici, dans l'usine de Gustavsvik (Suède), les hélices produites sur machines numériques 5 axes sont à pas variable : un must qui permet d'équilibrer les efforts entre l'hélice et la génération de puissance en fonction du travail demandé au navire. Voire à pas réglable : les pales sont alors fabriquées séparément, et boulonnées dans la position idéale en fonction du navire destinataire.

Plus sophistiqués encore sont les 'pods' Mermaid. Ce concept révolutionnaire loge dans une nacelle immergée et orientable l'hélice et son moteur électrique (fourni par Alstom). Ne reste plus qu'à le raccorder au générateur de puissance électrique (une turbine à gaz, par exemple, dérivée des turboréacteurs conçus pour l'aéronautique).

Les avantages de cette motorisation déportée sont nombreux.  La conception du navire s'en trouve simplifiée, grâce à la suppression des arbres d'hélices, des paliers, de supports, et par la possibilité d'optimiser l'emplacement du groupe de puissance dans le navire.
Au final, ces modifications ont des répercussions avantageuses sur le profil de la coque et ses performances hydrodynamiques.

Ainsi, Rolls-Royce Marine estime par calcul le gain de puissance procuré par ces coques optimisées à 14%. La manœuvrabilité est également améliorée, et le sera encore par l'ajout de gouvernes sur la nacelle. Et surtout, l'installation et la maintenance peuvent être réalisées sous l'eau, et non plus en cale sèche ! 49 unités ont été commandées dont 26 livrées à ce jour. Le prestigieux Queen Mary II sera équipé de quatre Pod Mermaid d'une puissance totale de 85MW.

Les Waterjets sont une autre des technologies sur laquelle Rolls-Royce Marine fonde d'importants espoirs de croissance. Au cœur du système,  une turbine dont le diamètre peut atteindre 2,5 m et la puissance 25 MW,  pour rejeter 30 m3/s d'eau à très haute vitesse, propulsant le navire à plus de 30 nœuds.
 
Plus de 1580 unités ont été délivrées depuis leur apparition dans les années 80. Très prisées par les bateaux rapides de transports de passagers côtiers, ces systèmes pourraient équiper des navires marchands, comme l'envisagent les projets innovants Fastship et ADX Express. Ces navires de transport de fret, d'une longueur de 265 m, traverseraient l'Atlantique en quatre jours, espérant ainsi capturer une part du fret aérien.

 'La technologie est disponible ; seule la demande ... et quelques millions d'euros pour développer ces navires en trois ans  manquent encore' , affirme Anders Johansson, Vice Président de la division Marchande de Rolls-Royce. . La Marine militaire, déjà séduite par les petites unités rapides pourrait être un bon client pour les waterjets plus puissants, et cela d'autant plus par une bien meilleure signature acoustique.

Pas étonnant, donc, que Rolls-Royce Marine profite d'importants savoir-faire du motoriste, en simulation numérique notamment. Les codes de mécanique des fluides (CFD en anglais) et d'hydroacoustique profilent pales d'hélices et coques de navire au meilleur de leurs performances. Et quand les codes de calculs ne suffisent pas, les hélices sont testées dans le tunnel hydrodynamique de Gustavsvik. 

Philippe Beaufils

Pour en savoir plus :
• Le site de Rolls-Royce Marine : http://www.rolls-royce.com/marine/default.htm
• le site de la société FastShip Inc. : http://www.fastshipatlantic.com/default.htm
• Lire l'article de BBC News sur le pentamaran ADX Express : http://news.bbc.co.uk/1/hi/sci/tech/1703904.stm

 

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