Nous suivre Industrie Techno

Robolution : la feuille de route technologique

Robolution : la feuille de route technologique

© Sybot

La première journée du salon Innorobo a été marquée par la tenue des Etats généraux de la robotique. Lors de cette rencontre, quatre ateliers thématiques ont été organisés sur les briques technologiques prioritaires. Des travaux à partir desquels doit être établie une feuille de route technologique officielle. La rédaction d’Industrie & Technologies vous propose d’en découvrir les grandes lignes.

Mardi 24 mai, alors que l’effervescence régnait au rez-de-chaussée du salon Innorobo, l’ambiance était bien plus studieuse dans une salle du premier étage. C’est là que se tenait la 3e édition des Etats généraux de la robotique. Après une longue journée de présentations et d’échanges, les chercheurs ont donné une restitution des ateliers qui s’étaient déroulés le matin même.  Articulés autour de quatre thématiques (la navigation et l’autonomie ; la manipulation et l’interactivité ; les architectures logicielles et enfin la mécanique), ils ont réuni industriels et académiques.

Objectif : produire à terme une feuille de route technologique. « L’idée est de créer une sorte de référentiel qui sera utilisé par toutes les agences qui déploient de l’argent public pour engager et soutenir des travaux d’innovation », a rappelé Philippe Bidaud, ancien président du GDR Robotique,  l’association regroupant les principaux laboratoires français. « Un document officiel sera donc bientôt mis en ligne sur le site de la Direction générale des entreprises (DGE), puis enrichi d’année en année », a-t-il précisé.

En attendant la publication de cette feuille de route officielle, la rédaction d’Industrie & Technologies, qui a assisté aux restitutions, vous propose de découvrir les grandes lignes de ce document en cours de préparation.

Navigation, autonomie et capteurs

Le sujet phare de cet atelier était l’automobile autonome. Les participants se sont également penchés sur les questions de sécurité et de sûreté de fonctionnement, de méthodes de conception de systèmes complexes, mais également sur les enjeux de communication et de coopération entre les systèmes.

Les discussions ont révélé qu’un effort massif était encore nécessaire pour améliorer un certain nombre de capteurs afin de gagner en performance, mais aussi d’obtenir une baisse drastique des coûts. Les technologies inertielles semblent encore sous-exploitées tandis que les capteurs bio-inspirés ne semblent pas encore convaincre les industriels. Une piste étudiée consiste à fusionner plusieurs types de capteurs pour gagner en performance et en robustesse.

En matière de sûreté de fonctionnement, les participants ont estimé qu’il était urgent de développer des méthodes de conception et de validation inspirées des méthodes issues de l’aéronautique.

Enfin, les participants ont pointé du doigt une faille au niveau des bases de données, à la fois utiles pour la navigation en temps réel et pour les phases de conception. Ce manque semble particulièrement flagrant dans le domaine des drones aériens et sous-marins, dans le domaine de l’interaction homme-machine et dans la signalisation routière. « Et lorsque ces bases existent, celles-ci sont incomplètes », déplore Gaël Desilles, de la DGA.

Architectures logicielles

Trois enjeux principaux ont été identifiés lors de cet atelier : d’abord la sûreté de fonctionnement et la certification. Ensuite, la résilience  qui consiste notamment à faire en sorte que les robots résistent aux pannes et aux fautes. Et enfin, l’infrastructure d’exécution, où les échanges se sont attardés sur l’utilisation ou non de composants logiciels Open Source, comme le Middleware Robotics operating system (ROS). Ces derniers peuvent, en effet, présenter un frein au niveau de la certification.

Pour relever ces défis, les participants ont imaginé plusieurs pistes d’action. La première consiste à mettre en place un écosystème afin de créer une communauté qui permet d’inscrire des collaborations sur le long terme, et pas uniquement sur quelques années. L’idée est également de favoriser la collaboration entre les mondes industriel et académique. La seconde piste repose sur la mutualisation des modèles, des codes ou encore des outils d’ingénierie logicielle. Cette volonté forte vise à capitaliser sur les ressources et les savoir-faire pour ne pas repartir de zéro à chaque fois.

