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Rodney Brooks : « Je voudrais une main robotique aussi sophistiquée que la main humaine »

Sophie Eustache

Mis à jour le 23/10/2014 à 15h42

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Rodney Brooks : « Je voudrais une main robotique aussi sophistiquée que la main humaine »

© dr

Le père du robot Baxter et directeur technique chez Rethink Robotics, Rodney Brooks, était à Paris hier pour donner une conférence aux étudiants d’ISIR (Université Pierre-Marie Curie). Invité par Génération Robots, Industrie & Technologies a pu rencontrer le célèbre roboticien australien. L’occasion de revenir avec lui sur la naissance du robot et surtout son avenir.

Industrie & Technologies : Baxter collabore avec les ouvriers. Comment l’avez-vous rendu sûr ?
Rodney Brooks : L’élément clé de Baxter est le ressort. Ce ressort réagit de façon proportionnelle à la force appliquée sur le bras. Pour mesurer cette force, le logiciel calcule son absorption par le ressort. Et grâce à cette mesure, l’ouvrier peut saisir le bras du robot au niveau du poignet ; le bras passe alors à un degré zéro de résistance et se laisse manipuler avec souplesse. Pour la sécurité des opérateurs, nous n’avons pas utilisé de matériaux dangereux, comme le métal, et nous avons conçu le bras pour qu’on ne puisse pas se coincer les doigts dans les articulations.

 

I&T : En parlant de conception, avez-vous travaillé avec des designers pour rendre Baxter rassurant ?

De Roomba à Baxter

Rodney Brooks est un roboticien de nationalité australienne. Il rejoint les Etats-Unis pour ses études et obtient un doctorat à l'Université de Standford en 1981. Durant sa carrière, il a enseigné au MIT et dirigé le laboratoire de sciences computationnelles et d'intelligence artificielle. En 1980, il fonde IRobot, célèbre pour son robot aspirateur Roomba. En 2008, il quitte le MIT et fonde Rethink Robotics.
RB : Nous avons effectivement travaillé avec des designers industriels. Le but était d’offrir un design qui reflète les capacités du robot. Par exemple, pour la tête, nous avons utilisé une tablette et des expressions simples, car la tête ne dit pas que le robot est très intelligent, elle permet au robot de montrer ses intentions. Quand il regarde dans une direction, ça signifie qu’il va faire un mouvement dans ce sens. En tenant cette promesse, nous permettons à l’opérateur de se sentir en sécurité à côté de Baxter. Nous avons aussi fait en sorte que l’interface utilisateur soit intuitive. Les opérateurs n’ont pas besoin de lire un manuel, ils apprennent en manipulant le robot et en expérimentant.

 

I&T : Quelles technologies souhaitez-vous intégrer pour améliorer Baxter ?
RB : Nous devons intégrer plus de vision: nous allons ajouter trois caméras. Il est aussi nécessaire de développer une meilleure main robotique. La main humaine est un outil formidable et complexe. Pour faire une main robotique aussi sophistiquée que la main humaine, nous avons besoin de faire converger quatre technologies : le système mécanique (pour reproduire les articulations), des capteurs (pour le sens du toucher), des matériaux (pour se rapprocher de la peau humaine qui a une adhérence particulière) et des algorithmes. Une telle main robotisée permettrait par exemple à Baxter de saisir des poignées de billes.

 

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