Mécanique et nouvelles architectures

L’une des principales conclusions de cet atelier est sans appel : la mécanique a été négligée en robotique. Un constat partagé à la fois par les industriels et les académiques. Les participants ont, par ailleurs, identifié quatre grands thèmes où les attentes sont très fortes. D’abord, la mobilité des systèmes. Ici la question de l’utilisation de matériaux biologiques a été soulevée. Pourquoi ne pas fabriquer des robots en bois par exemple ? De nombreuses attentes pèsent également sur la question de la consommation énergétique. Les échanges se sont également attardés sur les interactions homme-robot et la question du contrôle en effort. Autre thématique : la flexibilité des moyens de production. Sur ce point, des travaux importants doivent être réalisés sur les préhenseurs afin de favoriser la versatilité des systèmes. Une dernière difficulté a été abordée : celle de l’accès à des structures de grands volumes. Il est question ici de robots à câbles ou encore de robots serpents. En conclusion, les participants ont estimé que la robotique ne devait surtout pas échapper à l’enjeu de l’éco-conception et que la mécanique constituait un élément clé des robots de demain.

Manipulation et interactivité

Les discussions de cet atelier se sont focalisées sur la robotique collaborative, la fameuse cobotique. La première étape a consisté à définir le mot interaction. D’un point de vue physique, celui-ci désigne les différents degrés de collaboration : il y a le robot en cage, le robot qui partage le même espace que l’opérateur, le robot qui travaille sur la même tâche que l’opérateur, la co-manipulation et enfin le robot porté par l’humain. On parle alors d’exosquelette.

Au niveau des robots collaboratifs, les participants ont constaté un grand décalage entre la réalité et ce qui était "vendu". Pour des raisons de normes et de sécurité, les robots collaboratifs sont moins rapides et moins performants, mais ils peuvent tout de même assister les opérateurs et améliorer les performances des entreprises. Pour gagner à la fois en sécurité et en productivité une piste a été évoquée : au lieu d’utiliser des capteurs d’effort, s’appuyer sur des technologies de vision pour adapter la vitesse du robot collaboratif selon la distance à laquelle se trouve l’opérateur.

Mais la notion d’interaction ne doit pas uniquement être abordée d’un point de vue physique. Il y a également toute la partie programmation et maintenance.  On bascule alors dans l'interaction cognitive. D’après les participants, plus la programmation et la reprogrammation d’un système robotique seront aisées, plus l’appropriation par les opérateurs sera facilitée. « La facilité de programmation a un véritable impact. Le robot n’est plus considéré comme une boîte noire inconnue », ont-ils souligné.

Bienvenue !

Vous êtes désormais inscrits. Vous recevrez prochainement notre newsletter hebdomadaire Industrie & Technologies

Nous vous recommandons

Présentés au salon Supply Chain, les robots mobiles de Fives Syleps apportent de la flexibilité au tri haute cadence

Présentés au salon Supply Chain, les robots mobiles de Fives Syleps apportent de la flexibilité au tri haute cadence

Fives Syleps spécialiste des solutions automatisées d'intralogistique, a présenté sur le salon Supply Chain Expo qui[…]

05/12/2019 |
Avec le jumeau numérique de Cosmo Tech, Renault optimise sa production de moteurs

Avec le jumeau numérique de Cosmo Tech, Renault optimise sa production de moteurs

Design génératif, batteries sodium, 5G… les meilleures innovations de la semaine

Design génératif, batteries sodium, 5G… les meilleures innovations de la semaine

Une usine modulaire et mobile dédiée à l'impression 3D métal s'installe à Nanterre

Une usine modulaire et mobile dédiée à l'impression 3D métal s'installe à Nanterre

Plus d'articles